Al-Ahram Hebdo, Opinion | La diplomatie nucléaire est-elle possible ?
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 Semaine du 25 au 31 octobre 2006, numéro 633

 

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Opinion

La diplomatie nucléaire est-elle possible ?

Al-Sayed Eléwa
Professeur de sciences politiques à l’Université de Hélouan

L’interaction internationale s’élargit jour après jour, il s’en suit de nouvelles formes de diplomaties, comme la diplomatie des hommes d’affaires, la diplomatie du développement, la diplomatie de la société civile, etc. Est-il alors possible que les relations et les contacts internationaux suivent une nouvelle voie qui est celle de la « diplomatie nucléaire » ? C’est-à-dire que l’énergie nucléaire devient l’axe des efforts, des négociations et des affaires.

En effet, il est possible de détecter un système complet d’efforts et de négociations au niveau des relations internationales en ce qui concerne la diplomatie nucléaire, notamment en ce qui concerne les interrelations entre les Etats-Unis et les 5 membres permanents au Conseil de sécurité, et Israël, l’Inde et le Pakistan ainsi que l’Iran et la Corée, qui tous deux désirent adhérer au club nucléaire.

En suivant le fil des comportements internationaux relatifs au programme nucléaire depuis la moitié du siècle dernier et jusqu’à aujourd’hui, on peut remarquer les points suivants :

— Au début, un membre unique parmi la famille internationale s’est accaparé de l’arme nucléaire. En effet, dans une expérience sans précédent, les Etats-Unis avaient décidé d’employer l’arme nucléaire afin de détruire les deux villes japonaises Hiroshima et Nagasaki au cours de la seconde guerre mondiale.

— Puis le monde a été géré par le système bipolaire, c’est-à-dire la balance de la terreur nucléaire entre les Etats-Unis et l’Union soviétique. C’est pendant les années 1950, c’est-à-dire au début de la guerre froide, qu’a commencé entre les deux pôles la course nucléaire.

— Sont apparus ensuite les grands partenaires qui ont partagé ensemble la connaissance nucléaire. Ceux-ci sont la Chine, la Grande-Bretagne et la France.

— Vient alors la phase du défi nucléaire, c’est-à-dire les tentatives acharnées visant à posséder un programme nucléaire pacifique ou militaire, en tant que droit des Etats souverains à adhérer au camp nucléaire. C’est ce qu’ont fait la Corée et l’Iran. Ces deux Etats ont géré leur programme nucléaire dans le contexte d’une menace américaine avec beaucoup d’intelligence et de tergiversation. Pour obtenir certaines prérogatives internationales, la Corée a eu recours à la pression et au chantage. Quant à l’Iran, il s’est armé des ambitions des forces régionales.

— Et voilà qu’un nouveau comportement est en train de se cristalliser. C’est la reconnaissance du droit des Etats souverains à posséder un programme nucléaire pacifique afin de profiter de l’énergie nucléaire. Ces Etats doivent s’engager à la transparence et au droit de l’Agence internationale de l’énergie nucléaire à l’inspection et à la surveillance des installations nucléaires. En plus de l’engagement au désarmement nucléaire dans toutes les régions du monde afin de garantir la paix internationale. C’est ce qu’a dernièrement exprimé la diplomatie égyptienne, en explicitant la méthode correcte de la gestion de la prolifération nucléaire pacifique.

L’Egypte peut diriger une telle orientation diplomatique dans le contexte de son rôle pionnier au niveau international basé sur la modération et l’indépendance. On peut alors s’attendre à des changements structurels et institutionnels dans la politique égyptienne afin d’insérer les ambitions nucléaires pacifiques dans la diplomatie de l’énergie, les stratégies de défense et les plans de développement dans l’avenir.

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