Pentathlon moderne . Médaillée de bronze en individuel des Championnats du monde qui se sont achevés le 22 novembre au Guatemala, Omniya Fakhri a remporté la première distinction africaine dans cette discipline. Entretien.

« Une empreinte dans l’histoire sportive de l’Egypte »

Al-Ahram Hebdo : Que représente pour vous la première médaille mondiale que vous venez de remporter pour l’Egypte et l’Afrique ?

Omniya Fakhri : Après avoir décroché la médaille de bronze, Ahmad Nasser, le président de la Fédération égyptienne, m’a dit : tu as marqué de ton empreinte l’histoire sportive de ton pays. Ses paroles résument l’importance de cette médaille et la signification de la première médaille africaine obtenue aux Mondiaux de pentathlon moderne. Elles resteront gravées dans ma mémoire. L’année dernière, le Chinois Zhenhua Qian a remporté la médaille d’or aux Championnats du monde 2005, il était le premier du continent asiatique à remporter une médaille aux Mondiaux. Cette année, c’était mon tour. Mais j’ai déjà réalisé plusieurs premières. En 2000, j’ai décroché la première médaille d’argent de l’Egypte aux Championnats du monde des moins de 18 ans. Puis en 2002, j’ai remporté une autre médaille d’argent aux Championnats du monde des moins de 21 ans à Sydney (Australie), la première pour l’Egypte dans cette catégorie d’âge. La même année, j’ai obtenu la médaille d’argent en Coupe du monde de Hongrie, qui était encore la première de mon pays en seniors.

— Décrivez-nous votre parcours lors de ces Mondiaux...

— J’ai commencé la journée de la finale en toute confiance. Après la première épreuve de tir, j’étais première au classement. Puis en escrime, je me suis distinguée par ma vitesse et mon expérience, conservant toujours la première place. Après avoir disputé la natation, mon classement a baissé à la 3e place. Puis grâce à l’équitation, j’ai récupéré la première place pour terminer la compétition à la 3e place, après la course à pied. Aujourd’hui, je suis un nouveau système de jeu qui m’a beaucoup aidée. Auparavant, l’important pour moi était d’être 1re à chaque épreuve, notamment en natation (Ndlr : elle était nageuse au début de sa carrière). Maintenant, mon objectif est de récolter les points nécessaires dans chaque épreuve pour avoir un bon classement final. Aujourd’hui, je suis plus mûre.

— Comment avez-vous célébré la médaille ?

— Je déborde encore de joie, je suis très heureuse. Après avoir terminé la course à pied, mon regard s’est dirigé vers Ahmad Nasser pour lui demander si j’étais 3e. Je pensais avoir été devancée de peu par plusieurs autres athlètes, alors je n’étais pas sûre de mon résultat. Lorsqu’il s’est assuré que j’avais décroché la médaille de bronze, j’ai remercié Dieu qui a récompensé tous mes efforts et toutes mes souffrances. Puis, j’ai remercié Ahmad Nasser, qui m’a beaucoup soutenue et à qui je dois tous mes progrès. Ensuite, j’ai pris le portable du capitaine, Ahmad Nasser, et j’ai appelé mes parents pour leur annoncer la bonne nouvelle. Car c’est aussi grâce à eux et à leur soutien durant toute ma vie que j’ai atteint ce niveau. Ils ont beaucoup sacrifié pour moi, ils ont dépensé leur argent et leur temps. En fin de compétition, Ahmad Nasser nous a invités à passer quelques jours aux Etats-Unis pour célébrer la médaille qui a été obtenue grâce aux efforts de toute l’équipe nationale. Celle-ci comprenait des entraîneurs, des médecins, un conseil d’administration bien organisé et des athlètes d’un très haut niveau.

— Avez-vous imaginé avant la compétition pouvoir remporter une médaille ?

— Chaque athlète part aux Mondiaux dans l’espoir de remporter une médaille. En fait, quelque chose en mon for intérieur me le disait, mais je n’ai pas révélé ce sentiment. Ces Championnats du monde n’ont pas été mon objectif principal, ils ont été une étape dans ma préparation, qui vise les Jeux Olympiques (JO) de Pékin 2008. Il était prévu que je réalise une bonne performance aux Mondiaux 2007 et non pas à ces Mondiaux, surtout que je viens de me remettre d’une blessure.

— Durant ces dernières années, votre niveau a enregistré une baisse. Pourquoi ?

— J’ai subi plusieurs blessures et l’ancien cadre de la Fédération égyptienne ne m’a pas aidée à retrouver mon niveau. Dès l’arrivée d’Ahmad Nasser à la présidence de la Fédération, en décembre 2004, la situation a commencé à changer. En tant qu’ancien athlète, il connaît bien nos besoins et sait nous soutenir. Donc, il m’a aidée à traverser cette mauvaise période de ma vie et en 2005, j’ai remporté le titre africain. En 2002, j’étais 10e au classement seniors de la Fédération internationale. En 2003 et 2004, mon classement a baissé à la 68e place. Puis en 2005, mon classement a progressé une autre fois avec la 17e place. Après mon résultat aux Championnats du monde, mon classement devra connaître sans doute un nouveau progrès. Tout cela, grâce à la bonne préparation organisée par la Fédération égyptienne, présidée par Ahmad Nasser. En effet, nous avons disputé bon nombre de compétitions durant ces dernières années et nous avons effectué d’excellents stages de préparation, surtout le dernier avant les Mondiaux, qui était à Colorado Spring, aux Etats-Unis. Ce stage a été très efficace pour nous, il a eu lieu en pleine montagne. Ahmad Nasser y était présent et il nous a beaucoup soutenues.

— Durant ces dernières années, votre compatriote Aya Médani a réalisé des exploits en remportant plusieurs médailles en Coupe du monde seniors, outre ses titres mondiaux juniors des moins de 18 et 21 ans. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

— Je suis très heureuse pour Aya, elle est talentueuse et elle fait de grands efforts. Elle est encore jeune et pourra faire mieux. Le fait d’avoir plusieurs athlètes de bon niveau au sein d’une même équipe améliore le niveau de tous les athlètes durant l’entraînement. Mais elle a beaucoup plus de chance que moi, car elle a pu disputer plusieurs Mondiaux juniors, ce que je n’ai pas pu faire. Personnellement, je n’ai disputé que les Championnats du monde des moins de 18 ans et des moins de 21 ans. La nouvelle génération est beaucoup plus chanceuse que moi, car les athlètes ont bénéficié de la bonne gestion de la Fédération égyptienne et des bons résultats que j’avais réalisés auparavant. J’espère que l’équipe nationale comportera un autre athlète d’un niveau proche du mien pour que nous puissions disputer le relais aux Championnats du monde seniors.

— Que désirez-vous réaliser dans l’avenir ?

— Mon objectif principal est et demeure les JO de Pékin 2008. Mais je dois d’abord assurer ma qualification en remportant le titre africain des prochains Championnats d’Afrique qui auront lieu en février 2007 au Caire. Ensuite, il faudra conserver mon niveau en passant par les différentes étapes de la Coupe du monde et les Championnats du monde 2007, pour arriver fin prête aux JO 2008.

Doaa Badr