Diplomatie.
Dans le cadre d’une tournée régionale, le premier ministre
britannique, Tony Blair, a effectué cette semaine une visite
en Egypte centrée sur le processus de paix dans la région et
la situation en Iraq.
Londres veut l’appui du Caire
C’est
avec deux questions en tête que le premier ministre
britannique est venu au Proche-Orient. Comment relancer le
processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, et surtout
comment sortir l’Iraq du cercle infernal de la violence ? Dans
ce contexte, Le Caire paraissait comme une étape importante
dans le voyage du premier ministre britannique. Arrivé le 16
décembre dans la capitale, Blair s’est entretenu avec le
président Hosni Moubarak et a également rencontré l’imam d’Al-Azhar,
la plus haute autorité de l’islam sunnite, cheikh Mohamad
Sayed Tantawi.
La visite du responsable britannique est intervenue alors que
les tensions se multiplient entre les deux factions
palestiniennes rivales : le Fatah et le Hamas. Tony Blair a
affiché d’emblée ses objectifs. Il s’agit premièrement de
soutenir le président palestinien Mahmoud Abbass dans sa
confrontation avec le Hamas. Abbass a décidé de convoquer des
élections anticipées, et le Hamas a affiché son refus d’une
telle mesure. « La décision de Mahmoud Abbass d’appeler à des
élections anticipées est un signe fort qui montre que le
président palestinien cherche un moyen de sortir de l’impasse
dans laquelle se trouve le processus de paix », a déclaré
Blair au Caire, affirmant que « c’est le moment pour la
communauté internationale d’être derrière Abbass, de l’aider à
construire son Autorité et sa capacité à apporter des
améliorations dans les conditions de vie du peuple
palestinien, mais aussi dans les progrès que nous voulons tous
voir dans la résolution de la question israélo-palestinienne.
Si le président élu du peuple palestinien est prêt à prendre
les devants dans cette situation, nous devrions le soutenir
pour amener la seule solution juste ».
La Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont inquiets des
évolutions au Proche-Orient, notamment de la recrudescence
sans précédent de la violence en Iraq. La Maison Blanche
étudie actuellement la possibilité de réviser la stratégie
américaine dans ce pays. La commission Baker, dirigée par
l’ancien secrétaire d’Etat et formée à cet effet, a estimé
qu’il était impossible de séparer l’Iraq du reste du
Proche-Orient, affirmant qu’une solution globale du conflit
israélo-palestinien permettrait de mieux négocier les
problèmes en Iraq. D’où cette visite de Blair, venu pour
tenter de donner un coup de fouet au processus de paix. Et
c’est là qu’une fois de plus apparaît le rôle de l’Egypte qui
agit comme modérateur dans la région. Le Caire est en contact
avec toutes les parties impliquées dans le processus de paix,
y compris le Hamas. L’Egypte a une très grande influence sur
les Palestiniens et entretient d’excellentes relations avec
les Jordaniens. Actuellement, Le Caire poursuit ses contacts
avec l’Autorité palestinienne et les factions pour tenter de
former un gouvernement d’union nationale. La même chose peut
être dite de l’Iraq. Le Caire possède des relations avec
toutes les parties iraqiennes et peut contribuer à
l’apaisement de la tension dans ce pays. La spirale infernale
de la violence en Iraq a placé Tony Blair en difficulté. Son
image politique risque, en effet, de se détériorer. Le premier
ministre britannique, en se rendant cette semaine au Caire, a
voulu que le gouvernement égyptien soutienne le gouvernement
iraqien de Nouri Al-Maliki pour que ce dernier ne tombe pas.
Le responsable britannique a affirmé que « la Grande-Bretagne
soutiendra le gouvernement et le peuple iraqiens pour
s’assurer que la démocratie à Bagdad ne sera pas démolie par
le terrorisme » .
Chérif
Ahmed