Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama, Les pressions mènent à l’explosion
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 Semaine du 18 au 24 Octobre 2006, numéro 632

 

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Opinion

Les pressions mènent à l’explosion

Salama A. Salama

Pendant plus de cinq ans, l’Administration du président Bush, dirigée par les néoconservateurs, a intentionnellement renoncé à la diplomatie traditionnelle en faveur du bâton, des frappes préventives, des menaces et enfin de la force militaire. Toutefois, l’anachronisme d’une politique de « cow-boy » ne parvient pas de nos jours à résoudre les problèmes internationaux, a contrario elle conduit, à coup sûr, à des complications, des guerres et d’énormes sacrifices qui déstabilisent la paix et la sécurité internationales. Sans parler du coût exorbitant d’une telle politique pour les Etats-Unis eux-mêmes. La crise nucléaire coréenne en est la représentation parfaite.

L’Administration précédente du président Clinton avait parcouru un long chemin sur la voie du rapprochement et des négociations afin d’intégrer le régime rebelle de la Corée du Nord dans des relations naturelles avec ses voisins. Puis, l’Administration Bush est arrivée et a opté pour une politique plus dure. L’objectif étant de l’obliger, par la force, à abandonner son programme nucléaire, surtout qu’il s’est avéré qu’elle avait vendu ses secrets nucléaires à des pays comme l’Iran et la Libye. A travers les négociations à six dans lesquelles la Chine, la Russie et le Japon ont été introduits, Washington voulait convaincre Pyongyang d’abandonner son programme nucléaire en contrepartie d’une série d’avantages. Cependant, la Corée du Nord n’y a vu qu’une tentative de surveillance.

Cet arrière-plan explique les raisons pour lesquelles la Corée du Nord a tenu à poursuivre son programme nucléaire jusqu’à réussir sa dernière explosion, ce qui signifie qu’elle a désormais la capacité de posséder l’arme nucléaire. Ce qui fut, de toute évidence, une surprise pour les services de renseignements américains qui ont échoué à empêcher la prolifération nucléaire coréenne, alors que Bush avait juré qu’il ne la permettrait pas.

C’est ainsi qu’apparaît l’absurdité de la politique du président américain, qui a pris l’habitude d’avoir recours à la violence. En effet, Washington ne peut plus utiliser la force militaire contre la Corée du Nord, qui a à sa portée 60 000 soldats américains dans les bases militaires de la Corée du Sud.

Il est évident que l’excès de pressions mène à l’explosion. Ce pays démuni, qui vit sur les aides alimentaires de ses voisins du sud et de la Chine, a défié toutes les pressions avec une insistance incroyable afin de produire cette énergie diabolique et de se défendre contre l’hégémonie américaine.

Dans ce contexte, il faut noter que les Etats-Unis, qui ont obligé, à travers le Traité de non-prolifération nucléaire, les cinq grands pays nucléaires à réduire leur arsenal et les autres pays du monde à ne pas posséder d’armes nucléaires du tout, n’ont pas respecté cette convention. En effet, ils ont dernièrement déclaré qu’ils allaient développer une nouvelle génération d’armes nucléaires. De plus, les Etats-Unis ont adopté la politique de deux poids, deux mesures à ce sujet. C’est ainsi que sont apparus Israël, l’Inde et le Pakistan.

Dans ces circonstances, il était évident que la politique égyptienne échouerait à appeler à une région exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient. En effet, la communauté internationale n’accorde aucun intérêt à celui qui n’a pas la capacité d’exécuter ses demandes. Par conséquent, la dénonciation de l’Egypte de l’explosion nucléaire coréenne n’a pas de place.

Mais est-ce que les sanctions, que les Etats-Unis tentent d’imposer à Pyongyang, parviendront à le détourner de ses objectifs ?

La Chine et la Russie, malgré leur dénonciation manifeste, ne prendront certainement pas part à des sanctions susceptibles d’enflammer la région. Le monde verra probablement le début d’une course à l’armement nucléaire dans le Pacifique. Une course que les Etats-Unis ne parviendront pas à stopper.

 

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