Al-Ahram Hebdo,Kiosque | L’affront des Frères étudiants
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 Semaine du 20 au 29 décembre 2006, numéro 641

 

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L’affront des Frères étudiants 

La démonstration de force à l’égard du régime faite par les étudiants d’Al-Azhar a provoqué une vague d’indignation dans la presse cette semaine.  

« Un crime parfait dans les enceintes de l’Université d’Al-Azhar », « La manifestation de force, un véritable affront aux autorités », « L’armée des Frères », « Le message et les menaces au régime sont bien arrivés », « Escalade injustifiée et campagne d’incitation préméditée », « Attention, un naufrage s’approche », « Le chemin vers un régime des Frères », « Les Egyptiens sont inquiets et les responsables ne bougent pas » ... Les titres de la presse dénonçant la démonstration de force des étudiants d’Al-Azhar, dans l’enceinte même de cette université la semaine dernière, font peur.

« Ils commettent le crime et s’excusent ensuite ! », ajoute l’éditorialiste Hamdi Rizq, dans le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom, qui affirme qu’aucune excuse n’est valable face à un crime qui vise à terroriser la société. « Cagoulés et habillés en karatékas, le front ceint d’un bandeau, nous sommes devant des milices parfaitement entraînées, prêtes à tuer », conclut Rizq.

Le quotidien Al-Gomhouriya compare même la cinquantaine d’étudiants en question à une « tumeur cancéreuse ». « Je ne veux pas que la tragédie du Liban se répète dans mon pays et que des milices y établissent un Etat au sein de l’Etat », annonce son éditorial. Il est vrai que la manifestation a choqué par son aspect paramilitaire. Dans le quotidien Rose Al-Youssef, Hazem Mounir affirme : « La sécurité pour faire face à l’extrémisme, à la violence, seule ne suffit pas. Le vrai défi commence et se termine sur le terrain des intellectuels et des forces politiques ». Attention, « les derniers événements montrent que le mouvement interdit des Frères musulmans est entré dans une nouvelle phase politique, prévoyant le début d’une révolte contre l’Etat ... il s’agit de renverser le régime pour le remplacer par un Etat religieux contre toute liberté d’expression et de pensée », avertit Mounir sur un ton très grave.

Sous le titre « Le Hamas à l’Université d’Al-Azhar », le chroniqueur Karam Gabr souligne : « Ce qui s’est passé a démasqué le visage immonde des Frères, a découvert leur vérité, et a montré combien ils mentent lorsqu’ils se disent pacifistes, alors qu’ils ont un passé particulièrement noir ». Dans le même contexte, l’hebdomadaire nassérien Al-Arabi consacre plusieurs pages à ce qu’il appelle « la vérité et le discours des milices ». « Qui a creusé le piège des Frères musulmans ? », s’interroge en une le magazine hebdomadaire Rose Al-Youssef qui y consacre un grand dossier de plus d’une vingtaine de pages. « Pourquoi pendant tout ce temps les Frères ont-ils trahi l’opinion publique en Egypte et à l’étranger, tentant de la convaincre qu’ils forment un mouvement pratiquant la démocratie sans violence ? Les illusions sont enfin tombées », affirme Abdallah Kamal.

Comme beaucoup d’autres, le chroniqueur Abdallah Al-Sénnawi a été tristement « choqué par les photos dont les significations sont très alarmantes pour l’avenir politique de l’Egypte ». « On ne peut nier que de tels événements sont un point déterminant dans l’histoire de ce mouvement et ses relations avec les autres mouvements politiques », estime Al-Sénnawi.

 

La responsabilité du régime

 

