Al-Ahram Hebdo, Sports | « Une préparation médiocre est le plus grand obstacle au progrès »
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 25 au 31 octobre 2006, numéro 633

 

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Sports

Karaté. Médaillé d’argent aux Championnats du monde de Tampere (Finlande) achevés le 15 octobre, Mohanad Magdi (+84 kg) revient sur ses difficultés rencontrées pour décrocher un tel titre.

« Une préparation médiocre est
le plus grand obstacle au progrès »

Al-Ahram Hebdo : A 22 ans, vous êtes vice-champion du monde de la catégorie +84 kg. Que représente pour vous une telle performance ?

Mohanad Magdi : Cette médaille d’argent est très précieuse pour moi. Avant ces Mondiaux, je n’aurais jamais imaginé un tel résultat. C’était un rêve très difficile à réaliser car je suis encore jeune et il me manque énormément d’expérience par rapport aux autres karatékas. Donc elle vient me dire que je suis un athlète de bon niveau, capable de réaliser d’autres exploits dans l’avenir.

— Comment avez-vous appréhendé vos premiers Championnats du monde ?

— J’ai la qualité d’être relativement courageux durant les compétitions. Au cours de ces Mondiaux, la peur n’a pas fait partie de mes sentiments, surtout que j’étais inconnu et personne ne s’attendait à une médaille de ma part. Donc j’étais à l’aise et j’avais en tête l’idée que cette compétition était une bonne occasion pour moi d’acquérir de l’expérience. Après avoir pris connaissance du résultat du tirage au sort de ma catégorie, j’ai pensé que mon rêve de récolter une médaille était très difficile car mon groupe comprenait des athlètes d’un très haut niveau.

— En 16es de finale, vous avez battu l’Italien S. Maniscalco, champion du monde 2004 (+80 kg) et 2006 en poids ouvert ...

— Ce match fut très difficile, d’autant plus que Maniscalco avait remporté le titre de la catégorie poids ouvert avant de me rencontrer. Comme j’avais perdu contre cet homme lors du Tournoi méditerranéen de Tunisie, j’ai bien étudié son style de jeu avant de le rencontrer cette fois-ci. C’est un karatéka talentueux d’un très haut niveau qui fait tout au cours des compétitions. Je sais que je ne dois pas l’attaquer durant le match, car sa défense est très puissante. Donc, mon jeu s’est basé sur la contre-attaque, un système qui a été très utile. Finalement, j’ai remporté le match sur le score de 2-1. L’Italien et son entraîneur ont été stupéfaits du résultat.

— Après ce match, avez-vous commencé à croire que vous pouviez remporter une médaille ?

— Durant les matchs, je n’ai jamais pensé à cette idée. Je crois que si j’avais pensé à remporter une médaille, j’aurais échoué. J’ai considéré chaque match comme le premier, un système qui a fait son effet. J’ai réussi à utiliser ce système grâce à la préparation mentale que j’ai reçue. La Fédération égyptienne a désigné, avant les Mondiaux, le Dr Al-Arabi Chamoun pour s’occuper de notre préparation mentale. Je dois beaucoup à cet homme qui m’a énormément aidé.

— Comment êtes-vous parvenu à ce niveau en si peu de temps ?

— J’ai commencé à pratiquer le karaté à Sarja (Emirats arabes unis) car je suis né là-bas. Je suis revenu en Egypte en 1998 et j’ai intégré le club Ahli. Grâce à l’entraîneur Khaled Fadl, mon niveau s’est nettement amélioré. J’ai passé deux ans en entraînement sans disputer de compétition. Puis j’ai commencé à récolter des médailles lors des différents championnats d’Egypte. Grâce au club Ahli, j’ai acquis beaucoup d’expérience en disputant des tournois internationaux à l’âge de 17 ans. Car selon le statut du club, tous les champions d’Egypte peuvent disputer 2 tournois internationaux par an. En 2001, j’ai intégré la sélection nationale et j’ai commencé un nouveau niveau de jeu. Donc le fait de disputer des compétitions internationales dès mon jeune âge a largement contribué à l’amélioration de mon niveau.

— Les karatékas se plaignent souvent de la préparation, pas toujours efficace. Avez-vous connu les mêmes problèmes ?

— Une préparation médiocre est le plus grand obstacle au progrès. Imaginez que nous n’avons effectué aucun stage à l’étranger en préparation à ces Mondiaux ! Nous avons seulement effectué deux stages de préparation, un à Ras Al-Bar et l’autre à Alexandrie. Et nous ne participons pas à de nombreux tournois. Or le karaté est un sport de combat, et nous devons disputer beaucoup de matchs afin d’acquérir de l’expérience.

— Lors des derniers Mondiaux de Finlande, l’Egypte a remporté 7 médailles. Pensez-vous que cette performance pourra influer sur l’avenir de la discipline ?

— Je crois qu’après ces résultats, les responsables des sports égyptiens au ministère accorderont un peu plus d’intérêt à la discipline. Cette dernière, malgré le grand nombre de pratiquants, souffre du fait d’être un sport non olympique. Mais j’espère que nous recevrons plus d’intérêt, comme le squash, qui après avoir réalisé de bons résultats, a attiré l’attention des responsables .

Propos recueillis par
Doaa Badr

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