23 films ont été proposés à la sélection des
distributeurs pour la fête, et ils n’ont retenu que le comique
et le romantique aux thématiques originales. On y débusque la
comédie Tomn dastet achrar (une bande de vilains) de Rami Imam,
interprété par Mohamad Ragab, Yasmine Abdel-Aziz, Khaled Saleh
et Razane Al-Maghrabi, sur un groupe de jeunes qui tente
d’extorquer de l’argent à des hommes d’affaires. Mais, il
découvre que le travail honnête est l’unique moyen de réaliser
les aspirations légitimes. On trouve au coin de chaque plan des
signes amicaux, chaleureux, un peu farceurs que déploient les
protagonistes pour atteindre la luminosité nécessaire à dompter
l’avenir.
Un autre comique vital est Abdou mawassem (Abdou
au travail saisonnier) de Waël Charkas, interprété par Ola
Ghanem, Mohamad Loutfi, Mohamad Nagati et Mirna Al-Mohandess. Le
film porte sur une étudiante en magistère d’éducation sportive,
qui cherche à centrer sa thèse sur un champion populaire de boxe,
qui alterne de multiples tâches pour gagner sa vie et financer
son entraînement. L’étudiante lui apporte un soutien consistant
pour l’extraire des affres de l’existence, grâce à un réseau de
relations professionnelles, et l’inscrit sur la liste du
championnat olympique. Cette comédie aura l’inventivité de
susciter un bel investissement féminin de l’actrice Ola Ghanem,
qui pourvoie tant de gestes humains, stimulant la joie
communicative de Mohamad Loutfi, puisée au grenier de l’amour,
qui fait le plaisir du spectateur, tout le film durant.
D’autre part, la singularité du registre des
chanteurs Mohamad Attiya, Rico et Mohamad Al-Soghayar et la
manière dont ils se font l’écho se recoupent pour mieux lancer
une autre comédie musicale Alaya al-tarab biltalata (je m’engage
à chanter) d’Ahmad Al-Badri. Le film les accompagne dans leurs
tribulations professionnelles, dans une société marquée par le
conflit des classes. Mais au-delà de l’affichage de leur
virtuosité, ils font chacun avec sa part de ruse, de naïveté et
de talent, une marche de tonnerre vers la réussite. Un reflet,
une chanson, une réplique, un tour de danse avec la danseuse
Dina sont autant d’effets qu’ils emploient pour produire le
moment d’euphorie de la fête. Le producteur du film, Ahmad Al-Sobki,
affirme « tenter par cette conjugaison de talents de révéler
l’appropriation de ces jeunes chanteurs d’un répertoire
prometteur par la complicité, l’émotion, la légèreté, au-delà
des péripéties auxquelles ils sont mêlés dans le film ». Le
chanteur Mohamad Attiya, révélation de l’émission Star Academy,
a par ailleurs joué auparavant dans le film Dars khoussoussi (leçon
particulière) de Sameh Abdel-Aziz, aux côtés de Hana Chiha, qui
a eu un grand succès.
Quant au chanteur Amer Mounib, qui a essuyé
un échec en jouant, cet été, le rôle d’un champion de la plongée
sous-marine dans le film Al-Ghawas (le plongeur), tente une
nouvelle chance dans la romance Kamel al-awssaf (l’homme
parfait) d’Ahmad Al-Badri. Il y incarne le rôle d’un jeune homme
qui réside aux Etats-Unis et qui rentre au pays pour épouser une
compatriote. Sa rencontre avec une fille voilée (Hala Chiha) le
ramène à la réalité des disparités dans le mode de vie et les
traditions entre son pays natal et les Etats-Unis. Car il faut
un contrepoids pour favoriser l’identification et le rêve. Hala
Chiha fait son apparition pour la première fois en voile dans ce
film, après avoir décidé de le porter après son mariage avec le
compositeur Hani Adel. Elle a déjà joué avec Amer Mounib dans le
film Sehr Al-oyoune (la magie du regard) qui a eu du succès.
Dans le registre romantique, on découvre
aussi l’idylle du tandem Hind Sabri et Khaled Aboul-Naga dans le
film Leabet al-hob (jeu d’amour) de Mohamad Ali, sur la tendance
de l’homme oriental à réduire la liberté de la femme. Hind Sabri
y trouve ses propres notes pour produire le déclic et amener son
partenaire à tolérer son émancipation. Ce film a remporté, par
ailleurs, le prix de la première œuvre du Festival international
du film d’Alexandrie, cet été, qui a décerné également le prix
de la meilleure interprétation masculine à Khaled Aboul-Naga.
Les films de la fête semblent, ainsi, promettre de rompre avec
les archétypes du film comique facile et léger.
Amina Hassan