Les critiques contre le gouvernement ne manquent pas non plus. Certains, comme Mohamad Aboul-Ghar, lient l’idée de la progression des Frères à la corruption au sein du PND. « La réalité est qu’à cause de la corruption, le PND s’est beaucoup affaibli économiquement, politiquement et même culturellement. Il semble que les Frères se rapprochent du pouvoir, car un PND corrompu ne résistera pas longtemps », explique Aboul-Ghar, dans Al-Arabi. C’est ce qui amène Waël Al-Ebrachi à s’interroger dans l’hebdomadaire Sawt Al-Omma : « Pourquoi ceux qui se sont étonnés des scènes à l’Université d’Al-Azhar n’ont-ils pas été aussi surpris des attaques du régime contre les juges, et des harcèlements dans les manifestations ? Pourquoi personne n’a été en colère contre la corruption du régime qui a tué des centaines de citoyens dans la catastrophe du ferry Al-Salam ? Nous devons songer à punir non seulement ces étudiants, mais surtout les responsables qui ont conduit les véritables milices à la destruction du pays (...) Le PND a créé de groupes de milices privées pour faire face aux manifestants et pour la gestion des élections législatives ». « La tempête des miliciens d’Al-Azhar accélère-t-elle le choc entre l’Etat et les Frères ? », s’interroge l’hebdomadaire Al-Osboue. Comment les Frères sont-ils arrivés là ? Magdi Méhanna, dans Al-Masri Al-Yom, pense que « les politiques bêtes appliquées par le PND et certains appareils d’Etat, laissant les mains libres à la sécurité (baltaga, violence, fraudes) pour monopoliser le travail du PND, sont les premiers responsables de la scène à laquelle nous avons assisté à l’Université d’Al-Azhar ».

L’hebdomadaire Al-Fagr trouve dans ces événements malheureux « le point zéro d’un plan pour prendre le pouvoir ». L’Egypte à la porte d’une nouvelle phase politique décisive.

Hoda Ghali

Paroles

J’étais très étonné d’apprendre que les événements à l’Université d’Al-Azhar n’étaient pas les premiers du genre. La première fois fut l’année dernière dans la même université. Aujourd’hui, il s’agit de quelques étudiants habillés du costume militaire des militants du Hamas et du Djihad. Ces mêmes étudiants qui ont fait ces représentations étranges au sein de l’université appartiennent obligatoirement au mouvement interdit des Frères musulmans. Ajoutons à cela les différentes déclarations du guide suprême du mouvement qui se dit prêt à envoyer des milliers de militants aux côtés du Hamas. Sans nul doute un grand danger s’approche.

Ismaïl Montasser,Editorialiste, Octobar.  

Malheureusement, nous ne connaissons pas le chiffre exact des enfants de la rue, certains disent un demi-million, d’autres disent un million. Ce grave problème mérite un intérêt particulier de la part du Conseil national de la maternité et de l’enfance, et aussi de la première dame Suzanne Moubarak. Il ne suffit pas de mettre en place un plan, il faut surtout le mettre en application. Le phénomène des enfants de la rue doit être une priorité pour tout le monde.

Magdi Méhanna,Editorialiste,Al-Masri Al-Yom. 

Avec tout ce qui se passe tous les jours, et voyant le mouvement des Frères musulmans comme un réel danger, les Egyptiens sont de plus en plus atterrés. Dans les universités, les syndicats, à travers des slogans, scandent tout haut leur programme pour gouverner l’Egypte. Je pense qu’il est temps que le gouvernement profite de cette dernière occasion pour donner aux Frères le droit de créer un parti politique sous un autre nom. Ce afin de lui ôter la force du secret et du mystère dont les milices dévoilent le vrai visage. Si ce mouvement devient un jour un parti comme les autres, il sera aussi sans intérêt, ni influence réelle ...

Mohamad Al-Chabbah,Editorialiste, Nahdet Misr.  

Malheureusement, la crise politique au Liban se poursuit avec une lueur d’espoir d’aboutir à une solution. Mais la dernière semaine, les positions balançaient entre escalade et tentatives de solution. Les forces politiques libanaises arriveront-elles à tomber d’accord, neutralisant ainsi les influences régionales et internationales ? Il faut absolument s’unir et sauver le Liban des conflits de l’intérieur et de l’extérieur.

Hussein Abdel-Razeq,Editorialiste,Al-Wafd.  

Que se passe-t-il ces jours-ci ? Qu’est-ce que ce vent empoisonné qui touche les pays arabes, où le confessionnalisme s’enflamme entre sunnites et chiites ? Le conflit entre les deux n’est rien d’autre qu’un conflit politique qui date de treize siècles. Evidemment, ceux qui mettent le feu et propagent le confessionalisme n’ont qu’un seul but, attiser plus le feu entre sunnites et chiites. Notre défi actuel doit être de surmonter les 13 siècles et de tourner la page une fois pour toutes. Au Liban et en Iraq, nous devons tous coopérer positivement pour un travail commun.

Moustapha Nabil,Ecrivain,Al-Moussawar.

 




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