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 Semaine du 13 au 19 décembre 2006, numéro 640

 

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Egyptologie. Alors que paraît un excellent deuxième numéro de son bulletin, le Musée du Caire rend hommage à son ancien directeur, Mohamad Saleh. 

Coup double à l’Antickhana 

Double événement dans le domaine de l’égyptologie : un hommage rendu à Mohamad Saleh, ancien directeur du Musée du Caire pour sa contribution au progrès et au développement de cette institution et la parution du deuxième numéro du magazine du Musée Bulletin of the Egyptian Museum, qui compte de très intéressantes recherches rédigées par des égyptologues égyptiens et étrangers. Les deux occasions sont liées l’une à l’autre, puisque Mohamad Saleh a été la cheville ouvrière de cette publication qui vient meubler un vide important dans ce domaine : celui du rapport entre la science archéologique, la vie du musée et les amateurs et visiteurs d’un musée en pleine mutation.

C’est un vrai journal de référence publiant des recherches de spécialistes sur toutes les périodes et les aspects de l’art de l’Egypte ancienne, sur les pièces et sur les collections du musée et la muséologie. Les articles sont rédigés en anglais, allemand, français, italien et plus rarement en arabe. Ce sont de très grands noms qui ont signé les articles : Rainer Staldemann, Hourig Sourouziane, Christine Ziegler, Zahi Hawas, Jack A. Josephson, pour n’en citer que quelques-uns. Bien qu’il s’agisse de textes dont les auteurs sont des spécialistes, il n’en est pas moins qu’ils sont à la portée des amateurs. Cynthia May Sheikholeslami, professeure à l’Université américaine du Caire (AUC), consacre un article à Saleh auquel elle a rendu hommage avec bien d’autres lors de la cérémonie (Lire encadré).

Difficile de passer en revue tous les articles. Certains attirent l’attention en raison de l’actualité, à l’exemple de celui de Abdel-Rahmane Al-Ayedi, « Gaza dans les annales de l’Egypte ancienne ». La première mention de ce territoire, aujourd’hui soumis à une violence extrême, date de Thoutmosis III de la XVIIIe dynastie, c’est-à-dire le Nouvel Empire. On sait que ce pharaon a été surnommé le Napoléon Bonaparte de l’Antiquité. Gaza figure sur les murs du temple de Karnak notamment dans une inscription qui date de la fin du règne du conquérant. Le nom pharaonique de ce relais principal sur la route vers la Palestine est Ga-Da-Ti, le G représentant un gheine en arabe. Dans la correspondance de Amarna, la plus ancienne correspondance diplomatique du monde, cette ville est cependant appelée Azzatu ou Hazzatu. La conclusion. Pour tous les savants, Gaza représentait, sans le moindre doute, la frontière entre l’Egypte d’une part, la Syrie et la Palestine, d’autre part. Instructif à l’heure où l’on est.

Christine Ziegler, de la mission archéologique du Louvre, elle, présente un « Pectoral avec des souhaits pour le nouvel an ». « Lors de la campagne archéologique menée à Saqqara en avril 2004, le premier jour de nos fouilles, nous avons découvert un pendentif dont le décor et les inscriptions présentent un grand intérêt du fait de leur originalité. C’est aussi un très bel objet d’art, digne d’être exposé dans un musée. Aussi, suis-je heureuse de dédier son étude et les vœux de prospérité qu’il véhicule, au Dr Mohamad Saleh dont nous saluons toutes les éminentes qualités scientifiques, en particulier celles qu’il a manifestées à la tête du Musée du Caire ». Au-delà de l’hommage, c’est cette formule qui intéresse : « C’est un exemplaire magnifique et d’un type jusque-là inconnu, des objets (...) destinés à protéger chaque individu des dangers liés au passage d’une année à l’autre ».

Enfin, la couverture est consacrée à l’article de Stadelmann, des statues en cuivre de Pepi Ier de la VIe dynastie au Musée. L’une des plus prégnantes ou même troublantes, par l’expression du regard et par l’originalité de la représentation du corps humain ...

Un ouvrage à lire, qui permet de mieux connaître l’Histoire égyptienne, mais aussi de mieux visiter l’un des plus grands musées de ces dernières années. Il sera remplacé, dans quelques années, par le nouveau sur l’autoroute du Fayoum, mais sera maintenu en tant que centre d’études et de présentation des œuvres. L’Antickhana sera maintenue.

Ahmed Loutfi

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Saleh, « prince de l’Ancien Empire » 

L’expression est de Hourig Sourouzian, elle sied à Mohamad Saleh, dont la haute stature et le regard noble en font un pharaon. Plus que le physique, c’est aussi ce caractère fait d’amour et de respect et qui semble être une sorte de synthèse entre l’Egyptien moderne et l’antique. La preuve en serait aussi que Saleh a voulu appeler son fils Ahmosis, du nom du roi d’Egypte qui a libéré le pays de l’occupation hyksos et qui reste gravé dans la mémoire collective jusqu’à présent. Devant la réticence d’un cheikh jugeant sans doute le nom bien à l’écart des traditions actuelles, il a choisi comme prénom le plus proche de cette forme pharaonique : Hossam. Les histoires ne manquent pas quand il s’agit d’évoquer cet égyptologue. Cynthiaz Cheikolislami, elle, lui a dédié un poème qu’elle a composé à l’imitation des textes laissés par les Anciens Egyptiens sur leurs tombes et où ils font état de leurs actes, toujours dans le respect de la morale et du bien.

Ensuite, elle a fait état de son parcours : naissance au Caire en 1939. A l’école secondaire il est déjà passionné par les pharaons et collectionne des cartes postales avec des images les représentant. Ensuite, ce sont les études universitaires, sa licence d’égyptologie en 1960, ses premières affectations en tant qu’inspecteur à Assouan, puis à Thèbes, la découverte de tombes de l’Ancien Empire dans un site connu pour ses monuments du Nouvel Empire, un doctorat en 1975 obtenu en Allemagne avant de consacrer la meilleure partie de sa carrière au musée du Caire, sans oublier l’enseignement qui est l’un de ses talents.

Il est connu pour avoir développé le musée, songeant toujours aux visiteurs. Zahi Hawas, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), rappelle qu’il a abaissé certaines vitrines pour permettre aux enfants d’en regarder le contenu. Avec une série d’expositions organisées en Egypte et à l’étranger et d’ouvrages de valeur, l’on n’a qu’un bref aperçu d’un égyptologue de talent et d’un être humain fascinant, un vrai pharaon de retour parmi nous.

A. L.

 




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