Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Le Hamas fait de la résistance
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 25 au 31 octobre 2006, numéro 633

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde Arabe

Palestine. Une extrême tension persiste entre les deux mouvements rivaux, le Hamas et le Fatah, malgré un accord censé mettre fin aux violences partisanes, meurtrières et régulières.

Le Hamas fait de la résistance

La tension dans la bande de Gaza restait extrêmement vive cette semaine entre le Fatah du président Mahmoud Abbass et le Hamas, qui dirige le gouvernement. C’est sur fond d’impasse politique empêchant la mise en place d’un gouvernement d’union nationale entre son mouvement et le Fatah que le convoi du premier ministre palestinien du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a essuyé vendredi dernier des tirs dans la bande de Gaza. Sa voiture n’a pas été touchée et personne n’a été blessé. Par ailleurs, plusieurs dizaines de membres des forces de sécurité palestiniennes, loyales au président Mahmoud Abbass, ont manifesté en bloquant des rues de Gaza et le principal axe de la bande de Gaza pour réclamer leurs salaires impayés. Des dizaines de membres armés de la sécurité ont établi des barrages sur la route de Salaheddine, le principal axe de circulation, au niveau des localités de Maghazi, Boureij et Deir Al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza. A Gaza-ville, une trentaine de policiers bloquaient des rues aux alentours du Parlement. Les salaires des quelque 170 000 fonctionnaires n’ont été versés que partiellement depuis l’entrée en fonction, fin mars dernier, du gouvernement contrôlé par le Hamas, et ils réclament leurs salaires avant le début de la fête du petit Baïram, qui marque la fin du mois de jeûne du Ramadan.

En effet, le gouvernement actuel issu du Hamas est boycotté politiquement et privé d’aides financières directes par l’Occident, qui considère ce mouvement islamiste comme une organisation terroriste, ce qui a laissé l’Autorité palestinienne dans un état de cessation de paiement.

Depuis la victoire du Hamas aux législatives de janvier dernier, une trentaine de personnes sont mortes dans cette lutte de pouvoir entre les deux mouvements. Le ministre de l’Intérieur, Saïd Siam, qui contrôle une Force exécutive de 5 500 hommes, avait affirmé qu’il utiliserait la force pour empêcher les partisans du Fatah de troubler l’ordre public. Le ministre des Affaires étrangères, Mahmoud Zahar, a, quant à lui, défendu le déploiement de la Force exécutive dans les rues de la bande de Gaza, promettant de la renforcer avec de nouvelles recrues et de la déployer en Cisjordanie.

Accords restés lettres mortes

Pour mettre un terme à leurs affrontements armés meurtriers qui les opposent depuis plusieurs mois, le Fatah et le mouvement islamiste Hamas sont parvenus à un accord vendredi dernier. « Nous nous sommes mis d’accord pour mettre fin à toutes les manifestations de violence armée, aux tensions, aux provocations et aux accusations dans les médias et sur la scène politique », a affirmé le porte-parole du Fatah, Maher Maqdad. Cet accord est intervenu à la faveur d’une médiation égyptienne entre le Hamas et le Fatah dont des représentants se sont réunis à Gaza. Selon M. Maqdad, les deux mouvements ont décidé de créer un bureau de coordination qui « suivra tous les incidents entre le Fatah et le Hamas ». Cet organe se réunira dans quelques jours pour la première fois.

A plusieurs reprises, depuis l’entrée en fonction du gouvernement issu du Hamas fin mars dernier, le mouvement islamiste et le Fatah ont conclu des accords pour tenter de mettre fin aux violences armées mais ils sont restés lettres mortes. « Cette fois, il y a un bureau qui veut travailler et c’est très important. Nous espérons pouvoir mettre fin aux tensions », a précisé Maqdad.

En revanche, le premier ministre a rejeté toutes les mesures envisagées par le président pour mettre fin à la crise politique faute d’un accord avec le Hamas sur un gouvernement d’union nationale. « Nous sommes pour la mise en place d’un gouvernement d’union basé sur le document d’entente nationale. S’ils imaginent que nous pouvons faire partie d’un gouvernement qui reconnaîtra la légitimité de l’occupation et abandonnera la résistance, ils attendront longtemps », a déclaré Haniyeh. Les discussions entre Abbass et le Hamas, sur la création d’un cabinet d’union nationale, achoppent sur le refus du mouvement islamiste d’accepter une plate-forme politique modérée contenant une reconnaissance d’Israël et des accords israélo-palestiniens passés. Abbass estime que le document dit d’entente nationale, qui doit servir de plate-forme politique à un gouvernement d’union, comporte implicitement une telle reconnaissance, ce que le Hamas conteste.

