Al-Ahram Hebdo,Monde | Pyongyang pose ses conditions
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 Semaine du 20 au 29 décembre 2006, numéro 641

 

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Corée du Nord . Le régime de Kim-Jong Il entame la nouvelle série de pourparlers à six en position de force, déclarant que son programme nucléaire se poursuivra tant que les Etats-Unis et l’Onu ne lèveront pas leurs sanctions.

Pyongyang pose ses conditions

Après plus d’un an de suspension due au boycottage par Pyongyang, les pourparlers à six sur le programme nucléaire de la Corée du Nord ont repris, lundi, à la Résidence des hôtes distingués (Diaoyutai), dans l’ouest de Pékin. Autour de la table, la Chine, les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Japon et la Russie ont un objectif commun : reprendre le contrôle sur l’indomptable Corée du Nord, dont les activités nucléaires déstabilisent toute la région Asie-Pacifique. Quitte à céder à son chantage et à lui accorder les faveurs économiques qu’elle quémande.

Pyongyang a fait exploser sa première bombe atomique le 9 octobre dernier, s’invitant dans le club très fermé des puissances nucléaires. Résultat, la Corée du Nord a entamé les pourparlers en position de force, donnant le ton dès la première séance de discussions.

Le délégué nord-coréen, Kim Kye-gwan, s’est montré gourmand. Il a fait savoir qu’il exigerait la levée de toutes les sanctions économiques et financières pesant sur son pays. Non seulement celles des Etats-Unis, mais aussi celles de l’Onu, dictées dans la résolution censée punir l’essai du 9 octobre. Jusqu’ici, Pyongyang s’était contenté de fustiger les sanctions américaines appliquées depuis 2005 à une banque nord-coréenne, Banco Delta Asia (BDA), accusée de renflouer les caisses du programme nucléaire gouvernemental.

Lors des dernières séances de discussions, en septembre 2005, les six pays avaient fini par signer une déclaration commune. Washington y reconnaissait le droit de la Corée du Nord à se doter d’une industrie nucléaire civile. Echange de bons procédés, Kim-Jong Il s’engageait à renoncer à son programme nucléaire militaire et à rejoindre les rangs du Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), dont il avait claqué la porte en 2003. Mais les bonnes intentions mutuelles s’étaient évanouies deux mois après, quand les autorités de Macao avaient gelé environ 24 millions de dollars détenus dans des comptes nord-coréens de Banco Delta Asia, sous la pression de Washington. Furieux, Kim-Jong Il avait riposté en boycottant les pourparlers jusqu’à leur reprise cette semaine.

Aucune enquête internationale n’est venue confirmer la culpabilité de la BDA, mais le Financial Times a affirmé, lundi, que des « dizaines, voire des centaines » de millions de dollars ont transité l’an dernier sur des comptes détenus par la Corée du Nord à cette banque. Des documents bancaires obtenus par le journal britannique montrent que le rôle de la BDA dans les transactions financières effectuées par Pyongyang est bien plus important que ce qu’il était envisagé jusqu’à présent.

Dès son arrivée, dimanche, dans la capitale chinoise, le négociateur américain, Christopher Hill, a exhorté la Corée du Nord à « faire la preuve de son engagement en matière de dénucléarisation ». La veille, le délégué nord-coréen s’était montré réservé sur l’issue de cette nouvelle session de pourparlers. « Je ne suis pas optimiste car les Etats-Unis ne changent pas de position », a-t-il averti, dénonçant la politique « hostile » de Washington.

Camille Sayart

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