Impasse
Devant l’impasse totale des discussions avec le Hamas sur
un gouvernement d’union nationale, le président
palestinien, Mahmoud Abbass,
est confronté à un casse-tête pour trouver une issue de la
crise sans plonger les territoires palestiniens dans la
violence partisane.
Campant sur ses dogmes, le mouvement islamiste, à la tête
du gouvernement depuis mars dernier, refuse d’accepter une
plate-forme politique comprenant une reconnaissance, même
implicite, d’Israël ou des accords israélo-palestiniens
passés. Or, M. Abbass souhaite
mettre en place un cabinet regroupant le Hamas et son
parti, le Fatah, pour mettre fin au boycott diplomatique
et financier imposé par les
Européens et les Américains au gouvernement Hamas, un
mouvement qu’ils considèrent comme une organisation
terroriste.
Les proches collaborateurs du président palestinien
répètent que M. Abbass « usera
de ses pouvoirs » pour mettre fin à la crise si le Hamas
ne lâche pas du lest avant la fin du mois de Ramadan, qui
s’achève le 23 octobre. Ils évoquent plusieurs scénarios :
le limogeage du premier ministre issu du Hamas, Ismaïl
Haniyeh, et la formation d’un
cabinet d’urgence ou d’indépendants, la tenue d’élections
anticipées ou l’organisation d’un référendum sur une
plate-forme politique modérée.
Mais toutes ces options comportent des risques et sont
difficiles à mettre en application. En l’absence de textes
clairs dans la Loi fondamentale, la Constitution de
l’Autorité palestinienne, toute mesure que prendrait M.
Abbass risquerait, au lieu de
mettre fin à la crise, d’accroître la tension avec le
Hamas et de faire sombrer les territoires palestiniens
dans une guerre civile. Ainsi, la révocation du premier
ministre serait un coup d’épée dans l’eau puisque M.
Abbass serait obligé de
confier le poste à une personnalité acceptée par le Hamas,
qui dispose de la majorité au Parlement. En outre, un
cabinet d’urgence ne pourrait, selon la Loi fondamentale,
exercer au-delà d’un mois sans obtenir l’investiture du
Parlement. Quant à la tenue d’élections anticipées, elle
s’annonce encore plus problématique puisque ce cas de
figure n’est prévu dans aucun texte de la Loi
fondamentale. Sauf si M. Abbass
décidait de démissionner pour permettre la tenue d’un tel
scrutin, ce qui semble exclu puisque cela permettrait au
président du Parlement issu du Hamas, Aziz
Doweik, actuellement détenu
par Israël, d’assumer l’intérim à la tête de l’Autorité
palestinienne jusqu’à la tenue de nouvelles élections. Une
hypothèse qui, en revanche, ne déplaît pas au Hamas.