Al-Ahram Hebdo, Monde Arabe | L’Egypte propose sa sortie de crise
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 Semaine du 25 au 31 octobre 2006, numéro 633

 

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Soudan. Face au gouvernement qui refuse le déploiement de troupes onusiennes au Darfour, Le Caire présente une « solution intermédiaire » pour sortir de l’impasse. Explications.

L’Egypte propose sa sortie de crise

Envoyer des troupes onusiennes financées par l’Onu et non par leurs armées respectives. C’est la « solution intermédiaire » proposée samedi par l’Egypte pour résoudre la crise du Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie à la guerre civile. « Une solution intermédiaire pourrait inclure un financement des forces de maintien de la paix nécessaires au Darfour avec le budget des Nations-Unies, ce qui enlèverait les pressions liées à un financement par d’autres parties impliquées », a déclaré le chef de la diplomatie égyptienne Ahmad Aboul-Gheit, à l’issue d’une réunion avec l’émissaire américain au Soudan, Andrew Natsios. Aboul-Gheit a jugé que cette solution pourrait aplanir les différences entre les Etats-Unis et le gouvernement du Soudan, qui refuse le déploiement de troupes onusiennes au Darfour.

Plus tôt, Andrew Natsios avait appelé samedi à une action « rapide » pour régler la crise du Darfour, à l’issue d’une autre réunion au Caire avec le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa. « Nous tentons de trouver un moyen pour rapprocher la position de l’Onu de celle du gouvernement soudanais », avait-il dit. Les Etats-Unis pressent pour l’application de la résolution 1706 du Conseil de sécurité de l’Onu prévoyant le déploiement de troupes onusiennes au Darfour pour prendre le relais de celles de l’Union africaine, sous-financées et mal équipées. Position soutenue par l’Union Européenne (UE) qui a appelé vendredi la communauté internationale à exercer « les pressions maximales » sur le Soudan pour l’envoi urgent d’une force de maintien de la paix de l’Onu au Darfour, « seule option viable et réaliste » pour le maintien de la paix au Darfour. « Nous ne ménageons pas nos efforts pour (en) convaincre le gouvernement du Soudan », a affirmé le premier ministre finlandais Matti Vanhanen, dont le pays exerce la présidence tournante de l’UE.

Le Conseil de sécurité de l’Onu a décidé, le 31 août dernier, l’envoi d’une force de l’Onu d’environ 17 000 soldats et 3 000 policiers pour prendre la relève de la Mission de l’Union africaine (AMIS), composée de 7 200 hommes. Mais le gouvernement soudanais a jusqu’ici réussi à s’y opposer. Le président soudanais Omar Al-Béchir rejette ce scénario, et la Ligue arabe soutient que tout déploiement de Casques bleus ne peut se faire sans l’accord de Khartoum. Le régime soudanais semble craindre que la présence de l’Onu au Darfour n’ouvre la voie à des poursuites contre des responsables dans cette région où les forces gouvernementales alliées aux milices arabes des djandjawids sont accusées d’exactions contre les civils. M. Aboul-Gheit avait noté cette semaine l’« importance d’obtenir un message du Conseil de sécurité assurant le respect de la souveraineté du Soudan, dont son système légal et judiciaire », en allusion à la menace d’éventuelles poursuites devant un tribunal international.

Mais au moment où le gouvernement soudanais affirme vouloir désarmer les djandjawids, comme stipulé dans l’accord de paix sur le Darfour signé en mai dernier, le représentant de l’Onu à Khartoum, Jan Pronk, a affirmé que l’armée soudanaise tentait de mobiliser des milices liées à ces redoutables guerriers arabes pro-gouvernementaux accusés d’exactions contre les populations africaines au Darfour, que Washington qualifie de génocide. « Le recours à des milices liées aux djandjawids rappelle les événements de 2003 et 2004, période du conflit durant lequel les attaques systématiques de miliciens soutenus ou du moins autorisés par les forces armées soudanaises ont conduit à des crimes atroces », a-t-il dit. Commentant ces propos, un expert militaire soudanais a estimé que les déclarations de M. Pronk allaient dans le sens des pressions occidentales pour imposer des Casques bleus au Darfour, où les combats avec les rebelles et la crise humanitaire ont fait 200 000 morts et quelque 2,5 millions de déplacés depuis le début du conflit en 2003 .

Hicham Mourad

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