Al-Ahram Hebdo, Evénement |Diaa Rachwan, « Les Frères n’ont pas renouvelé leur structure »
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 20 au 29 décembre 2006, numéro 641

 

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Evénement

Frères musulmans. Diaa Rachwan, spécialiste des mouvements islamistes au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, commente la crise entre les Frères et le gouvernement. 

« Les Frères n’ont pas renouvelé leur structure »

 

Al-Ahram Hebdo : Comment voyez-vous la démonstration de force menée par des étudiants dans l’enceinte de l’Université d’Al-Azhar ?

Diaa Rachwan : Soulignons d’abord que ce qui s’est passé est un acte aussi condamnable qu’irresponsable. A mon avis, cette démonstration ne représente pas la politique générale des Frères musulmans qui seront les premiers perdants s’ils décident de renouer avec la violence. En fait, les Frères n’ont gagné en popularité qu’après leur abandon de la violence. D’ailleurs, des responsables de la confrérie ont exprimé leurs excuses à plusieurs reprises depuis ces événements. Je voulais ajouter également que ce qui s’est passé est, entre autres, le résultat des restrictions imposées aux activités politiques des étudiants dans les universités égyptiennes.

— Suite à cet événement, des dizaines de dirigeants de la confrérie ont été arrêtés. Pensez-vous que cette campagne d’arrestations était préméditée et n’attendait qu’un prétexte ?

— En fait, ces arrestations sont intervenues quatre jours après ladite démonstration. Je pense donc que l’Etat, représenté par l’appareil sécuritaire, n’avait pas au départ de grande inquiétude envers cette démonstration à laquelle participait un groupe d’étudiants qui n’est pas du tout représentatif de l’attitude générale des Frères. Mais avec la réaction très exagérée de certaines forces politiques et des médias qui ont donné à l’affaire une portée caricaturale et qui n’ont pas hésité à critiquer la « nonchalance » des forces de sécurité, l’Etat a été amené à riposter pour absorber cette colère.

— Ce développement laisse-t-il prévoir une escalade entre les Frères et l’Etat ?

— Je crois que les Frères veulent éviter l’escalade. Cela dit, leur attitude pourra changer selon la décision du Parquet. Si ce dernier les accuse de « terrorisme », ça sera une escalade de la part de l’Etat qui n’a jamais utilisé ce terme contre les Frères depuis les années soixante, du temps de Sayed Qotb. Dans ce cas, les Frères réagiront en conséquence.

— Ces derniers événements auront-ils des répercussions négatives sur l’avenir politique de la confrérie ?

— Sans doute, surtout après les accusations qui leur ont été lancées par les médias qui les ont présentés dans une image très obscure, en les décrivant comme un groupuscule qui représente un grand risque sur la société et qui vise à la subversion, des termes qui n’ont jamais été utilisés par le régime. Mais je crois que les Frères, qui travaillent d’une façon très méthodique, réussiront à dépasser cette crise passagère.

— Vous aviez quand même une opinion sur le renouveau de la confrérie ...

— Oui, en effet. Depuis la mort du fondateur de la confrérie, Hassan Al-Banna, les Frères n’ont pas renouvelé leur structure, ils suivent la même école classique et refusent les idées créatives des réformateurs. Pour revigorer leur mouvement, ils doivent accepter les différents avis et ne pas avoir peur de la différence.

Propos recueillis par Ola Hamdi et Sabah Sabet

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