Al-Ahram Hebdo, Arts | La guerre des sexes n’aura pas lieu
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 Semaine du 22 au 28 novembre 2006, numéro 637

 

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Arts

Théâtre . Nissaa al-saada (femmes du bonheur), écrite par Mohamad Hassan Al-Alfi et mise en scène par Hassan Abdel-Salam, revisite le thème de la révolution féminine. Un amalgame de sujets sociopolitiques présentés dans un emballage musical indigeste.

La guerre des sexes n’aura pas lieu

Quand les femmes sont au pouvoir, peuvent-elles tout régler ? Cherche-t-on la gloire d’une nouvelle Lysistrata ? Dans la mythologie grecque, cette femme légendaire a créé son royaume féminin, interdisant aux femmes d’approcher leurs maris. Elle et ses amies ont imposé leur volonté aux hommes à Sparte par la ruse et ont réussi à arrêter la guerre. Dans Nissaa al-saada (femmes du bonheur) écrite par Mohamad Hassan Al-Alfi, rédacteur en chef du journal Al-Watani Al-Yom, et mise en scène par l’octogénaire Hassan Abdel-Salam, les femmes ne cherchent pas à instaurer la paix mais plutôt à imposer une réforme politique et sociale. Elles sont les vraies héroïnes. Gawhara (interprétée par Wafaa Amer), femme du roi Abdel-Naïm (Ahmad Wafïe), par son jeu de séduction et d’amour, arrive à s’emparer du royaume pendant une semaine. Son objectif est de révéler à son mari les aspirations du peuple gouverné. Elle rêve de démocratie et de justice sociale. Une fois sur le trône, elle oublie son mari, ses rêves et ses objectifs d’autrefois. Elle enferme les hommes dans les maisons et joue à la despote. Sa dictature va encore plus loin au point de vouloir dénigrer tous les hommes et ordonner l’avortement de toutes les femmes enceintes d’un enfant mâle. Malgré sa puissance, elle se retrouve menacée par un autre pays qui tente d’intervenir dans sa politique interne. Gawhara, effrayée et perdue, cherche l’appui de son mari pour faire face à l’ennemi.

Les allusions politiques sont évidentes tout au long du texte. On évoque le rapport des pays arabes vis-à-vis des Etats-Unis, les conflits en Iraq, en Palestine, au Liban avec son héros chiite Hassan Nasrallah. Le texte permet aux acteurs, surtout à la principale protagoniste, de faire de longues digressions sur ces thèmes. Et pourquoi ne pas jouer le rôle de héros salvateurs ou de leaders qui expriment ouvertement leurs opinions et vantent leur audace ? D’où la longueur de la pièce.

Le metteur en scène, Hassan Abdel-Salam, a voulu créer un show musical, une pièce légère et comique, comme à son habitude, lui qui a autrefois signé des chefs-d’œuvre du genre.

La pièce débute par un show reflétant le rapport stéréotypé entre l’homme et la femme et où cette dernière se veut toujours la victime. Les danseurs portent des habits en noir et blanc et se livrent à un jeu d’opposés pour présenter les querelles entre les deux sexes. Une scène assez traditionnelle. En fait, dans le but de préserver au spectacle son caractère musical et son ambiance de gaieté, le metteur en scène parsème la pièce de chansons rythmiques, interprétées tantôt par les groupes de comparses, tantôt par les acteurs principaux. Et parfois, on entend quelques enregistrements sans avoir des chanteurs sur scène. Tout est transmis au public à travers des micros et des instruments acoustiques qui déforment la voix. Sans avoir un vrai rôle dramatique, ces chansons ajoutent à la longueur de la pièce et sont souvent accompagnées d’une chorégraphie qui se limite à quelques gestuels et aux mouvements de va-et-vient injustifiés. Dans la scène où la reine tente de séduire son mari, on entend une chanson où les éléments décoratifs de la chambre à coucher se prononcent faisant l’éloge de leurs effets romantiques. Le couple ne manque pas de danser dans la joie.

Les arrière-plans dorés, multicolores et le décor traditionnel du trône, par lesquels le metteur en scène cherche à éblouir le public, mènent à une impression désuète.

La longueur du texte, le message trop direct, le déjà-vu … On se demande pourquoi on est là.

May Sélim

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Nissaa al-saada (femmes du bonheur), tous les jours à 21h30 (relâche le mardi), au théâtre Al-Salam, rue Qasr Al-Aïni. Tél. : 795 24 84

 




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