Il
est sûr que l’ombre de la défaite plane maintenant sur les
Américains en Iraq. De même qu’il est certain que très
prochainement,Washington sera obligé de se sortir de l’impasse
dans laquelle il s’est engouffré. Mais il semble que
l’Administration américaine attendra la tenue des élections
partielles du Congrès en novembre prochain avant de prendre une
décision définitive et décider si le retrait sera effectué sur
plusieurs étapes ou d’un seul coup afin de sauver le peu qui
reste, comme dans le cas du Vietnam.
Dans tous les cas, trouver une
issue pour sauver la face de la plus grande superpuissance est
maintenant le premier des soucis d’une Administration américaine
qui a échoué partout. C’est à cause de cette Administration que
le monde d’aujourd’hui se caractérise par l’obscurité et le
manque de sécurité. Cette Administration n’a réussi ni à mettre
un terme au terrorisme, ni à empêcher la prolifération des armes
nucléaires. Elle n’a pas non plus avancé d’un iota sur la voie
de la résolution des problèmes graves au Proche-Orient ou des
problèmes mondiaux comme la faim et la pauvreté.
L’Administration américaine
est maintenant à la recherche de solutions. Par exemple, on
parle d’un comité qui aurait été formé par le Congrès avec le
soutien du président Bush et la présidence de James Baker,
l’ex-secrétaire d’Etat américain. La mission de ce comité serait
d’examiner la possibilité d’effectuer des changements importants
dans la politique américaine en Iraq. Il n’est pas prévu que les
détails de ce projet soient annoncés dans l’immédiat, mais ce
qui importe c’est qu’ils émanent d’une conviction générale selon
laquelle la situation ne peut plus continuer telle quelle.
Surtout qu’il s’est avéré que la mauvaise gestion de la part de
l’Administration américaine a causé d’énormes pertes humaines du
coté des soldats américains et du côté des Iraqiens. En effet,
selon les statistiques, plus de 650 000 Iraqiens ont trouvé la
mort depuis le début de la guerre contre l’Iraq.
Le livre de Bob Woodword State
of Denial n’est pas le seul à avoir dévoilé l’échec de
l’Administration américaine. Il y a aussi les déclarations
faites par le chef d’état-major des forces britanniques qui a
réclamé le retrait de ses forces, prédisant ainsi une fin
tragique pour la guerre. Vient ensuite le président des affaires
militaires au Sénat, le sénateur John Warner qui, après une
visite en Iraq, a réclamé des décisions audacieuses pour sauver
la situation !
Dans le contexte des
informations qui se sont infiltrées, Baker a proposé d’effectuer
des pourparlers directs avec la Syrie et l’Iran pour aider à
calmer la tension en Iraq. Baker est contre l’idée de la
division de l’Iraq parce qu’il pense qu’il est impossible
d’instaurer des frontières claires entre les Kurdes, les
sunnites et les chiites. Il appelle alors à d’autres solutions
proches du fédéralisme.
Or, il est possible de douter
de ces idées, puisque la position américaine envers l’Iran et la
Syrie n’a pas changé. Les échos de la visite de Rice au Proche-Orient
afin d’inciter « les Etats modérés » à contenir le danger
iranien retentissent encore. Et des efforts sont déployés au
Conseil de sécurité pour promulguer une résolution stipulant des
sanctions contre l’Iran.
L’Administration de Bush doit
reconnaître qu’elle ne pourra sortir du magma iraqien avec le
minimum de pertes que si elle assimile que le problème de
l’occupation israélienne des territoires arabes en Syrie, au
Liban et en Palestine est étroitement liée à toute la
conjoncture dans la région, y compris l’Iraq. Et jusqu’à ce
qu’elle le fasse, elle perdra encore beaucoup et personne dans
le monde arabe ne lui tendra la main avec confiance .