L’agression israélienne a sans aucun
doute conduit à des dommages et des méfaits considérables. Et ce,
dans tous les domaines : économique, politique et social. Elle a
toutefois échoué à affecter notre unité nationale. Il y a eu de
nombreuses tentatives de division interne, mais qui étaient
toutes vouées à l’échec. Cela ne veut pas dire que le Liban est
exempt de tout différend politique ou social. Le Liban est un
Etat démocratique qui respecte la liberté d’expression. C’est un
espace interculurel, un lieu de coexistence de religions et
d’échanges politiques. Il est, par ailleurs, clair que nous nous
sommes toujours inscrits dans une volonté de dialogue et de
débats. Ceci est une preuve que le peuple libanais est conscient
de ses intérêts.
— Et qu’en est-il de la situation sécuritaire
?
— La situation est stable du point de vue
sécuritaire malgré la poursuite des polémiques et des débats
politiques. Nous prenons constamment soin de nous en tenir aux
canaux démocratiques, sans influer sur la sécurité du peuple
libanais. Ce n’est pas la première fois que le peuple libanais
passe par ce type de crises, pour en sortir finalement plus fort
qu’avant.
— Hassan Nasrallah, secrétaire général du
Hezbollah, a réclamé la formation d’un gouvernement d’union
nationale pour faire face à la situation post-offensive
israélienne. Que pensez-vous de cette proposition et quel serait
son impact sur la stabilité politique du Liban ?
— La proposition de cheikh Hassan Nasrallah
tend essentiellement à garantir la présence du courant de Michel
Aoun à l’intérieur du gouvernement actuel. Ce courant dispose,
en effet, d’une large base populaire non représentée dans le
gouvernement. Il en va de même pour certains autres courants
politiques moins importants. Il est toutefois clair que le
gouvernement actuel est effectivement un gouvernement d’union
nationale, tant que la plupart des courants politiques y sont
représentés. L’absence ou la mise à l’écart d’un courant ne
signifie pas que ce gouvernement n’est pas un gouvernement
d’union nationale.
— Et quelles seraient les retombées d’un
éventuel changement de gouvernement ?
— Il est très difficile de procéder à un
changement de gouvernement, car il mènera à un vide
constitutionnel. Une telle éventualité est difficile à
concrétiser étant donné qu’il est difficile de satisfaire tous
les courants politiques, chacun ayant sa propre vision ou ses
revendications particulières.
En outre, un éventuel changement
gouvernemental aura certainement des effets néfastes sur les
aides et les subventions accordées au peuple libanais par les
Etats arabes et les organisations internationales, qui agissent
de concert avec le gouvernement actuel.
— Le secteur de l’enseignement a été très
exposé aux destructions de l’agression israélienne. Quelles sont
les démarches entreprises par le gouvernement pour le remettre
en état ?
— Le gouvernement a déployé à cette fin des
efforts considérables. Un atelier de travail a été formé pour
faire face aux défis et aux difficultés qui entravent le secteur
de l’enseignement. Et ce, comme partie intégrante d’un plan
global destiné à reconstruire le quartier Sud de Beyrouth :
voies, ponts, usines, bâtiments scolaires, etc. L’agression
israélienne a détruit plus d’une cinquantaine d’écoles qui
nécessitent plus d’un an pour être remises en service. D’autres
ont subi des dommages et des dégâts considérables avec l’arrivée
et le séjour de plus d’un million de réfugiés.
— Que pensez-vous des efforts déployés par
les pays arabes pour participer à la restructuration du Liban ?
— Impossible de nier le rôle des Etats arabes
dans leur soutien au Liban, pendant et après l’agression
israélienne. Aucun pays arabe n’a abandonné le Liban. Aucun ne
s’est détourné des obligations nécessaires à la résolution de la
crise. L’Egypte s’est constamment tenue près de nous, a envoyé
un hôpital militaire qui poursuit, jusqu’à présent, ses
engagements et services en plus de son engagement à rétablir le
service dans les centrales électriques.
— Et leur contribution à restaurer le secteur
de l’enseignement ?
— L’Arabie saoudite s’est engagée à prendre
en charge tous les frais de scolarité de près de 400 000 élèves.
Et ce jusqu’aux études pré-universitaires. Il en va de même pour
les Emirats arabes unis qui se sont engagés à fournir aux élèves
tous les manuels scolaires allant du primaire jusqu’au
secondaire.
Naglaa Abdel-Hafez