Grève .
Quelque 17 000 ouvriers, appartenant à l’entreprise
publique de textile Ghazl
Al-Mahalla, ont réussi à faire
valoir leurs droits après 5 jours de sit-in.
L’union fait la force
Les ouvriers
de Ghazl Al-
Mahalla ont de quoi faire la fête après que le
gouvernement s’est finalement plié à leurs revendications. La
leçon est d’ailleurs à retenir pour ceux des autres
entreprises. Les 25 000 ouvriers d’une des plus grandes
entreprises de textile vont ainsi toucher une prime
équivalente à deux mois de salaire, après cinq jours de grève,
du 6 au 10 décembre, de sit-in et de manifestations.
La situation a
éclaté quand l’administration de Ghazl
Al-Mahalla, accusée par les
ouvriers de corruption et gaspillage de fonds publics, a
décidé de priver ces derniers de leur participation aux
résultats annuels. Ce qui a déclenché une grève de 17 000
ouvriers. L’entreprise avait en réalité engrangé des profits à
hauteur de 105 millions de L.E.,
sur l’exercice 2005/06, mais qui avaient été camouflés par les
paiements des dettes et intérêts de 110 millions de
L.E., faisant apparaître des
pertes de 5 millions de L.E.
Un jour après
le début de la grève, la ministre de la main-d’œuvre
Aïcha
Abdel-Hadi a fait une proposition, acceptée par
l’administration et le président de la Holding du textile et
du prêt-à-porter. Elle consistait à verser aux ouvriers une
prime représentant 21 jours de salaires et à augmenter les
primes. Mais les ouvriers ont refusé et ont organisé un sit-in
regroupant près de 20 000 d’entre eux. 4 000 femmes ont même
amené leurs enfants pour pouvoir passer la nuit sur le terrain
de l’entreprise. Les déclarations de
Abdel-Hadi promettant de résoudre le problème de
l’endettement de l’ensemble du secteur public n’ont pas non
plus dissipé la foule. L’endettement de ce secteur atteint 30
milliards de L.E., cumulé à
travers les années, avec des intérêts vertigineux. Une somme
trop énorme pour être remboursée en un an.
Les
manifestations ont été également la réponse à cette promesse
non crédible. Les ouvriers, qui n’appartiennent à aucune force
politique, ont brandi des pancartes anti-privatisation et
anti-corruption. Un des ouvriers explique que le président de
l’entreprise, nommé il y a six mois, a fait recruter sa fille
et ses proches dans l’entreprise, et a vendu à prix trop bas
au secteur privé les équipements qui avaient juste besoin de
maintenance.
Reste que
c’est la première fois depuis 20 ans qu’autant d’ouvriers
s’organisent pour faire valoir leurs droits avec succès. Face
à cette détermination, le gouvernement n’a eu d’autre choix
que de céder.
Salma
Hussein