Al-Ahram Hebdo, Arts | Le spleen d’Alexandrie
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 Semaine du 25 au 31 octobre 2006, numéro 633

 

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Arts
Exposition . Peintre résolument alexandrin dans sa manière de voir les choses, sa thématique et son approche, Ali Achour propose des œuvres originales, parfois indéfinissables, chargées d’une émotion rentrée.

Le spleen d’Alexandrie

Ali Achour, peintre alexandrin, voyage dans le temps avec ses « Nostalgies » qu’il présente au Centre Français de Culture et de Coopération (CFCC) après l’avoir présentée l’an dernier au Centre culturel français d’Alexandrie. C’est une ode à sa ville. En fait, dans un sens général qui dit Alexandrie dit nostalgie. On a l’impression que cette ville aux multiples époques se dérobe toujours au regard contemporain. Le passé y est omniprésent, qu’on le veuille ou pas, et donne toujours un sentiment de regret et d’inaccompli. Peut-être aussi parce que les vrais Alexandrins ont également le regard tourné vers l’avenir. Ce passé n’est pas des chaînes qui les empêchent d’aller en avant, mais il leur présente des perspectives d’une Alexandrie en plein devenir.

Ali Achour, lui-même, est dans ce contexte l’homme de sa ville. Sa peinture a ses racines dans le « mouvement artistique libre » des années 1970. L’artiste s’est d’abord formé à la photographie en fréquentant les maîtres d’Alexandrie comme Kamel Moustapha, Hamed Oweis, et surtout Seif Wanly, avant de se tourner vers la peinture. Sa nostalgie est celle du citadin au vrai sens du terme. Construction, pierre, passants. De la photographie, il a pris cette habitude ou ce goût. Il prend dans son objectif le même thème en l’élargissant. L’homme que l’on croyait seul est dans un autre tableau, entouré, puis rétrécissant, il est de nouveau seul. La solitude serait-elle sa vocation ? Celle de tout homme de la ville. Celle-ci est rendue aussi avec un amour très fort du toucher. On croit ressentir ces murs si propres à la ville. C’est un peu cette nostalgie. Elle est profonde. Elle va au-delà de l’apparent et du traditionnel. La mer est absente par exemple. Mais n’est-elle pas au-delà ? Ceux qui veulent peuvent la deviner.

Il l’explique dans un débat organisé il y a quelques années. Ce fut un colloque improvisé avec une discussion ouverte et spontanée. Ali Achour commence : « On ne peut pas arrêter cette quête continuelle de l’âme d’Alexandrie. Je tente de saisir le sens de la ville à travers mon expérience personnelle, parce que ce sont nous, les hommes, qui la créons en la décrivant, au fur et à mesure que passe le temps, comme un ensemble de souvenirs et d’histoires ».

Achour, même s’il est un homme à part, qui semble évoluer loin des cercles de la gloire, n’a pas manqué de rayonner. Il expose son travail dans plusieurs centres culturels étrangers d’Alexandrie et du Caire. Il représente l’Egypte lors de la XXIIe Biennale d’Alexandrie, en 2003, expose à l’étranger, notamment en Espagne et en Italie. Il participe au mouvement théâtral en présentant des projets de scénographies pour plusieurs pièces de théâtre. Les grandes institutions nationales ont acquis certaines de ses œuvres : ministère de la Culture, Opéra du Caire, Musée d’art égyptien contemporain au Caire. On le trouve dans de nombreuses collections privées à l’étranger : en France, Espagne, Mexique, Portugal, Amérique, Norvège, Allemagne, Koweït. Au-delà et surtout, c’est sa ville qu’il essaye de transmettre « Alexandrie est un pont avec les autres. Une ville égyptienne qui a fait siennes les autres civilisations ».

Ahmed Loutfi

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Nostalgies, photographies de Ali Achour. Jusqu’au 2 novembre, de 8h à 16h (sauf les vendredi et samedi) au Centre français de culture

et de coopération : Rue Madrasset Al-Hoqouq Al-Frinsiya, Mounira. Tél. : 791 58

 




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