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 Semaine du 25 au 31 octobre 2006, numéro 633

 

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Opinion

Les ombres de la défaite

Salama A. Salama

Il est sûr que l’ombre de la défaite plane maintenant sur les Américains en Iraq. De même qu’il est certain que très prochainement,Washington sera obligé de se sortir de l’impasse dans laquelle il s’est engouffré. Mais il semble que l’Administration américaine attendra la tenue des élections partielles du Congrès en novembre prochain avant de prendre une décision définitive et décider si le retrait sera effectué sur plusieurs étapes ou d’un seul coup afin de sauver le peu qui reste, comme dans le cas du Vietnam.

Dans tous les cas, trouver une issue pour sauver la face de la plus grande superpuissance est maintenant le premier des soucis d’une Administration américaine qui a échoué partout. C’est à cause de cette Administration que le monde d’aujourd’hui se caractérise par l’obscurité et le manque de sécurité. Cette Administration n’a réussi ni à mettre un terme au terrorisme, ni à empêcher la prolifération des armes nucléaires. Elle n’a pas non plus avancé d’un iota sur la voie de la résolution des problèmes graves au Proche-Orient ou des problèmes mondiaux comme la faim et la pauvreté.

L’Administration américaine est maintenant à la recherche de solutions. Par exemple, on parle d’un comité qui aurait été formé par le Congrès avec le soutien du président Bush et la présidence de James Baker, l’ex-secrétaire d’Etat américain. La mission de ce comité serait d’examiner la possibilité d’effectuer des changements importants dans la politique américaine en Iraq. Il n’est pas prévu que les détails de ce projet soient annoncés dans l’immédiat, mais ce qui importe c’est qu’ils émanent d’une conviction générale selon laquelle la situation ne peut plus continuer telle quelle. Surtout qu’il s’est avéré que la mauvaise gestion de la part de l’Administration américaine a causé d’énormes pertes humaines du coté des soldats américains et du côté des Iraqiens. En effet, selon les statistiques, plus de 650 000 Iraqiens ont trouvé la mort depuis le début de la guerre contre l’Iraq.

Le livre de Bob Woodword State of Denial n’est pas le seul à avoir dévoilé l’échec de l’Administration américaine. Il y a aussi les déclarations faites par le chef d’état-major des forces britanniques qui a réclamé le retrait de ses forces, prédisant ainsi une fin tragique pour la guerre. Vient ensuite le président des affaires militaires au Sénat, le sénateur John Warner qui, après une visite en Iraq, a réclamé des décisions audacieuses pour sauver la situation !

Dans le contexte des informations qui se sont infiltrées, Baker a proposé d’effectuer des pourparlers directs avec la Syrie et l’Iran pour aider à calmer la tension en Iraq. Baker est contre l’idée de la division de l’Iraq parce qu’il pense qu’il est impossible d’instaurer des frontières claires entre les Kurdes, les sunnites et les chiites. Il appelle alors à d’autres solutions proches du fédéralisme.

Or, il est possible de douter de ces idées, puisque la position américaine envers l’Iran et la Syrie n’a pas changé. Les échos de la visite de Rice au Proche-Orient afin d’inciter « les Etats modérés » à contenir le danger iranien retentissent encore. Et des efforts sont déployés au Conseil de sécurité pour promulguer une résolution stipulant des sanctions contre l’Iran.

L’Administration de Bush doit reconnaître qu’elle ne pourra sortir du magma iraqien avec le minimum de pertes que si elle assimile que le problème de l’occupation israélienne des territoires arabes en Syrie, au Liban et en Palestine est étroitement liée à toute la conjoncture dans la région, y compris l’Iraq. Et jusqu’à ce qu’elle le fasse, elle perdra encore beaucoup et personne dans le monde arabe ne lui tendra la main avec confiance .

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