L’interaction internationale s’élargit jour
après jour, il s’en suit de nouvelles formes de diplomaties,
comme la diplomatie des hommes d’affaires, la diplomatie du
développement, la diplomatie de la société civile, etc. Est-il
alors possible que les relations et les contacts internationaux
suivent une nouvelle voie qui est celle de la « diplomatie
nucléaire » ? C’est-à-dire que l’énergie nucléaire devient l’axe
des efforts, des négociations et des affaires.
En effet, il est possible de détecter un
système complet d’efforts et de négociations au niveau des
relations internationales en ce qui concerne la diplomatie
nucléaire, notamment en ce qui concerne les interrelations entre
les Etats-Unis et les 5 membres permanents au Conseil de
sécurité, et Israël, l’Inde et le Pakistan ainsi que l’Iran et
la Corée, qui tous deux désirent adhérer au club nucléaire.
En suivant le fil des comportements
internationaux relatifs au programme nucléaire depuis la moitié
du siècle dernier et jusqu’à aujourd’hui, on peut remarquer les
points suivants :
— Au début, un membre unique parmi la famille
internationale s’est accaparé de l’arme nucléaire. En effet,
dans une expérience sans précédent, les Etats-Unis avaient
décidé d’employer l’arme nucléaire afin de détruire les deux
villes japonaises Hiroshima et Nagasaki au cours de la seconde
guerre mondiale.
— Puis le monde a été géré par le système
bipolaire, c’est-à-dire la balance de la terreur nucléaire entre
les Etats-Unis et l’Union soviétique. C’est pendant les années
1950, c’est-à-dire au début de la guerre froide, qu’a commencé
entre les deux pôles la course nucléaire.
— Sont apparus ensuite les grands partenaires
qui ont partagé ensemble la connaissance nucléaire. Ceux-ci sont
la Chine, la Grande-Bretagne et la France.
— Vient alors la phase du défi nucléaire,
c’est-à-dire les tentatives acharnées visant à posséder un
programme nucléaire pacifique ou militaire, en tant que droit
des Etats souverains à adhérer au camp nucléaire. C’est ce
qu’ont fait la Corée et l’Iran. Ces deux Etats ont géré leur
programme nucléaire dans le contexte d’une menace américaine
avec beaucoup d’intelligence et de tergiversation. Pour obtenir
certaines prérogatives internationales, la Corée a eu recours à
la pression et au chantage. Quant à l’Iran, il s’est armé des
ambitions des forces régionales.
— Et voilà qu’un nouveau comportement est en
train de se cristalliser. C’est la reconnaissance du droit des
Etats souverains à posséder un programme nucléaire pacifique
afin de profiter de l’énergie nucléaire. Ces Etats doivent
s’engager à la transparence et au droit de l’Agence
internationale de l’énergie nucléaire à l’inspection et à la
surveillance des installations nucléaires. En plus de
l’engagement au désarmement nucléaire dans toutes les régions du
monde afin de garantir la paix internationale. C’est ce qu’a
dernièrement exprimé la diplomatie égyptienne, en explicitant la
méthode correcte de la gestion de la prolifération nucléaire
pacifique.
L’Egypte peut diriger une telle orientation
diplomatique dans le contexte de son rôle pionnier au niveau
international basé sur la modération et l’indépendance. On peut
alors s’attendre à des changements structurels et
institutionnels dans la politique égyptienne afin d’insérer les
ambitions nucléaires pacifiques dans la diplomatie de l’énergie,
les stratégies de défense et les plans de développement dans
l’avenir.