Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | « Un changement de gouvernement créera un vide constitutionnel »
  Président Salah Al-Ghamry
 
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 Semaine du 18 au 24 Octobre 2006, numéro 632

 

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Monde Arabe

Liban . Khaled Qabbani, ministre de l’Enseignement, évoque la situation politique et économique au pays du Cèdre après l’agression israélienne, ainsi que les efforts du gouvernement pour remettre en état le secteur de l’éducation.

« Un changement de gouvernement créera un vide constitutionnel »

Al-Ahram Hebdo : Comment décrivez-vous la situation politique et économique au Liban après la fin de l’agression israélienne ?

Khaled Qabbani : L’agression israélienne a sans aucun doute conduit à des dommages et des méfaits considérables. Et ce, dans tous les domaines : économique, politique et social. Elle a toutefois échoué à affecter notre unité nationale. Il y a eu de nombreuses tentatives de division interne, mais qui étaient toutes vouées à l’échec. Cela ne veut pas dire que le Liban est exempt de tout différend politique ou social. Le Liban est un Etat démocratique qui respecte la liberté d’expression. C’est un espace interculurel, un lieu de coexistence de religions et d’échanges politiques. Il est, par ailleurs, clair que nous nous sommes toujours inscrits dans une volonté de dialogue et de débats. Ceci est une preuve que le peuple libanais est conscient de ses intérêts.

— Et qu’en est-il de la situation sécuritaire ?

— La situation est stable du point de vue sécuritaire malgré la poursuite des polémiques et des débats politiques. Nous prenons constamment soin de nous en tenir aux canaux démocratiques, sans influer sur la sécurité du peuple libanais. Ce n’est pas la première fois que le peuple libanais passe par ce type de crises, pour en sortir finalement plus fort qu’avant.

— Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, a réclamé la formation d’un gouvernement d’union nationale pour faire face à la situation post-offensive israélienne. Que pensez-vous de cette proposition et quel serait son impact sur la stabilité politique du Liban ?

— La proposition de cheikh Hassan Nasrallah tend essentiellement à garantir la présence du courant de Michel Aoun à l’intérieur du gouvernement actuel. Ce courant dispose, en effet, d’une large base populaire non représentée dans le gouvernement. Il en va de même pour certains autres courants politiques moins importants. Il est toutefois clair que le gouvernement actuel est effectivement un gouvernement d’union nationale, tant que la plupart des courants politiques y sont représentés. L’absence ou la mise à l’écart d’un courant ne signifie pas que ce gouvernement n’est pas un gouvernement d’union nationale.

— Et quelles seraient les retombées d’un éventuel changement de gouvernement ?

— Il est très difficile de procéder à un changement de gouvernement, car il mènera à un vide constitutionnel. Une telle éventualité est difficile à concrétiser étant donné qu’il est difficile de satisfaire tous les courants politiques, chacun ayant sa propre vision ou ses revendications particulières.

En outre, un éventuel changement gouvernemental aura certainement des effets néfastes sur les aides et les subventions accordées au peuple libanais par les Etats arabes et les organisations internationales, qui agissent de concert avec le gouvernement actuel.

— Le secteur de l’enseignement a été très exposé aux destructions de l’agression israélienne. Quelles sont les démarches entreprises par le gouvernement pour le remettre en état ?

— Le gouvernement a déployé à cette fin des efforts considérables. Un atelier de travail a été formé pour faire face aux défis et aux difficultés qui entravent le secteur de l’enseignement. Et ce, comme partie intégrante d’un plan global destiné à reconstruire le quartier Sud de Beyrouth : voies, ponts, usines, bâtiments scolaires, etc. L’agression israélienne a détruit plus d’une cinquantaine d’écoles qui nécessitent plus d’un an pour être remises en service. D’autres ont subi des dommages et des dégâts considérables avec l’arrivée et le séjour de plus d’un million de réfugiés.

— Que pensez-vous des efforts déployés par les pays arabes pour participer à la restructuration du Liban ?

— Impossible de nier le rôle des Etats arabes dans leur soutien au Liban, pendant et après l’agression israélienne. Aucun pays arabe n’a abandonné le Liban. Aucun ne s’est détourné des obligations nécessaires à la résolution de la crise. L’Egypte s’est constamment tenue près de nous, a envoyé un hôpital militaire qui poursuit, jusqu’à présent, ses engagements et services en plus de son engagement à rétablir le service dans les centrales électriques.

— Et leur contribution à restaurer le secteur de l’enseignement ?

— L’Arabie saoudite s’est engagée à prendre en charge tous les frais de scolarité de près de 400 000 élèves. Et ce jusqu’aux études pré-universitaires. Il en va de même pour les Emirats arabes unis qui se sont engagés à fournir aux élèves tous les manuels scolaires allant du primaire jusqu’au secondaire.

Naglaa Abdel-Hafez

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