Al-Ahram Hebdo,Arts |  A l’assaut des pirates
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 Semaine du 13 au 19 décembre 2006, numéro 640

 

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Arts

Festival international du film du Caire. Une rencontre sur le piratage de films a été organisée dans le cadre de la dernière édition du Festival international du film du Caire. Les spécialistes s’alarment.

 A l’assaut des pirates 

Devant le problème grandissant du piratage de films, les professionnels du cinéma se sont réunis, la semaine dernière, pour étudier le cas de l’Egypte et du Moyen-Orient de manière plus générale. Ils ont esquissé également les grandes lignes d’une charte, calquée sur le modèle européen.

L’Egypte apparaît dans le quatuor de tête des pays où le phénomène est endémique, après la Chine, la France, la Russie et l’Angleterre. Pour ce, l’Organisme de la censure égyptienne s’est lancé récemment dans des mesures tous azimuts afin de traquer les faux DVD et les téléchargements sur Internet.

Le premier volet abordé durant le colloque a été celui des mesures répressives contre le piratage, notamment que l’on opère via Internet. Trois mesures progressives ont été votées. « D’abord, il faut préciser les moyens de piratage et les pertes qui en résultent, et ensuite, décider des pénalités financières et juridiques nécessaires pour y faire face », rapporte Mounib Al-Chaféï, président de la Chambre égyptienne du cinéma.

Apparemment, c’est surtout Internet qui est en question. Car il permet de se procurer de nouveaux films peu de temps après leur sortie et attire, par conséquent, beaucoup de jeunes gens, vu que depuis 1995, le prix du billet de cinéma a presque quadruplé !

Au cours de la rencontre, des spécialistes ont mentionné que durant l’année 2005, les dégâts provoqués en Egypte par le piratage avoisinaient les 50 millions de L.E. Certains d’entre eux ont même comparé ce chiffre aux statistiques propres au champ musical, qui a connu les mêmes déboires ces dernières années. « Il va sans dire que le monde du cinéma commence à s’inquiéter de plus en plus de la montée du piratage soit à travers les DVD ou le réseau Internet », a souligné le producteur brésilien Flavio Tambellini, représentant du cinéma latino dans le colloque. « Jusque-là retardé par rapport à la musique par la lenteur des connexions Internet, le piratage des films connaît une croissance importante. Le remède pourrait venir de la vidéo à la demande, mais surtout d’une refonte totale du marché », ajoute-t-il.

Le second volet abordé a été celui de la vidéo à la demande. Il s’agit de la seule véritable solution anti-piratage qui pourrait éventuellement convaincre à terme les internautes de déconnecter leur logiciel au profit du paiement de quelques livres égyptiennes pour accéder aux films proposés par les services légaux.

En Egypte comme partout dans le monde, la récente polémique sur la loi relative aux droits d’auteur face aux téléchargements gratuits a commencé à faire couler beaucoup d’encre, depuis 2005. Même parmi les artistes, le débat ne fait pas l’unanimité. Parviendra-t-il aux instances parlementaires ?

« L’Etat doit jouer un rôle plus efficace et plus concret quant à la protection du cinéma », s’insurge Al-Sayed Radi, président de l’Union égyptienne des syndicats artistiques, ajoutant : « Il est évident qu’Israël ne cesse de pirater nos films, pour les faire sortir souvent déformés sur des DVD ou bien pour les diffuser gratuitement sur ses chaînes satellites. Cela nécessite des précautions et une défense technique assez rigoureuse ».

Au bout de cinq heures de délibérations, les cinéastes ont recommandé la création d’une entité judiciaire responsable de la sauvegarde des droits de la créativité artistique. De même, ils ont incité les ambassades égyptiennes à l’étranger, les syndicats artistiques et la Chambre du cinéma à jouer un rôle efficace quant à la protection des films nationaux.

Yasser Moheb

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