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 Semaine du 13 au 19 décembre 2006, numéro 640

 

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Economie

Grève . Quelque 17 000 ouvriers, appartenant à l’entreprise publique de textile Ghazl Al-Mahalla, ont réussi à faire valoir leurs droits après 5 jours de sit-in.  

L’union fait la force 

Les ouvriers de Ghazl Al- Mahalla ont de quoi faire la fête après que le gouvernement s’est finalement plié à leurs revendications. La leçon est d’ailleurs à retenir pour ceux des autres entreprises. Les 25 000 ouvriers d’une des plus grandes entreprises de textile vont ainsi toucher une prime équivalente à deux mois de salaire, après cinq jours de grève, du 6 au 10 décembre, de sit-in et de manifestations.

La situation a éclaté quand l’administration de Ghazl Al-Mahalla, accusée par les ouvriers de corruption et gaspillage de fonds publics, a décidé de priver ces derniers de leur participation aux résultats annuels. Ce qui a déclenché une grève de 17 000 ouvriers. L’entreprise avait en réalité engrangé des profits à hauteur de 105 millions de L.E., sur l’exercice 2005/06, mais qui avaient été camouflés par les paiements des dettes et intérêts de  110 millions de L.E., faisant apparaître des pertes de 5 millions de L.E.

Un jour après le début de la grève, la ministre de la main-d’œuvre Aïcha Abdel-Hadi a fait une proposition, acceptée par l’administration et le président de la Holding du textile et du prêt-à-porter. Elle consistait à verser aux ouvriers une prime représentant 21 jours de salaires et à augmenter les primes. Mais les ouvriers ont refusé et ont organisé un sit-in regroupant près de 20 000 d’entre eux. 4 000 femmes ont même amené leurs enfants pour pouvoir passer la nuit sur le terrain de l’entreprise. Les déclarations de Abdel-Hadi promettant de résoudre le problème de l’endettement de l’ensemble du secteur public n’ont pas non plus dissipé la foule. L’endettement de ce secteur atteint 30 milliards de L.E., cumulé à travers les années, avec des intérêts vertigineux. Une somme trop énorme pour être remboursée en un an.

Les manifestations ont été également la réponse à cette promesse non crédible. Les ouvriers, qui n’appartiennent à aucune force politique, ont brandi des pancartes anti-privatisation et anti-corruption. Un des ouvriers explique que le président de l’entreprise, nommé il y a six mois, a fait recruter sa fille et ses proches dans l’entreprise, et a vendu à prix trop bas au secteur privé les équipements qui avaient juste besoin de maintenance.

Reste que c’est la première fois depuis 20 ans qu’autant d’ouvriers s’organisent pour faire valoir leurs droits avec succès. Face à cette détermination, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de céder.

Salma Hussein

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