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 Semaine du 18 au 24 Octobre 2006, numéro 632

 

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Opinion

Pour une politique équitable des salaires

Ahmad Sayed Moustapha
Professeur à l’Université de Benha

Les enseignants réclament une réévaluation des salaires, de même que les médecins et les professeurs d’universités. En effet, le niveau des salaires de la quasi-majorité des employés de l’Etat reste médiocre. Cependant, revoir les salaires d’une certaine catégorie d’employés de l’Etat encouragera les autres fonctionnaires à faire de même. La question a deux volets. Tout d’abord, le revenu de l’employé doit couvrir ses besoins et lui permettre également de faire quelques économies. Deuxièmement, il est indispensable de lier la rémunération à la production. Un examen approfondi des revenus en Egypte révèle un certain nombre de réalités. En effet, les revenus actuels sont loin de couvrir ne serait-ce que le minimum des besoins des fonctionnaires. Selon un rapport de l’Organisme central des comptes sur les dépenses des ministères et des organismes gouvernementaux pour l’exercice financier 2005/2006, seuls 93 fonctionnaires de l’Etat sur 10 000 touchent un salaire supérieur au maximum, soit 4 500 L.E. par mois, ou un revenu annuel de 54 000 L.E. Par ailleurs, il existe un conseil chargé de mettre en place la politique des salaires des fonctionnaires, qui ne contribue nullement à l’élaboration d’une politique réaliste des salaires. De plus, dans la majorité des unités de l’organisme gouvernemental, il n’existe pas de critères de performances selon lesquels il est possible d’effectuer une évaluation objective des performances de chaque employé, afin d’estimer les primes qu’il mérite vraiment. Sans oublier que les salaires sont liés en général aux diplômes et non aux performances comme l’expérience, la connaissance, l’habileté. De même, il n’existe pas de politique objective liant les primes à la productivité.

Définir un cadre spécial pour une certaine catégorie d’employés de l’Etat sera suivi après quelque temps d’un autre cadre destiné à une autre catégorie. Cependant, ceci est une solution provisoire qui ne résout pas vraiment le problème. Il est indispensable d’élaborer une politique équitable des salaires. Cette politique devra se baser sur une description objective de chaque poste selon laquelle les salaires seront déterminés. L’évaluation des postes devra se baser sur les responsabilités et les risques du métier traduits en points. Puis, les points seront traduits, à leur tour, en rémunérations, en se basant sur le niveau des prix et le taux d’inflation, mais aussi sur celui des salaires des postes similaires dans le secteur privé. De plus, il faudra déterminer des primes qui seront liées au niveau des performances de l’employé et de sa productivité.

Dans ce contexte, il est indispensable de revoir à la hausse le seuil minimum des salaires afin qu’il soit adapté à la hausse des prix.

L’élaboration de cette politique nécessite certainement d’énormes efforts de la part de l’Organisme central de l’organisation et de la gestion et du ministère du Développement administratif. Cependant, tout a un commencement. 

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