Al-Ahram Hebdo, Livres | Guerres, anarchie et résistance
  Président Salah Al-Ghamry
 
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 Semaine du 20 au 29 décembre 2006, numéro 641

 

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Etude . Le Rapport stratégique arabe 2006 publié par le Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram analyse un monde arabe en pleine ébullition.

Guerres, anarchie et résistance

Avec ses 500 pages, le nouveau rapport stratégique d’Al-Ahram propose un menu très dense avec six grands chapitres : l’agression israélienne contre le Liban, les interactions internationales, les interactions régionales, la question palestinienne, le régime arabe régional, et bien évidemment l’Egypte.

Considérée comme l’un des plus grands crimes de guerre israéliens commis contre les peuples arabes, l’agression israélienne contre le Liban est selon le rapport « un élément déterminant dans l’évolution de la région arabe et islamique ». En effet, il s’agissait pour les Américains de présenter — à travers la guerre israélienne contre le Liban —, une avant-première de ce que pourrait être le « nouveau Moyen-Orient » différent mais en même temps allant de pair avec les intérêts américains. Mais les conséquences ont été autres comme l’explique le rapport. Cette guerre a  donné naissance à une hausse de la valeur de la résistance et des droits de chacun, accompagnée d’une confiance plus grande à faire face à l’appareil militaire israélien.

Le rapport informe que les buts annoncés pour un nouveau Moyen-Orient américain sont non seulement clairs mais représentent aussi un véritable danger. Employer la crise du Liban au service de l’hégémonie israélienne sur l’avenir de la région est l’un de ces principaux buts. Ensuite, et lorsque les Arabes auront eu un rôle direct dans cette hégémonie, il suffit alors de transformer toute la région, et pas seulement en Iraq, en face-à-face entre sunnites et chiites. Diviser pour mieux régner, c’est ce que font les Américains pour isoler en plus la Syrie d’une part et l’Iran d’autre part. Ce afin de changer les deux régimes au pouvoir.

 

Faiblesse arabe

Le rapport dénonce par ailleurs une véritable absence d’un mécanisme arabe et international au sein des initiatives arabes mêmes, et s’interroge sur l’ordre régional arabe. Peut-on encore parler d’un ordre arabe qui puisse disposer de mécanismes de fonctionnement, pour faire valoir ses vues, construire son avenir et réaliser ses ambitions communautaires ? Est-ce que l’aire arabe est désormais définie comme simple espace géographique, où les acteurs agissent en ordre dispersé ? En effet, le rapport met l’accent sur le fait que les différentes interactions arabes de 2006 reflètent un profond affaiblissement de l’ordre régional arabe, et des réformes aux niveaux national et régional. Bien que cette question de réforme ait occupé une place importante sur la scène politique arabe, les caractéristiques de la faiblesse arabe l’ont cependant emporté. Cette faiblesse de l’ordre arabe est apparue clairement dans les conflits en Palestine, au Liban, en Iraq et au Darfour, où les sommets, les rencontres présidentielles et ministérielles se succèdent sans aucun résultat concret. Il est vrai que dans l’ensemble, ces problèmes dévoilent une vérité essentielle : les pressions internationales de la part des Etats-Unis ou de l’Iran influencent gravement les prises de décision des pays de la région.

Le chapitre 6 du rapport consacré à la situation politique en Egypte est loin d’être tendre autant en ce qui concerne le conflit entre les juges et le gouvernement, portant essentiellement sur le contrôle judiciaire des élections, qu’avec les partis politiques.

La réforme politique s’est particulièrement imposée en Egypte de 2005 jusqu’au début 2006, pour, à son tour, provoquer cette volonté d’amendements constitutionnels de l’article 76. Le rapport met en lumière les débats provoqués par l’espoir d’un changement possible, resté longtemps prisonnier de nombreuses restrictions, de ses mécanismes et de buts finaux. Par ailleurs, le chapitre consacré à l’Egypte dans le rapport analyse les dernières élections présidentielles et législatives qui ont révélé d’une part les défaillances des partis politiques traditionnels, et d’autre part la montée du rôle politique des mouvements populaires d’opposition.

Bien que le politique soit très présent, la situation économique reste l’élément négatif de ce rapport, car la partie consacrée à ce sujet est composée essentiellement de tableaux et de chiffres, et l’analyse est absente. L’année 2006 a en effet connu de nombreuses affaires de corruption qui auraient pu être traitées dans ce rapport.

Hoda Ghali

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Al-Taqrir al-estratigi al-arabi (le rapport stratégique arabe 2005-2006), novembre 2006, Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram

 




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