Al-Ahram Hebdo, Evénement | Une parade de trop
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 20 au  29 décembre 2006, numéro 641

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Evénement

Frères musulmans. La démonstration de force islamiste qui a eu lieu à l’Université d’Al-Azhar est officiellement à l’origine de cette vague répressive. Reportage dans le campus. 

Une parade de trop 

Quartier de Madinet Nasr, à l’est du Caire. L’Université d’Al-Azhar est déserte. A peine peut-on apercevoir quelques étudiants déambuler dans les allées du campus. Mais derrière ce calme apparent, le malaise. L’arrestation par les forces de l’ordre de 180 membres de la confrérie, dont des étudiants islamistes accusés de semer le trouble à l’université, a créé une atmosphère de tension. En s’approchant de l’établissement, on peut voir les premiers signes de cet état de choses. Des véhicules blindés sont stationnés à proximité de l’université, et des agents de sécurité sont déployés en grand nombre. A l’intérieur, les lieux sont déserts et ont pour seul décor quelques agents de sécurité. La cité universitaire est située à proximité de l’université. Bien que ce soit une période d’examens, la plupart des étudiants sont terrés dans leurs chambres. Là aussi, la présence des forces de l’ordre est omniprésente. C’est avec amertume que les étudiants islamistes racontent ce qui est arrivé. « Il était deux heures et demie du matin. Les forces de l’ordre sont venues et ont emporté tout le monde. La plupart des détenus sont étudiants à la faculté de médecine. Nous ne comprenons pas pourquoi tout ceci alors que nous sommes à deux jours des examens ! », affirme Ahmad, étudiant à la faculté d’ingénierie.

Tout a commencé le 10 décembre lorsque les étudiants islamistes ont organisé, en guise de démonstration, une parade de jeunes cagoulés se livrant à des exercices d’arts martiaux, entre autres karaté et kung-fu. Les étudiants réclamaient la réintégration de neuf de leurs camarades, exclus en novembre dernier de la faculté de médecine et de pharmacie, pour avoir formé un syndicat étudiant libre.

Cette scène, qui n’est pas sans rappeler celle des militants palestiniens du Hamas, a bouleversé les médias. « Si nous avons organisé cette démonstration, c’était pour protester contre la radiation de nos collègues des listes électorales. Ils ont fait l’objet de mesures disciplinaires injustes », s’insurge Amr, étudiant à la faculté des sciences. Il explique que les étudiants avaient organisé une démonstration similaire il y a trois ans quand le cheikh Ahmad Yassine avait été assassiné par Israël, et, à l’époque, l’ancien président de l’université, Ahmad Omar Hachem, y a assisté. « Personne ne nous a accusés de quoi que ce soit », assure Amr.

Et Mohamad, étudiant en médecine, de souligner : « Nous avons senti que nous avons fait une erreur en organisant cette manifestation. Qu’on présente des excuses au nom de nos camarades qui ont organisé cette manifestation mal interprétée ».

Groupe extrémiste ou cellules activistes comme le soutiennent les autorités ? Les étudiants islamistes nient toutes les accusations. « Comment peut-on se procurer des armes, des bâtons et des canifs en présence des agents de sécurité qui sont déployés dans la cité universitaire ? », se défend l’un des étudiants. Il ajoute que les étudiants ont utilisé des armes en carton et non pas de vraies armes.

« Même s’ils adoptent l’idéologie des Frères musulmans, il faut leur laisser la liberté de penser, surtout s’ils ne nous ont pas dérangés. Ils nous rendent beaucoup de services et nous aident à résoudre nos problèmes tandis que l’Union officielle des étudiants ne joue aucun rôle à l’Université d’Al-Azhar », assure un autre étudiant qui ne se réclame pas du courant islamiste.

Les étudiants islamistes s’organisent parfaitement bien. « Dans les anciennes Unions estudiantines islamistes, il y avait une cotisation mensuelle versée par les étudiants, cela permet de financer nos activités. De même, nous organisons des expositions. Les Frères musulmans ne nous financent pas », affirme Mohamad. La dernière fois que les étudiants islamistes ont dirigé l’Union des étudiants était en 1998.

Trois étudiants du courant islamiste ont rencontré le président de l’université, Ahmad Al-Tayeb, pour lui demander comment les autorités ont investi jeudi à l’aube les dortoirs de l’université où vivent les étudiants pour les arrêter. Mohamad Charaf, un des étudiants qui ont rencontré le recteur, assure que les étudiants n’ont obtenu que des promesses du doyen qu’il va faire tout son possible pour résoudre la crise, mais il a refusé de parler de l’indépendance de l’université. Raison pour laquelle les étudiants ont décidé de continuer leur sit-in à la cité universitaire, ou de se mettre en grève de la faim jusqu’à ce que leurs collègues soient libérés. Tandis que les étudiants parlaient de ce qu’ils vont faire dans les prochains jours, une femme de 35 ans leur coupe la parole en critiquant la présence de la cité à côté des immeubles à Madinet Nasr. « Mes trois enfants ont été effrayés à l’aube, jeudi dernier, par les manifestations de ces étudiants contre l’université. On ne peut pas avoir une vie calme à côté de cette cité universitaire des étudiants d’Al-Azhar », affirme cette habitante du quartier de Madinet Nasr.

Ola Hamdi
Sabah Sabet

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.