Al-Ahram Hebdo, Sports | Un bronze flambant rouge
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 20 au 29 décembre 2006, numéro 641

 

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Sports

Football . En battant le Club America du Mexique (2-1), dimanche dernier au stade Yokohama, au Japon, en match de classement de la Coupe du monde des clubs, Ahli réalise l’exploit d’occuper la 3e marche du podium derrière l’Internacional et le FC Barcelone.

Un bronze flambant rouge

A tout seigneur tout honneur. Ahli a décroché la médaille de bronze de la Coupe du monde des clubs qui vient de se terminer au Japon le 17 décembre, récoltant ainsi la gloire, mais surtout le respect du monde entier. Le Club America du Mexique n’a pu que s’incliner sur le score de 1-2 face aux diables Rouges grâce à un doublé du magicien Mohamad Abou-Treika, lors du match de classement. Ce n’était le résultat ni de la chance ni sûrement d’un coup du hasard, mais plutôt d’un succès bien mérité, au point que les observateurs s’accordent à dire qu’une place en finale était à la portée des champions d’Afrique.

C’est grâce aux efforts intenses des joueurs que le succès s’est accompli. Ils ont montré une forme physique remarquable et ont formé un bloc soudé. Toutes les vedettes ont été à la hauteur des attentes, à commencer par le gardien Essam Al-Hadari, en passant par les défenseurs Chadi Mohamad et Waël Gomaa, le milieu Mohamad Chawqi et l’attaquant Amado Flavio. Par ailleurs, la grande déception de cette compétition a été l’attaquant international Emad Metaab, qui a peu brillé et n’a pu percer les filets adverses à aucune occasion, alors que c’était lui l’auteur de l’unique but des Rouges lors de la dernière édition du Mondial des clubs en 2005 (but contre le FC Sydney 1-2 en match de classement pour la cinquième place). De même, le libéro Emad Al-Nahass, de retour après de longues absences pour cause de blessures, n’a pas encore retrouvé son éclat de la saison passée.

Flavio, Achour et Saïd, révélations

Mais il faut donner à César ce qui revient à César. Certains éléments ont particulièrement accru la puissance de l’équipe. A côté, bien sûr, du génie Mohamad Abou-Treika (voir portrait), meilleur buteur de la compétition avec 3 buts, il faut rendre honneur à Amado Flavio. Deuxième meilleur buteur de la compétition, le numéro 23 d’Ahli a présenté une excellente prestation au Japon, qui a séduit tous les observateurs. Flavio a constitué le casse-tête de toutes les défenses. Il court beaucoup, dribble, tire et en plus, crée beaucoup d’occasions à ses coéquipiers telles que la passe décisive à Abou-Treika contre le Club America, transformée en but. Les supporters d’Ahli, qui l’ont longtemps attaqué la saison dernière, sont à présent très inquiets de le voir partir en fin de saison vers un club européen.

L’autre surprise d’Ahli fut le jeune milieu Hossam Achour (23 ans), qui a été propulsé dans le pays du Soleil Levant. L’international olympique était le moteur de cette ligne et était l’une des sources de confiance pour ses coéquipiers en parcourant les quatre coins du terrain pour toujours se trouver en support de ses coéquipiers. Son rôle fut encore plus imminent sur le plan défensif, en cassant une grande partie des offensives adverses avant qu’elles ne puissent constituer une menace à la défense et au gardien.

Et finalement, il y a l’ailier Tareq Al-Saïd, qui a fait taire les mauvaises langues et confirmé qu’Ahli a eu raison de le recruter en août dernier lorsqu’il était en fin de contrat avec Zamalek. Blessé au genou avant la compétition, l’ancien meilleur joueur d’Egypte 2001 a fait son apparition sur le terrain contre l’Auckland City pendant quelques minutes avant de récupérer sa place de titulaire face à l’Internacional. C’est vrai qu’il n’a pas complètement retrouvé sa meilleure forme physique et technique, mais il a joué un grand rôle défensif et aussi eu sa contribution offensive, notamment en livrant un centre millimétré sur la tête de Flavio pour marquer le but d’égalisation contre l’Internacional (1-1).

