Egyptologie.
Alors que paraît un excellent deuxième numéro de son bulletin,
le Musée du Caire rend hommage à son ancien directeur, Mohamad
Saleh.
Coup double à l’Antickhana
Double
événement dans le domaine de l’égyptologie : un hommage rendu
à Mohamad Saleh, ancien directeur du Musée du Caire pour sa
contribution au progrès et au développement de cette
institution et la parution du deuxième numéro du magazine du
Musée Bulletin of the Egyptian Museum, qui compte de très
intéressantes recherches rédigées par des égyptologues
égyptiens et étrangers. Les deux occasions sont liées l’une à
l’autre, puisque Mohamad Saleh a été la cheville ouvrière de
cette publication qui vient meubler un vide important dans ce
domaine : celui du rapport entre la science archéologique, la
vie du musée et les amateurs et visiteurs d’un musée en pleine
mutation.
C’est un vrai
journal de référence publiant des recherches de spécialistes
sur toutes les périodes et les aspects de l’art de l’Egypte
ancienne, sur les pièces et sur les collections du musée et la
muséologie. Les articles sont rédigés en anglais, allemand,
français, italien et plus rarement en arabe. Ce sont de très
grands noms qui ont signé les articles : Rainer Staldemann,
Hourig Sourouziane, Christine Ziegler, Zahi Hawas, Jack A.
Josephson, pour n’en citer que quelques-uns. Bien qu’il
s’agisse de textes dont les auteurs sont des spécialistes, il
n’en est pas moins qu’ils sont à la portée des amateurs.
Cynthia May Sheikholeslami, professeure à l’Université
américaine du Caire (AUC), consacre un article à Saleh auquel
elle a rendu hommage avec bien d’autres lors de la cérémonie
(Lire encadré).
Difficile de
passer en revue tous les articles. Certains attirent
l’attention en raison de l’actualité, à l’exemple de celui de
Abdel-Rahmane Al-Ayedi, « Gaza dans les annales de l’Egypte
ancienne ». La première mention de ce territoire, aujourd’hui
soumis à une violence extrême, date de Thoutmosis III de la
XVIIIe dynastie, c’est-à-dire le Nouvel Empire. On sait que ce
pharaon a été surnommé le Napoléon Bonaparte de l’Antiquité.
Gaza figure sur les murs du temple de Karnak notamment dans
une inscription qui date de la fin du règne du conquérant. Le
nom pharaonique de ce relais principal sur la route vers la
Palestine est Ga-Da-Ti, le G représentant un gheine en arabe.
Dans la correspondance de Amarna, la plus ancienne
correspondance diplomatique du monde, cette ville est
cependant appelée Azzatu ou Hazzatu. La conclusion. Pour tous
les savants, Gaza représentait, sans le moindre doute, la
frontière entre l’Egypte d’une part, la Syrie et la Palestine,
d’autre part. Instructif à l’heure où l’on est.
Christine
Ziegler, de la mission archéologique du Louvre, elle, présente
un « Pectoral avec des souhaits pour le nouvel an ». « Lors de
la campagne archéologique menée à Saqqara en avril 2004, le
premier jour de nos fouilles, nous avons découvert un
pendentif dont le décor et les inscriptions présentent un
grand intérêt du fait de leur originalité. C’est aussi un très
bel objet d’art, digne d’être exposé dans un musée. Aussi,
suis-je heureuse de dédier son étude et les vœux de prospérité
qu’il véhicule, au Dr Mohamad Saleh dont nous saluons toutes
les éminentes qualités scientifiques, en particulier celles
qu’il a manifestées à la tête du Musée du Caire ». Au-delà de
l’hommage, c’est cette formule qui intéresse : « C’est un
exemplaire magnifique et d’un type jusque-là inconnu, des
objets (...) destinés à protéger chaque individu des dangers
liés au passage d’une année à l’autre ».
Enfin, la
couverture est consacrée à l’article de Stadelmann, des
statues en cuivre de Pepi Ier de la VIe dynastie au Musée.
L’une des plus prégnantes ou même troublantes, par
l’expression du regard et par l’originalité de la
représentation du corps humain ...
Un ouvrage à
lire, qui permet de mieux connaître l’Histoire égyptienne,
mais aussi de mieux visiter l’un des plus grands musées de ces
dernières années. Il sera remplacé, dans quelques années, par
le nouveau sur l’autoroute du Fayoum, mais sera maintenu en
tant que centre d’études et de présentation des œuvres.
L’Antickhana
sera maintenue.
Ahmed
Loutfi