Al-Ahram Hebdo, Afrique | Porte ouverte au dialogue
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 Semaine du 20 au 29 décembre 2006, numéro 641

 

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Afrique

Somalie . Les tribunaux islamiques s’annoncent prêts au dialogue avec le gouvernement de transition et avec l’Ethiopie pour sortir le pays de la crise.

Porte ouverte au dialogue

Après des mois de crises et de tension régionale, une lueur d’espoir semble se dessiner en Somalie. Les tribunaux semblent en effet être prêts à entamer un dialogue avec l’Ethiopie voisine afin d’éviter une guerre contre le gouvernement transitoire somalien soutenu par Addis-Abeba. Avec la perspective d’un conflit que beaucoup redoutent qu’il n’embrase la région entière de la Corne de l’Afrique, un haut responsable somalien a déclaré que son mouvement était prêt au « dialogue » avec l’Ethiopie, dont des troupes assument la protection du gouvernement somalien. Aucune réaction n’a été publiée par les Ethiopiens qui, avec les Etats-Unis, accusent les islamistes d’entretenir des liens avec Al-Qaëda et de vouloir fomenter des violences au sein de la minorité musulmane éthiopienne.

Cette annonce intervient à la suite de négociations à Aden (Yémen) entre le chef des tribunaux islamiques somaliens, le cheikh Sharif Sheikh Ahmed, et le président du Parlement de transition, Sharif Hassan Sheikh Aden, des négociations qui ont duré trois jours sous les auspices du président yéménite, Ali Abdallah Saleh. Dans un communiqué conjoint, les deux chefs ont affirmé qu’ils voulaient parvenir à un règlement pacifique de la crise menaçant la Somalie de nouvelles violences, rappelant « l’attachement des tribunaux islamiques au dialogue avec le gouvernement fédéral de transition, comme moyen de régler les divergences ». Les deux hommes sont également convenus de « cesser toute activité susceptible de conduire à des confrontations militaires de la part d’une quelconque partie » et se sont « engagés à respecter tous les accords signés entre le gouvernement fédéral de transition et le chef des tribunaux islamiques et à rejeter l’ingérence d’un quelconque pays de la région ou autre dans les affaires intérieures de la Somalie », selon le texte, et ce tout en respectant « les frontières entre la Somalie et les pays voisins ».

Scepticisme

Malgré ces déclarations de bonne volonté, les moyens à même d’écarter une guerre n’ont pas été révélés. Pour les islamistes, tout doit commencer par un retrait des forces éthiopiennes, faute de quoi il n’y aurait pas de place pour les pourparlers. Auparavant, les islamistes ont appelé plusieurs fois au djihad contre l’Ethiopie qu’ils accusent d’avoir engagé son armée en Somalie pour défendre le gouvernement de transition. Addis-Abeba dément et reconnaît seulement l’envoi d’instructeurs militaires.

D’autre part, quelques jours avant l’annonce des tribunaux islamistes, le premier ministre somalien, Ali Mohamed Gedi, avait accusé les tribunaux islamiques de vouloir attaquer la ville de Baïdoa, siège des institutions de transition somaliennes (au nord de Mogadiscio), avant le déploiement d’une force de paix à laquelle l’Onu a récemment donné son feu vert. Sur le terrain en effet, les islamistes, qui contrôlent la majorité du centre et du sud de la Somalie, ont étendu ces derniers jours leur emprise militaire autour de la ville de Baïdoa.

Maha Salem

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