A tout seigneur tout honneur. Ahli a décroché la médaille de
bronze de la Coupe du monde des clubs qui vient de se terminer
au Japon le 17 décembre, récoltant ainsi la gloire, mais
surtout le respect du monde entier. Le Club America du Mexique
n’a pu que s’incliner sur le score de 1-2 face aux diables
Rouges grâce à un doublé du magicien Mohamad Abou-Treika, lors
du match de classement. Ce n’était le résultat ni de la chance
ni sûrement d’un coup du hasard, mais plutôt d’un succès bien
mérité, au point que les observateurs s’accordent à dire
qu’une place en finale était à la portée des champions
d’Afrique.
C’est grâce aux efforts intenses des joueurs que le succès
s’est accompli. Ils ont montré une forme physique remarquable
et ont formé un bloc soudé. Toutes les vedettes ont été à la
hauteur des attentes, à commencer par le gardien Essam
Al-Hadari, en passant par les défenseurs Chadi Mohamad et Waël
Gomaa, le milieu Mohamad Chawqi et l’attaquant Amado Flavio.
Par ailleurs, la grande déception de cette compétition a été
l’attaquant international Emad Metaab, qui a peu brillé et n’a
pu percer les filets adverses à aucune occasion, alors que
c’était lui l’auteur de l’unique but des Rouges lors de la
dernière édition du Mondial des clubs en 2005 (but contre le
FC Sydney 1-2 en match de classement pour la cinquième place).
De même, le libéro Emad Al-Nahass, de retour après de longues
absences pour cause de blessures, n’a pas encore retrouvé son
éclat de la saison passée.
Flavio, Achour et Saïd, révélations
Mais il faut donner à César ce qui revient à César. Certains
éléments ont particulièrement accru la puissance de l’équipe.
A côté, bien sûr, du génie Mohamad Abou-Treika (voir
portrait), meilleur buteur de la compétition avec 3 buts, il
faut rendre honneur à Amado Flavio. Deuxième meilleur buteur
de la compétition, le numéro 23 d’Ahli a présenté une
excellente prestation au Japon, qui a séduit tous les
observateurs. Flavio a constitué le casse-tête de toutes les
défenses. Il court beaucoup, dribble, tire et en plus, crée
beaucoup d’occasions à ses coéquipiers telles que la passe
décisive à Abou-Treika contre le Club America, transformée en
but. Les supporters d’Ahli, qui l’ont longtemps attaqué la
saison dernière, sont à présent très inquiets de le voir
partir en fin de saison vers un club européen.
L’autre surprise d’Ahli fut le jeune milieu Hossam Achour (23
ans), qui a été propulsé dans le pays du Soleil Levant.
L’international olympique était le moteur de cette ligne et
était l’une des sources de confiance pour ses coéquipiers en
parcourant les quatre coins du terrain pour toujours se
trouver en support de ses coéquipiers. Son rôle fut encore
plus imminent sur le plan défensif, en cassant une grande
partie des offensives adverses avant qu’elles ne puissent
constituer une menace à la défense et au gardien.
Et finalement, il y a l’ailier Tareq Al-Saïd, qui a fait taire
les mauvaises langues et confirmé qu’Ahli a eu raison de le
recruter en août dernier lorsqu’il était en fin de contrat
avec Zamalek. Blessé au genou avant la compétition, l’ancien
meilleur joueur d’Egypte 2001 a fait son apparition sur le
terrain contre l’Auckland City pendant quelques minutes avant
de récupérer sa place de titulaire face à l’Internacional.
C’est vrai qu’il n’a pas complètement retrouvé sa meilleure
forme physique et technique, mais il a joué un grand rôle
défensif et aussi eu sa contribution offensive, notamment en
livrant un centre millimétré sur la tête de Flavio pour
marquer le but d’égalisation contre l’Internacional (1-1).
Confiance et milieu de terrain avancé
Si l’on revoit l’effectif d’Ahli lors de la dernière édition,
qui a terminé sixième, nous constatons qu’il est bien plus
solide que cette année. L’Ahli 2006 évolue sans Mohamad
Barakat, meilleur joueur et buteur de la Ligue des champions
2005 et meilleur joueur d’Afrique selon le sondage effectué
par la BBC, l’international angolais Sebastiao Gilberto (tous
deux blessés) et Mohamad Abdel-Wahab, décédé il y a quelques
mois. « L’année dernière, nous étions sous une grande pression
et on n’avait pas l’expérience nécessaire pour ce genre de
compétitions. Cela nous a beaucoup affectés et ceci s’est
reflété sur notre performance », a déclaré Hossam Al-Badri,
assistant du directeur technique de l’équipe. En effet, on a
vu les joueurs d’Ahli libérés de toute pression lors de cette
édition après qu’ils se sont familiarisés à l’ambiance de ce
genre de compétitions et retrouvés parmi les élites du monde.
Mais à côté du plan moral, il y a aussi le côté technique. Les
joueurs d’Ahli ont beaucoup mûri et le fait d’évoluer au plus
haut niveau, pour la deuxième année consécutive, leur a donné
une grande expérience dans le jeu et de la confiance face à
leurs adversaires.
Le milieu d’Ahli a été à l’origine du succès de l’équipe cette
année. Il faut surtout citer le rôle du duo de la charnière,
Mohamad Chawqi et Hossam Achour qui cassaient les attaques en
devenir et jouaient le rôle de relayeurs pour les attaquants.
Grâce à cette ligne, les Rouges ont pu généralement contrôler
les rythmes du match. Les statistiques parlent d’elles-mêmes :
65 % de possession contre l’Auckland City, 51 % de possession
contre l’Internacional et 48 % contre le Club America. Les
matchs n’ont jamais échappé aux joueurs qui ont toujours pu
contrôler le ballon et avoir de solides pieds sur terre quel
que soit leur adversaire.
Et enfin, l’effet José
Enfin, il ne faut pas oublier le directeur technique Manuel
José Da Silva, l’artisan et metteur en scène de ce beau
spectacle qui a enchanté et honoré tout le public égyptien et
africain. José a très bien préparé ses joueurs pour cette
compétition sur le plan moral, technique et physique. « Je
tenais absolument à ce que nous participions pour la deuxième
fois à la compétition afin de montrer au reste du monde ce que
vaut Ahli », a-t-il déclaré. Le technicien portugais a montré
beaucoup de réalisme et de flexibilité de ses stratégies et
schémas de jeu selon son adversaire et parfois même varié son
système à plusieurs reprises lors du même match. Il a prouvé
qu’il est un directeur technique de très grand calibre qui a
pu finalement réaliser son rêve de voir Ahli fournir des
prestations du plus haut niveau. La question qui hante
dorénavant les supporters et la direction est la suivante :
Pourront-ils conserver ce rythme encore longtemps ou l’épopée
d’Ahli s’achèvera-t-elle en juin prochain, date de la fin de
son contrat ? .
Karim
Farouk