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 Semaine du 13 au 19 décembre 2006, numéro 640

 

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Iran . Les six grandes puissances chargées du dossier nucléaire se sont entendues sur un nouveau projet de résolution contre la République islamique.

Consensus sur le mode de sanctions

Plus de trois mois après l’expiration de la date butoir — le 31 août — fixée à l’Iran par la résolution 1696 du Conseil de sécurité pour suspendre son enrichissement d’uranium sous peine de sanctions, les six pays chargés du dossier nucléaire iranien (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) se sont engagés, lundi dernier, dans une nouvelle série de discussions à l’Onu sur un projet de résolution visant à sanctionner l’Iran pour son refus de suspendre son enrichissement d’uranium. Ce nouveau projet, dont les promoteurs espèrent l’adoption avant Noël, semble avoir enfin l’aval de Moscou. « Nous voulons un vote avant la fin de l’année, de préférence avant Noël », a déclaré un diplomate occidental. Le nouveau texte, très technique, prévoit toujours des sanctions économiques et commerciales contre l’Iran dans les domaines liés aux activités d’enrichissement, de retraitement et celles liées aux réacteurs à eau lourde ou au développement de systèmes de lancement d’armes nucléaires. Le texte prévoit également toujours des sanctions individuelles — interdiction de voyager et gel des avoirs financiers à l’étranger — contre des Iraniens, personnes physiques ou morales, associés à ces activités. Une liste de douze personnes et de onze entités ciblées est annexée à la résolution. Il s’agit de « responsables opérationnels » des programmes nucléaires ou balistiques iraniens, selon un diplomate. Les entités sont des entreprises impliquées dans ces programmes.

A la demande de Moscou, le nouveau texte fait une concession en ne mentionnant plus la centrale nucléaire civile iranienne de Bouchehr, à laquelle la Russie coopère. « Ce texte ne s’applique pas, pourtant, à la centrale de Bouchehr. Il contient également des changements sur la base des propositions russes, qui tiennent compte de la nécessité de pousser l’Iran à s’asseoir à la table des négociations et des tendances qui inquiètent l’Agence Internationale de l’Energie Atomique », s’est félicité lundi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, tout en saluant cette nouvelle version du projet qui tient compte des « propositions russes ».  Toujours pour satisfaire à Moscou et à Pékin, les Six ont demandé, lundi, au directeur de l’AIEA, Mohamad Al-Baradei, d’élaborer un rapport, dans les 60 jours à venir, sur la façon dont l’Iran se sera conformé à la résolution. En cas de rapport positif, il prévoit la levée des sanctions. Dans le cas contraire, il prévoit l’adoption de « mesures supplémentaires » à caractère économique et commercial.

 

Rice « optimiste »

Jugeant cette réunion comme un pas positif sur la voie des sanctions, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, s’est déclarée, lundi, « optimiste » sur l’adoption prochaine d’un projet de résolution à l’Onu, sanctionnant l’Iran pour son programme nucléaire. « Ce n’est pas le projet de résolution que nous aurions rédigé, mais c’est ça, des négociations », a déclaré la chef de la diplomatie américaine en référence au texte visant à sanctionner l’Iran pour son refus de suspendre l’enrichissement d’uranium, présenté lundi au Conseil de sécurité de l’Onu par la France et la Grande-Bretagne. « C’est une bonne résolution. C’est une première résolution. Elle est basée sur le Chapitre VII, ce qui, pour moi, est le principal », a ajouté Mme Rice, en référence à cet article de la Charte des Nations-Unies qui donne au Conseil de sécurité de larges pouvoirs d’action, y compris militaires, pour traiter les menaces pour la paix, les infractions à la paix, ou les actes d’agression.

« Les Occidentaux ont réussi enfin à se rencontrer à mi-chemin. Aussi, une résolution concernant des sanctions contre Téhéran pourrait- elle vraiment être adoptée avant Noël. Mais, ce ne seraient plus des sanctions sévères comme le désiraient les Etats-Unis, car la Russie et la Chine ont réussi à obtenir certaines concessions de la part des Européens, afin de ne pas porter atteinte grave à leurs intérêts en Iran », estime le Dr Hicham Ahmad, analyste politique.

Toujours contre vents et marées, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a prévenu, quelques heures avant la réunion des Six, que son pays « riposterait à toute sanction internationale qui lui serait infligée à cause de son programme nucléaire ». « Compte tenu de votre insistance à affronter la nation iranienne, nous considérons un tel geste comme un acte hostile et nous y riposterons », a dit M. Ahmadinejad, menaçant que l’Iran révisera son degré de coopération avec l’AIEA s’il est soumis à des sanctions en raison de son programme nucléaire. Cette intransigeance iranienne sème pourtant le doute dans le cœur de certains diplomates qui restent toujours prudents sur les chances d’aboutir, bientôt, à une solution radicale à ce dossier épineux qui piétine depuis de longs mois.

Maha Al-Cherbini

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