Confiance et milieu de terrain avancé

Si l’on revoit l’effectif d’Ahli lors de la dernière édition, qui a terminé sixième, nous constatons qu’il est bien plus solide que cette année. L’Ahli 2006 évolue sans Mohamad Barakat, meilleur joueur et buteur de la Ligue des champions 2005 et meilleur joueur d’Afrique selon le sondage effectué par la BBC, l’international angolais Sebastiao Gilberto (tous deux blessés) et Mohamad Abdel-Wahab, décédé il y a quelques mois. « L’année dernière, nous étions sous une grande pression et on n’avait pas l’expérience nécessaire pour ce genre de compétitions. Cela nous a beaucoup affectés et ceci s’est reflété sur notre performance », a déclaré Hossam Al-Badri, assistant du directeur technique de l’équipe. En effet, on a vu les joueurs d’Ahli libérés de toute pression lors de cette édition après qu’ils se sont familiarisés à l’ambiance de ce genre de compétitions et retrouvés parmi les élites du monde. Mais à côté du plan moral, il y a aussi le côté technique. Les joueurs d’Ahli ont beaucoup mûri et le fait d’évoluer au plus haut niveau, pour la deuxième année consécutive, leur a donné une grande expérience dans le jeu et de la confiance face à leurs adversaires.

Le milieu d’Ahli a été à l’origine du succès de l’équipe cette année. Il faut surtout citer le rôle du duo de la charnière, Mohamad Chawqi et Hossam Achour qui cassaient les attaques en devenir et jouaient le rôle de relayeurs pour les attaquants. Grâce à cette ligne, les Rouges ont pu généralement contrôler les rythmes du match. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : 65 % de possession contre l’Auckland City, 51 % de possession contre l’Internacional et 48 % contre le Club America. Les matchs n’ont jamais échappé aux joueurs qui ont toujours pu contrôler le ballon et avoir de solides pieds sur terre quel que soit leur adversaire.

Et enfin, l’effet José

Enfin, il ne faut pas oublier le directeur technique Manuel José Da Silva, l’artisan et metteur en scène de ce beau spectacle qui a enchanté et honoré tout le public égyptien et africain. José a très bien préparé ses joueurs pour cette compétition sur le plan moral, technique et physique. « Je tenais absolument à ce que nous participions pour la deuxième fois à la compétition afin de montrer au reste du monde ce que vaut Ahli », a-t-il déclaré. Le technicien portugais a montré beaucoup de réalisme et de flexibilité de ses stratégies et schémas de jeu selon son adversaire et parfois même varié son système à plusieurs reprises lors du même match. Il a prouvé qu’il est un directeur technique de très grand calibre qui a pu finalement réaliser son rêve de voir Ahli fournir des prestations du plus haut niveau. La question qui hante dorénavant les supporters et la direction est la suivante : Pourront-ils conserver ce rythme encore longtemps ou l’épopée d’Ahli s’achèvera-t-elle en juin prochain, date de la fin de son contrat ? .

Karim Farouk

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Dixit

« Ahli était sixième l’an dernier, mais cette année, nous étions surpris de voir une équipe africaine évoluer à ce niveau mondial et concurrencer avec les élites. Ahli n’était qu’à deux doigts de la finale et je pense qu’il l’atteindra l’année prochaine. C’est un exemple à suivre en Afrique ».

Joseph Blatter, président de la Fédération internationale de football (FIFA), lors de la conférence de presse qui a suivi le match de classement.

 

« Je ne pouvais imaginer qu’un club africain puisse évoluer à ce niveau-là, surtout sur le plan de l’organisation tactique. Il faut vraiment souffrir pour battre une telle équipe ».

Frank Rijkard, le directeur technique de la FC Barcelone (Espagne), après avoir vu les demi-finales entre l’Internacional du Brésil et Ahli.

 

« Je m’attendais à un tel match de la part d’Ahli. Ils ont dû composer avec l’absence de quelques joueurs importants (Mohamad Barakat, Sebastiao Giberto et Mohamad Abdel-Wahab) mais la qualité de leur jeu et leur stratégie n’en ont absolument pas souffert. C’est une grande équipe qui possède toutes les solutions ».

Allan Jones, le directeur technique d’Auckland City, après le match d’ouverture.

 

« Ahli est une équipe très organisée et solide. Je savais ce que j’allais affronter, mais je n’avais pas de choix et je devais attaquer. Ils ont pu exploiter leurs chances et les espaces. Il possède en plus le joueur numéro 22 (Abou-Treika), un très grand joueur qui peut évoluer dans n’importe quelle équipe au monde en plus du solide numéro 17 (Chawqi) ».

Luis Fernando Tena, directeur technique du Club America, suite à la défaite de son équipe en match de classement, dimanche.

 

« La performance d’Ahli nous a confirmé qu’il n’y a plus de grandes différences entre les équipes. Nous étions sous grande pression avant le match et le fait de jouer contre une équipe solide et organisée ne nous a pas facilité la tâche. Ahli est une très grande équipe et je pense que la chance a été de notre côté et qu’elle leur a un peu manqué ».

Abel Braga, le directeur technique de l’Internacional du Brésil, après sa victoire contre Ahli 2-1 en demi-finales.

 




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