Gabon .
Les législatives de dimanche dernier devraient redonner une
majorité écrasante au parti du président Omar Bongo Ondimba.
Morne scrutin
Alors que le président de la République a appelé à voter dans
le calme et la dignité, le scrutin, devant déboucher sur la
11e législature de l’histoire du Gabon indépendant, a été
entaché d’irrégularités, au regard des dénonciations de
l’opposition et même de certains partis de la majorité. Le
scrutin, qui se tient pour la première fois en un tour, met en
lice 877 candidats pour les 120 sièges à pourvoir. Ces
candidats de tous bords se lancent dans la bataille qui était
jusque-là exclusivement réservée à des candidats désignés par
leurs formations politiques après un congrès. Pour ces
élections législatives, ce sont des candidats jeunes,
notamment des indépendants qui se lancent dans la course.
Plusieurs leaders de partis très discrets de la scène
politique nationale vont à la conquête d’un siège de député
après avoir boycotté les deux précédentes élections
législatives pour cause d’absence de transparence électorale.
L’opposition comme la majorité sont parties divisées,
notamment au Rassemblement Pour le Gabon (RPG-majorité) et au
Parti Gabonais du Progrès (PGP-opposition) dont une crise de
légitimité a débouché sur un bicéphalisme au sein de la
structure dirigeante de cette formation politique. Le
président de la République a une fois attiré l’attention des
membres du gouvernement sur la nécessité pour eux « de
sauvegarder et de consolider la solidarité et la cohésion
gouvernementales ». Plusieurs candidats issus du même camp
s’affronteront dans le même arrondissement. Le Parti
Démocratique Gabonais (PDG-au pouvoir) qui souhaite obtenir la
majorité à l’Assemblée nationale, a présenté un candidat dans
chacun des circonscriptions à travers le pays, Ainsi, il
défiera le Rassemblement Pour le Gabon (RPG) de Paul Mba
Abessole dans plus de la moitié des circonscriptions.
En effet, la majorité, composée d’une quarantaine de
formations politiques, était unie autour du président Bongo
Ondimba lors de la dernière présidentielle. Mais l’opposition,
également en rangs dispersés, remet en question la fiabilité
des listes électorales et des cartes d’électeurs. Elle n’a
cessé au long de la campagne électorale de dénoncer les achats
d’électeurs, les intimidations, les diverses tentatives de
corruption des candidats et le trafic d’influence. En effet,
le président gabonais Ondimba a exigé la semaine dernière que
les candidats aux élections législatives cessent de faire des
dons aux électeurs, une pratique très répandue qu’il a jugée «
contraire au respect des principes démocratiques ». Le Parti
Démocratique Gabonais (PDG), au pouvoir depuis plusieurs
décennies, recherche une majorité à l’Assemblée nationale pour
diriger le pays. « J’ai besoin d’une majorité à l’Assemblée
nationale pour mettre en œuvre le projet de société, mon
projet, Les Actes pour le Gabon. Vous êtes maîtres de
vous-mêmes, faites le bon choix. Donnez-moi des outils pour
travailler », a déclaré le président gabonais.
Maha Salem