Al-Ahram Hebdo, Enquête | De l’utilité de Sokhna
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 Semaine du 20 au 29 décembre 2006, numéro 641

 

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Enquête

Port d'Alexandrie. Le premier port privé d’Egypte, inauguré en 2002, a inspiré les ports publics, mais aussi suscité de vives critiques. Visite guidée.

De l’utilité de Sokhna

Situé à 110 km du Caire, sur une superficie de 25 km2 le long de la mer Rouge, le port de Sokhna a été inauguré en 2002. A côté de ses quatre bassins, il y a plusieurs quais, dont la longueur atteint 2 km. Le canal entre le port et le golfe a été creusé à 17 m de profondeur. Longueur et profondeur qui permettent de recevoir les gros navires. Chacun des bassins a été conçu pour recevoir un genre de cargo bien particulier : un pour les produits chimiques, un autre pour les produits liquides, le troisième pour les produits agricoles et le quatrième pour les containers.

Contrairement aux deux ports publics qui ont subi une grande modernisation, Alexandrie et Damiette, les espaces verts et le luxe exagéré n’existent pas.

A l’entrée, on sent que c’est un port commercial du premier genre. Et ce, malgré l’existence de deux lignes qui accueillent les touristes, les lundi et jeudi.

De même, une génération de jeunes cadres qualifiés contrôlent tous les travaux, contrairement aux ports d’Alexandrie et Damiette. Pas d’adaptation difficile aux ordinateurs.

Un centre informatisé supervise les travaux du port et le mouvement des navires, un seul guichet évite aux commerçants la paperasse relative au passage des marchandises. De plus, l’on trouve un centre des services renfermant les agents de fret, les agents de transport, les services bancaires, aussi bien qu’un accès à Internet. « Le port de Sokhna a vraiment réussi à créer une zone logistique au vrai sens du terme. C’est-à-dire créer une zone industrielle où l’on peut transformer les marchandises qui arrivent pour ensuite les exporter », explique un expert économique à l’Académie de transport maritime.

Par ailleurs, on trouve, de l’autre côté des bassins, une récente zone industrielle qui ne regroupe jusqu’à présent que deux projets, un pour les animaux vivants et l’autre pour le raffinage du sucre. Un troisième projet pour les produits pétroliers sera inauguré en janvier 2007.

« Cette zone industrielle est une première dans les ports égyptiens. Elle nous permettra de transformer le port en un centre industriel, et non pas seulement une station de transit pour les marchandises », ajoute Mohamad Khalifa, président adjoint du conseil d’administration de l’entreprise Amiral, chargée de la gestion du port. En fait, le port est situé juste à côté de la zone industrielle du Golfe de Suez.

Le port de Sohkna fut l’objet de débats ardents lors de sa création. D’une part parce que selon plusieurs, il n’y avait pas besoin d’installer ce port à quelques km d’un autre port, Al-Adabiya, qui a ainsi été condamné à mort, et est fermé actuellement. D’autre part, l’opinion publique s’est opposée au fait que le gouvernement débourse la bagatelle de 620 millions de L.E. pour l’infrastructure du port pour finalement remettre sa gestion dans les mains du secteur privé. Plusieurs spécialistes ont également averti qu’il créerait une concurrence déloyale avec le troisième port du pays, qui se trouve également à quelques kilomètres du port de Sokhna.

Névine Kamel
Dahlia Réda

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