Somalie .
Les tribunaux islamiques s’annoncent prêts au dialogue avec le
gouvernement de transition et avec l’Ethiopie pour sortir le
pays de la crise.
Porte ouverte au dialogue
Après
des mois de crises et de tension régionale, une lueur d’espoir
semble se dessiner en Somalie. Les tribunaux semblent en effet
être prêts à entamer un dialogue avec l’Ethiopie voisine afin
d’éviter une guerre contre le gouvernement transitoire
somalien soutenu par Addis-Abeba. Avec la perspective d’un
conflit que beaucoup redoutent qu’il n’embrase la région
entière de la Corne de l’Afrique, un haut responsable somalien
a déclaré que son mouvement était prêt au « dialogue » avec
l’Ethiopie, dont des troupes assument la protection du
gouvernement somalien. Aucune réaction n’a été publiée par les
Ethiopiens qui, avec les Etats-Unis, accusent les islamistes
d’entretenir des liens avec Al-Qaëda et de vouloir fomenter
des violences au sein de la minorité musulmane éthiopienne.
Cette annonce intervient à la suite de négociations à Aden
(Yémen) entre le chef des tribunaux islamiques somaliens, le
cheikh Sharif Sheikh Ahmed, et le président du Parlement de
transition, Sharif Hassan Sheikh Aden, des négociations qui
ont duré trois jours sous les auspices du président yéménite,
Ali Abdallah Saleh. Dans un communiqué conjoint, les deux
chefs ont affirmé qu’ils voulaient parvenir à un règlement
pacifique de la crise menaçant la Somalie de nouvelles
violences, rappelant « l’attachement des tribunaux islamiques
au dialogue avec le gouvernement fédéral de transition, comme
moyen de régler les divergences ». Les deux hommes sont
également convenus de « cesser toute activité susceptible de
conduire à des confrontations militaires de la part d’une
quelconque partie » et se sont « engagés à respecter tous les
accords signés entre le gouvernement fédéral de transition et
le chef des tribunaux islamiques et à rejeter l’ingérence d’un
quelconque pays de la région ou autre dans les affaires
intérieures de la Somalie », selon le texte, et ce tout en
respectant « les frontières entre la Somalie et les pays
voisins ».
Scepticisme
Malgré ces déclarations de bonne volonté, les moyens à même
d’écarter une guerre n’ont pas été révélés. Pour les
islamistes, tout doit commencer par un retrait des forces
éthiopiennes, faute de quoi il n’y aurait pas de place pour
les pourparlers. Auparavant, les islamistes ont appelé
plusieurs fois au djihad contre l’Ethiopie qu’ils accusent
d’avoir engagé son armée en Somalie pour défendre le
gouvernement de transition. Addis-Abeba dément et reconnaît
seulement l’envoi d’instructeurs militaires.
D’autre part, quelques jours avant l’annonce des tribunaux
islamistes, le premier ministre somalien, Ali Mohamed Gedi,
avait accusé les tribunaux islamiques de vouloir attaquer la
ville de Baïdoa, siège des institutions de transition
somaliennes (au nord de Mogadiscio), avant le déploiement
d’une force de paix à laquelle l’Onu a récemment donné son feu
vert. Sur le terrain en effet, les islamistes, qui contrôlent
la majorité du centre et du sud de la Somalie, ont étendu ces
derniers jours leur emprise militaire autour de la ville de
Baïdoa.
Maha Salem