« Des colloques, des projections, des
ateliers … Bref, on a de quoi plaire aux cinéphiles ». Mohamad
Abdel-Fattah, directeur du Festival du Caire pour le cinéma
indépendant, dont la première édition se tiendra du 1er au 5
décembre, a l’air sûr de lui.
Fondé à l’initiative de l’association
égyptienne Hala, ce festival a comme fil conducteur « cinéma et
contemporanéité ».
L’association
a été créée en l’an 2000 par un groupe de jeunes artistes,
lesquels avaient déjà formé la troupe du Théâtre de la rue,
ayant pour vocation de promouvoir et corroborer le lien entre le
cinéma et la vie citadine. Ce, à travers des salons de
discussion et l’organisation d’ateliers artistiques gratuits.
« Notre manifestation cinématographique a
comme objectif de permettre au public de s’ouvrir à de nouveaux
genres et goûts cinématographiques, différents du cinéma
commercial qui a le vent en poupe », précise Abdel-Fattah. Et
d’ajouter : « Il est vrai que nous tirerons un profit matériel
de cette manifestation tenue en marge du Festival international
du film du Caire, mais c’est aussi notre manière de dire que
l’Egypte est encore riche en cinéastes. Nombreux sont les petits
festivals qui se tiennent lors de grandes fêtes
cinématographiques de par le monde. Cependant, nous n’avons pas
essayé de coopérer avec la direction du Festival du Caire. Nous
avons préféré remettre cette étape à notre seconde édition,
l’année prochaine, en cas de réussite ».
Pour mettre à jour son festival, Hala œuvre
en collaboration avec d’autres entités indépendantes telles la
galerie Town House, les sociétés Film Studio, Misr indépendant
et Nahdet Al-Mahroussa. De même, elle a pris des contacts avec
d’autres institutions euro-méditerranéennes, afin de recevoir
des copies de films européens indépendants qui seront projetés
dans la salle Rawabet au Caire.
« Notre festival ne renfermera pas de
compétitions, étant donné que son but ultime est de présenter
des expériences jeunes dans une atmosphère inédite, loin de la
tension des concurrences », lance le directeur du festival.
Cela étant, le festival prévoit des
projections de cinéma dit « cellulaire », présentant des films
que certains jeunes créateurs ont tournés à l’aide de caméras
des téléphones portables. Seront organisés également des
ateliers sur le son, le scénario, le montage, la mise en scène,
la photographie et les dessins animés, qui seront tenus à la
galerie Town House, au centre des Jésuites et au théâtre de
Nahdet Al-Mahroussa, toujours au centre-ville.
« Notre festival fournira les biens
d’équipement nécessaires pour tourner 5 projets de films
indépendants, afin d’encourager ce genre de cinéma rebelle »,
conclut-il sur un ton d’espoir.
Yasser Moheb