Festival international du film du Caire.
Une rencontre sur le piratage de films a été organisée dans le
cadre de la dernière édition du Festival international du film
du Caire. Les spécialistes s’alarment.
A
l’assaut des pirates
Devant
le problème grandissant du piratage de films, les
professionnels du cinéma se sont réunis, la semaine dernière,
pour étudier le cas de l’Egypte et du Moyen-Orient de manière
plus générale. Ils ont esquissé également les grandes lignes
d’une charte, calquée sur le modèle européen.
L’Egypte
apparaît dans le quatuor de tête des pays où le phénomène est
endémique, après la Chine, la France, la Russie et
l’Angleterre. Pour ce, l’Organisme de la censure égyptienne
s’est lancé récemment dans des mesures tous azimuts afin de
traquer les faux DVD et les téléchargements sur Internet.
Le premier
volet abordé durant le colloque a été celui des mesures
répressives contre le piratage, notamment que l’on opère via
Internet. Trois mesures progressives ont été votées. «
D’abord, il faut préciser les moyens de piratage et les pertes
qui en résultent, et ensuite, décider des pénalités
financières et juridiques nécessaires pour y faire face »,
rapporte Mounib Al-Chaféï, président de la Chambre égyptienne
du cinéma.
Apparemment,
c’est surtout Internet qui est en question. Car il permet de
se procurer de nouveaux films peu de temps après leur sortie
et attire, par conséquent, beaucoup de jeunes gens, vu que
depuis 1995, le prix du billet de cinéma a presque quadruplé !
Au cours de la
rencontre, des spécialistes ont mentionné que durant l’année
2005, les dégâts provoqués en Egypte par le piratage
avoisinaient les 50 millions de L.E. Certains d’entre eux ont
même comparé ce chiffre aux statistiques propres au champ
musical, qui a connu les mêmes déboires
ces dernières années. « Il va sans dire que le monde du cinéma
commence à s’inquiéter de plus en plus de la montée du
piratage soit à travers les DVD ou le réseau Internet », a
souligné le producteur brésilien Flavio Tambellini,
représentant du cinéma latino dans le colloque. « Jusque-là
retardé par rapport à la musique par la lenteur des connexions
Internet, le piratage des films connaît une croissance
importante. Le remède pourrait venir de la vidéo à la demande,
mais surtout d’une refonte totale du marché », ajoute-t-il.
Le second
volet abordé a été celui de la vidéo à la demande. Il s’agit
de la seule véritable solution anti-piratage qui pourrait
éventuellement convaincre à terme les internautes de
déconnecter leur logiciel au profit du paiement de quelques
livres égyptiennes pour accéder aux films proposés par les
services légaux.
En Egypte
comme partout dans le monde, la récente polémique sur la loi
relative aux droits d’auteur face aux téléchargements gratuits
a commencé à faire couler beaucoup d’encre, depuis 2005. Même
parmi les artistes, le débat ne fait pas l’unanimité.
Parviendra-t-il aux instances parlementaires ?
« L’Etat doit
jouer un rôle plus efficace et plus concret quant à la
protection du cinéma », s’insurge Al-Sayed Radi, président de
l’Union égyptienne des syndicats artistiques, ajoutant : « Il
est évident qu’Israël ne cesse de pirater nos films, pour les
faire sortir souvent déformés sur des DVD ou bien pour les
diffuser gratuitement sur ses chaînes satellites. Cela
nécessite des précautions et une défense technique assez
rigoureuse ».
Au bout de
cinq heures de délibérations, les cinéastes ont recommandé la
création d’une entité judiciaire responsable de la sauvegarde
des droits de la créativité artistique. De même, ils ont
incité les ambassades égyptiennes à l’étranger, les syndicats
artistiques et la Chambre du cinéma à jouer un rôle efficace
quant à la protection des films nationaux.
Yasser
Moheb