Al-Ahram Hebdo, Opinion
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 20 au 29 décembre 2006, numéro 641

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Hassan Abou-Taleb
 Politologue

 

Bassam Bounenni
 Chercheur tunisien en géopolitique

 

Ibrahim Nafie


Edito
 

Inquiétudes dans le Golfe

Il y a, certes, la détérioration dramatique de la situation en Iraq et les ambitions croissantes de l’Iran, mais les monarchies arabes du Golfe ont un autre sujet d’inquiétude : le désarroi qui règne actuellement à Washington.

Alimentés par le rapport du Groupe d’étude sur l’Iraq, une commission indépendante dirigée par l’ex-secrétaire d’Etat James Baker, qui a recommandé au président George W. Bush un changement de stratégie en Iraq et dans la région, ces doutes sur la politique américaine sont à l’esprit de tous les dirigeants des six monarchies arabes du Golfe. Celles-ci, avec en premier lieu l’Arabie saoudite, craignent que la violence en Iraq, à la fois le terrorisme d’Al-Qaëda et la quasi-guerre civile entre chiites et sunnites, ne dépasse les frontières de l’Iraq. D’où l’appel lancé la semaine dernière au gouvernement iraqien par ces six pays (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) lors de leur sommet annuel à Riyad pour qu’il dissolve « immédiatement » les milices.

Quant à l’Iran, l’inquiétude des six Etats à propos du programme nucléaire iranien les a amenés à prendre la décision cruciale de se lancer dans la voie du nucléaire civil. Mais ces deux problèmes, déjà très graves en eux-mêmes, sont rendus encore plus aigus par l’incertitude et l’indécision à la Maison Blanche. D’où la préoccupation que leur inspire l’influence grandissante de l’Iran.

Alors que l’Iraq est au bord de la guerre civile, une des options américaines est d’adopter la doctrine militaire classique consistant à apporter son soutien à la faction qui a le plus de chance de l’emporter. Mais, un soutien tacite de Washington à la communauté chiite pour écraser l’insurrection sunnite pourrait ruiner les relations entre Washington et ses alliés sunnites, préoccupés par la montée de l’influence iranienne en Iraq. Le roi Abdallah d’Arabie saoudite est confronté à des pressions de l’opinion et d’une partie des religieux du royaume pour soutenir les sunnites iraqiens et un soutien américain appuyé aux chiites risque d’exacerber le problème. Le président Bush a rejeté la semaine dernière la proposition du rapport Baker en faveur d’un dialogue direct entre Washington et Téhéran, mais pour de nombreux observateurs dans les pays du Golfe, la question semblait plutôt être de savoir combien de temps il pourrait maintenir ce refus.

 

 




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