Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Pressions accrues sur Khartoum
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 20 au 29 décembre 2006, numéro 641

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde Arabe

Soudan . Les exigences internationales et africaines gagnent en ampleur pour que le gouvernement agisse rapidement en vue d’arrêter la dégradation de la situation au Darfour.  

Pressions accrues sur Khartoum 

Sous forte pression de la communauté internationale et de l’Union Africaine (UA) concernant la crise du Darfour, le Soudan oppose une volonté affichée de progresser dans l’application de l’accord de paix dans cette région de l’ouest du pays en proie à la guerre civile. « Ce qu’on entend sur une zone d’exclusion aérienne et des menaces n’est qu’une tentative pour détourner l’attention de l’application de décisions sur lesquelles le Soudan est d’accord », a déclaré samedi Majzoub Al-Khalifa Ahmed, conseiller du président Omar Al-Béchir. Il a affirmé que Khartoum voulait aller de l’avant dans l’application de l’accord de paix et évoquer des mesures concrètes, comme des nominations dans l’armée et l’administration pour des milliers d’ex-rebelles membres de formations ayant signé l’accord de paix. Khartoum s’est dit aussi prêt à collaborer avec une mission du Conseil des droits de l’homme de l’Onu qui doit mener une enquête au Darfour. Le ministre de la Justice, Mohammed Ali Al-Mardhi, a indiqué lundi que son pays avait donné son accord à une visite de la mission au Darfour et affirmé que son ministère allait « lever tous les obstacles » qui pourraient entraver son travail. M. Mardhi a ajouté que la mission, attendue dans les prochaines semaines, pourrait rencontrer toutes les parties concernées et visiter tout endroit au Darfour.

La décision du Conseil des droits de l’homme de l’Onu d’envoyer une mission d’enquête au Darfour, la zone d’exclusion aérienne évoquée par Londres et Washington pour empêcher les attaques de l’aviation soudanaise, en plus d’un appel de l’UA à désarmer les Djanjawids, miliciens arabes pro-gouvernementaux, sont autant de pressions sur Khartoum alors que l’état de la sécurité a connu une nette détérioration au Darfour. Cette dégradation a provoqué l’inquiétude de l’Union Européenne (UE) et d’organisations internationales comme l’Unicef, qui a estimé cette semaine que pas moins de deux millions d’enfants en étaient affectés directement ou indirectement. Mercredi déjà, le président soudanais qui recevait l’émissaire américain Andrew Natsios, avait affirmé que le Soudan et les Etats-Unis étaient d’accord sur la nécessité de mesures pour améliorer la sécurité sur le terrain. M. Natsios a parlé, lui, de la mise en œuvre des deux premières phases du soutien logistique de l’Onu à la force africaine au Darfour (Amis) composée de 7 000 soldats et jugée inefficace parce que sous-financée et mal équipée.

Les milices djandjawids en force

La détérioration de la situation sur le terrain a amené l’UA à demander, à l’issue d’une réunion sur le Darfour vendredi à Addis-Abeba, des sanctions contre les parties au conflit qui violent le cessez-le-feu. La Commission conjointe de contrôle du cessez-le-feu au Darfour, réunie vendredi au siège de l’organisation continentale en Ethiopie, a décidé que « des mesures punitives, dont des sanctions, doivent être prises contre les auteurs des violations du cessez-le-feu par les organisations appropriées dont le Conseil de paix et de sécurité de l’UA et le Conseil de sécurité de l’Onu ». La Commission a étudié 15 cas avérés et documentés de violations du cessez-le-feu menées par des signataires et des non signataires des accords de paix d’Abuja et a décidé de condamner les auteurs de ces violations. Ces condamnations, en référence à des violations commises entre le 9 juin et le 22 novembre dernier, touchent les mouvements rebelles et le gouvernement du Soudan.

La délégation de Khartoum a brusquement quitté la réunion peu après son début vendredi. Elle avait demandé un report d’une semaine et un changement d’ordre du jour mais l’UA a décidé de la maintenir malgré tout. Khartoum a justifié son retrait par le fait que la réunion a été consacrée « aux aspects secondaires qui sont les violations alors qu’elle aurait dû être centrée sur la question de l’application de l’accord de paix ». L’UA a également demandé au gouvernement soudanais « le désarmement immédiat des Djandjawids », dont les attaques ont redoublé d’intensité ces derniers jours au Darfour. « D’après le rapport qui nous a été présenté par le commandant de l’Amis (le général nigérian Luke Aprezi), le gouvernement du Soudan continue d’armer les Djandjawids. Le désarmement dépend de la volonté politique du gouvernement du Soudan », a déclaré la responsable adjointe de l’Amis, Monique Mukaruliza, soulignant que le processus de désarmement de ces milices arabes accusées des pires exactions contre les populations négro-africaines du Darfour aurait déjà dû commencer. Dans un rapport confidentiel présenté à la Commission de contrôle du cessez-le-feu, le général Aprezi a souligné que les milices djandjawids sont revenues en force au Darfour et ont multiplié dernièrement les attaques. Dans ce rapport de six pages, le patron de l’Amis souligne que la réémergence des Djandjawids a accentué la dégradation de la situation sécuritaire au Darfour.

Samah Ziad

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.