Coopération irano-japonaise
Ibrahim Nafie
Dans
le contexte de la coopération irano-japonaise, après la
signature, en mars 2004, de l’accord de développement du champ
pétrolier iranien d’Azerbaïdjan, le Japon tient à renforcer
cette coopération. Dans ce contexte, la Banque japonaise pour
la coopération internationale et d’autres banques commerciales
nippones ont annoncé leur intention
d’accorder un prêt d’une valeur de 1,2 milliard de dollars à
l’Iran en contrepartie de réserves en pétrole. Le porte-parole
de la Banque japonaise pour la coopération internationale a
déclaré que la banque allait verser 85 % du prêt et le reste
de la somme sera donné par 4 banques commerciales japonaises.
Il a de même annoncé que c’était la seconde fois que le Japon
accordait un prêt à l’Iran en contrepartie de pétrole brut. Le
porte-parole de la banque a également assuré que le prêt
n’avait aucune relation avec le projet de développement du
champ d’Azerbaïdjan. De même qu’il a précisé que le prêt
allait être dirigé vers la Compagnie nationale iranienne de
pétrole qui fournira de grandes quantités de pétrole à des
compagnies commerciales japonaises, qui à leur tour verseront
par acompte les sommes dues à la banque japonaise.
Il s’avère donc qu’il y avait une volonté réelle de la part du
Japon de parvenir à un accord autour du champ d’Azerbaïdjan.
Il est clair qu’après la hausse remarquable des cours du
pétrole et alors que la demande est en croissance continue, le
Japon et l’Iran avaient tenu à régler les différends
financiers concernant cette affaire. Mais cette coopération
irano-japonaise incite à la surprise et à l’interrogation :
est-ce que le Japon a eu l’audace d’annoncer la conclusion de
cette affaire alors que les Etats-Unis veulent imposer des
sanctions à l’Iran ou s’est-il entendu avec les Etats-Unis
avant de conclure l’affaire du champ pétrolier ? Car en effet,
il est illogique que le Japon risque de telles sommes avec la
probabilité que les Etats-Unis entreprennent des opérations
militaires contre l’Iran. La situation est donc étrange. Dans
le cas d’une riposte militaire, les Etats-Unis seraient
largement isolés. Mais dans le cas où il y aurait un accord
préalable avec le Japon, il s’avérerait que les éventuelles
frappes militaires n’étaient qu’une menace et un moyen de
pression.
Ce
qui ne
passera pas inaperçu pour
l’Iran
! .