Pour une politique équitable des salaires
Ahmad Sayed
Moustapha
Professeur à l’Université de Benha
Les enseignants réclament une réévaluation des salaires, de
même que les médecins et les professeurs d’universités. En
effet, le niveau des salaires de la quasi-majorité des
employés de l’Etat reste médiocre. Cependant, revoir les
salaires d’une certaine catégorie d’employés de l’Etat
encouragera les autres fonctionnaires à faire de même. La
question a deux volets. Tout d’abord, le revenu de l’employé
doit couvrir ses besoins et lui permettre également de faire
quelques économies. Deuxièmement, il est indispensable de lier
la rémunération à la production. Un examen approfondi des
revenus en Egypte révèle un certain nombre de réalités. En
effet, les revenus actuels sont loin de couvrir ne serait-ce
que le minimum des besoins des fonctionnaires. Selon un
rapport de l’Organisme central des comptes sur les dépenses
des ministères et des organismes gouvernementaux pour
l’exercice financier 2005/2006, seuls 93 fonctionnaires de
l’Etat sur 10 000 touchent un salaire supérieur au maximum,
soit 4 500 L.E. par mois, ou un
revenu annuel de 54 000 L.E. Par
ailleurs, il existe un conseil chargé de mettre en place la
politique des salaires des fonctionnaires, qui ne contribue
nullement à l’élaboration d’une politique réaliste des
salaires. De plus, dans la majorité des unités de l’organisme
gouvernemental, il n’existe pas de critères de performances
selon lesquels il est possible d’effectuer une évaluation
objective des performances de chaque employé, afin d’estimer
les primes qu’il mérite vraiment. Sans oublier que les
salaires sont liés en général aux diplômes et non aux
performances comme l’expérience, la connaissance, l’habileté.
De même, il n’existe pas de politique objective liant les
primes à la productivité.
Définir un cadre spécial pour une certaine catégorie
d’employés de l’Etat sera suivi après quelque temps d’un autre
cadre destiné à une autre catégorie. Cependant, ceci est une
solution provisoire qui ne résout
pas vraiment le problème. Il est indispensable d’élaborer une
politique équitable des salaires. Cette politique devra se
baser sur une description objective de chaque poste selon
laquelle les salaires seront déterminés. L’évaluation des
postes devra se baser sur les responsabilités et les risques
du métier traduits en points. Puis, les points seront
traduits, à leur tour, en rémunérations, en se basant sur le
niveau des prix et le taux d’inflation, mais aussi sur celui
des salaires des postes similaires dans le secteur privé. De
plus, il faudra déterminer des primes qui seront liées au
niveau des performances de l’employé et de sa productivité.
Dans ce contexte, il est indispensable de revoir à la hausse
le seuil minimum des salaires afin qu’il soit adapté à la
hausse des prix.
L’élaboration de cette politique nécessite certainement
d’énormes efforts de la part de l’Organisme central de
l’organisation et de la gestion et du ministère du
Développement administratif.
Cependant,
tout a un commencement.