Le
18 novembre 2006 sera une date inoubliable dans l’histoire du
pentathlon égyptien. Elle atteste en effet de la première
médaille égyptienne et africaine arrachée lors des Championnats
du monde au Guatemala qui se déroulent jusqu’à ce mercredi 22.
Et cela, grâce à la pentathlonienne expérimentée Omniya Fakhri
(25 ans), qui a remporté une médaille de bronze à ces Mondiaux.
En obtenant 5 308 points, Omniya a terminé 3e derrière la
Polonaise Marta Dziadura (5 356 pts), championne du monde et
l’Ukrainienne Vicktoria Tereschuk (5 332 pts). La Polonaise
succède au palmarès à l’Italienne Claudia Corsina, absente en
raison d’une blessure. La grande favorite, la Hongroise
Zsuszanna Voros, quadruple championne du monde (1999, 2003, 2004
et 2005) et championne olympique à Athènes (2004), n’a pu faire
mieux que 10e avec un total de 5 180 points.
La compétition était donc féroce et
l’Egyptienne a fait montre d’un haut niveau. Dès le début des
épreuves, Omniya affichait une incontestable détermination à
gagner. Elle a commencé la journée finale en réalisant la
première place en tir avec 1 165 points. Malgré un résultat peu
encourageant à l’escrime (748 points), elle fait un retour en
force dans la compétition grâce à une excellente performance en
natation. Nageuse de formation, elle n’a pas eu de mal à se
classer 3e à l’épreuve de natation et ainsi à se repositionner
pour la course aux médailles. La chance la pousse en équitation,
et après 4 épreuves, elle est à égalité de points avec la
première, la Polonaise Marta Dziadura, et commence donc la
course à pied au même moment.
Le niveau d’Omniya en course à pied fut un
obstacle ; elle se contentera finalement de la médaille de
bronze. « Nous n’avons pas imaginé une telle performance de la
part d’Omniya. En fait, notre but était que nos athlètes soient
qualifiés pour la finale. Une médaille n’était pas dans nos
calculs. Cette médaille est vraiment précieuse car elle est la
première médaille égyptienne, arabe et africaine réalisée aux
Mondiaux », déclare Emad Bassim, directeur de la Fédération
égyptienne.
Retour en force
Avec cette médaille, Omniya annonce son
retour en force en tant que capitaine de l’équipe égyptienne,
après une période de recul de niveau durant ces dernières années.
« Ces derniers temps, je me suis concentrée sur l’entraînement
aux épreuves d’équitation et de course », affirme Omniya, qui a,
par ailleurs, connu plusieurs blessures durant ces deux
dernières années.
Omniya Fakhri s’est distinguée dès le début
de sa carrière. Elle compte déjà à son palmarès une médaille
d’argent aux Championnats du monde des moins de 18 ans, en août
2000. C’était une première pour la Fédération égyptienne depuis
sa création en 1974. De plus, la sportive n’avait commencé à
pratiquer ce sport que huit mois avant cette compétition, en
janvier 2000 ... Trois mois plus tard, elle a prouvé qu’elle
était une athlète d’exception, en terminant 2e au Championnat
d’Afrique et 9e au Tournoi international d’Egypte.
Mais c’est surtout 2002 qui marquera un
tournant dans la carrière d’Omniya, année durant laquelle elle
remporte la médaille d’argent aux Championnats du monde des
moins de 21 ans à Sydney (Australie), arrive en finale des
Championnats du monde aux Etats-Unis et décroche la médaille
d’argent en Coupe du monde de Hongrie. Ainsi, avec la médaille
de bronze aux Mondiaux, Omniya a confirmé son haut niveau. «
Cette médaille est très précieuse pour moi, surtout que c’est la
première pour mon pays et mon continent. Je suis fière de ce
résultat », déclare-t-elle.
Sa compatriote Aya Médani, championne du
monde (-19 ans et -21 ans), ne pourra pas en dire autant. Après
3 épreuves, elle était à la 5e place du classement. L’épreuve
d’équitation sonnera le glas de ses espérances, puisqu’elle se
voit reléguée à la dernière place. La jeune pentathlonienne
occupera donc la 32e place de la finale qui comporte 32 athlètes.
Chez les hommes, le champion d’Afrique, Amr
Al-Guézeiri, a réalisé un résultat satisfaisant. En obtenant 5
256 points, il termine 13e de la compétition. « L’Egypte a pu
réaliser cet exploit grâce à la bonne préparation que les
athlètes ont reçue, notamment le dernier stage de préparation
aux Etats-Unis, juste avant les Mondiaux », souligne Ahmad
Nasser, président de la Fédération égyptienne. Espérons que
l’Egypte poursuivra dans la même voie.
Doaa Badr