Faute d’un accord avec le Hamas, Abbass s’est dit favorable à un cabinet de technocrates indépendants alors que ses collaborateurs ont évoqué des mesures plus radicales, comme la nomination d’un gouvernement d’urgence, la dissolution du Parlement contrôlé par le Hamas ou la tenue d’élections anticipées ou encore d’un référendum sur une plate-forme politique modérée. Haniyeh a affirmé que la Loi fondamentale, Constitution de l’Autorité palestinienne, n’accordait pas à Abbass le droit de prendre de telles mesures. « Toutes ces idées n’ont qu’un seul but, chasser le Hamas du pouvoir comme le veut l’Amérique », a-t-il ajouté.

Maha Salem

Retour au sommaire
 

« La Force exécutive est illégale »

Président du comité de l’intérieur et de la sécurité au Conseil législatif palestinien, Mohamad Dahlane évoque les perspectives de règlement des différends entre le Fatah et le Hamas.

Gaza,
De notre correspondant —

Al-Ahram Hebdo : Pensez-vous que l’accord d’accalmie Hamas-Fatah, conclu vendredi dernier, peut résister aux divergences ?

Mohamad Dahlane : Le Fatah est clairement persuadé de la nécessité de l’accalmie dans la rue, persuadé que le recours à la force n’a conduit qu’à la destruction. Nous espérons que le Hamas partagera avec nous la même responsabilité et les mêmes valeurs.

— Vous avez tenté de trouver une solution aux affrontements interpalestiniens en proposant d’intégrer la Force exécutive, formée par le Hamas en mai dernier, aux organes du ministère de l’Intérieur. Pourquoi cette proposition n’a-t-elle pas abouti ?

— Le Hamas a refusé nos propositions d’intégrer la Force exécutive aux organes du ministère de l’Intérieur. Il a créé une force militaire partisane. Cela est inadmissible ... Le ministre de l’Intérieur n’a pas le droit de confier l’application de la loi à une force illégale, qui est dirigée par le Hamas et non pas le ministère de l’Intérieur, même s’il n’est pas satisfait de l’action des appareils de sécurité existants. La Force exécutive a contribué à la tension qui sévit dans la rue palestinienne.

— Que pensez-vous des manifestations des partisans du Fatah, dont des forces de sécurité, qui éclatent régulièrement pour réclamer des arriérés de salaires impayés, et que le Hamas considère comme dirigées contre lui ?

— Nous sommes tout d’abord contre la sortie des forces de sécurité dans la rue. Mais nous reconnaissons le droit de chaque citoyen palestinien à s’exprimer ouvertement mais pacifiquement. Nous sommes, en fait, habitués aux protestations. Il y a eu souvent sous le Fatah des manifestations de la part de la jeunesse du mouvement. Ils fermaient les rues, occupaient les établissements, etc. Ce qui se passe aujourd’hui, depuis que le Hamas est au pouvoir, n’est pas nouveau. Le plus important dans les manifestations des forces de sécurité est qu’elles n’étaient pas armées. Elles ont tout simplement exprimé leurs protestations pour se diriger ensuite vers le Conseil législatif. Nous n’avons pas approuvé la sortie des membres de l’institution sécuritaire dans les rues, mais il faut également reconnaître que les choses ne devaient pas aller jusqu’à la mort de citoyens qui ont osé protester.

— Vous êtes le fondateur du service de la sécurité préventive. Certains vous soupçonnent de garder des liens avec ce service malgré votre départ du poste de directeur ...

— Je n’ai aucun rapport avec ce qui se passe dans la sécurité préventive. Ma responsabilité à l’égard de l’institution a pris fin avec ma sortie du ministère de l’Intérieur. Je suis toutefois lié par des amitiés et des relations à l’intérieur de l’institution, loin de toute responsabilité professionnelle.

— Vous étiez le principal négociateur palestinien de l’accord avec Israël sur le fonctionnement du point de passage de Rafah. Ce seul débouché du peuple palestinien vers le monde extérieur souffre de nombreuses lacunes et fait l’objet de fermeture à répétition ... Pourquoi ?

— L’accord a été le meilleur document obtenu par l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) auprès d’Israël. Il comporte peut-être certaines déficiences, certaines faiblesses vu l’équilibre des forces existant entre les deux parties. Mais pour la première fois dans un accord entre les Palestiniens et Israël, ce dernier accepte la présence d’une tierce partie, à savoir les Européens. Le plus important est que cet accord ne permet pas à Israël d’empêcher le passage d’un citoyen palestinien qui détient une pièce d’identité. Tous les agents dans le point de passage sont palestiniens. Aucun Israélien ne se trouve à Rafah.

Propos recueillis par
Achraf Aboul-Hol

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistants techniques: Karim Farouk - Dalia Gabr
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.