Stationnement.
Cinq ans après sa mise en vigueur, le nouveau système
informatisé appliqué aux principales avenues du centre-ville
n’a pas assuré une meilleure fluidité de la circulation.
Horodateurs : créneau raté
Le
gouvernorat du Caire tiendra une réunion samedi pour faire le
bilan du nouveau système de stationnement. « On tient à faire
réussir ce projet dont on veut étendre l’application à
d’autres quartiers du Caire comme Héliopolis et
Madinet Nasr
», affirme Moustapha
Alameddine, gouverneur adjoint du
Caire.
Réserver deux couloirs de part et d’autre de la chaussée au
stationnement, cela n’est point novateur. La nouveauté,
cependant, c’est ce système informatisé qui permet à
l’automobiliste doté d’une carte magnétique de se trouver un
créneau entre deux voitures au lieu de recourir à l’un de ces
fameux « ménadi » qui offrent de
s’occuper du véhicule pendant son absence. Ainsi, 1 050 places
de stationnement ont été créées le long des principales rues
du centre-ville, Qasr Al-Nil,
Abdel-Khaleq
Sarwat et Solimane Pacha.
Ce système qui dépend d’un investissement privé a été appliqué
en 2001 aux principales rues du centre-ville pour résoudre le
problème de stationnement anarchique qui, selon les
spécialistes, est à l’origine de 40 % des problèmes de la
circulation dans la capitale.
Cela dit, cinq ans après la mise en œuvre de ce système,
l’expérience a révélé de nombreux problèmes d’ordre technique
et financier. « Les appareils sont en panne et les cartes
magnétiques ne sont pas disponibles la plupart du temps.
Conséquence : de longs fils de véhicules qui attendent leur
tour pour garer ou qui cherchent des appareils qui
fonctionnent. C’est un vrai bazar », raconte
Hani Naguib,
fonctionnaire. Selon lui, « il faut y avoir des techniciens
sur place chargés de réparer tout appareil qui tombe en panne
».
La hausse des prix est un autre problème qui menace la
réussite de l’expérience. En fait, de 7h à 16h, le prix est
d’une livre l’heure ; de 80 piastres de 16h à 23h et ensuite
de 10 piastres dans les heures de la nuit. « Je travaille de 8
heures à 17 heures dans une agence de tourisme au
centre-ville. Pour bénéficier de ce système je dois payer 9
L.E. chaque jour. Dans ce cas, il
vaut mieux laisser la clé de ma voiture au
ménadi à qui je paye 50 piastres
pour toute une journée », lâche cet automobiliste désabusé.
Pour sa part, l’ingénieur Sayed
Ibrahim, PDG de l’entreprise qui gère le projet, essaie de se
justifier. Il accuse les gardiens de voiture de sabotage du
matériel pour « faire échouer le système et récupérer les
clients qu’ils avaient perdus ». Il ajoute : « Trois
ménadis se sont faits
arrêter par la police alors qu’ils
essayaient de bousiller les appareils après minuit ». Une
réduction des tarifs est également envisagée. « Le tarif de la
première heure de stationnement restera le même, mais on
considère une réduction de 20 piastres pour chaque heure
supplémentaire », affirme Ibrahim.
Marianne
Youssef