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Une bombe
palestino-coréenne
L’annonce de l’essai nucléaire nord-coréen et
les combats interpalestiniens ont fait l’objet de larges
commentaires dans la presse de cette semaine.
« Le monde au bord d’une guerre nucléaire »,
« Les leçons nucléaires coréennes », « Le face-à-face Etats-Unis/Corée
», « La bombe de la Corée du Nord aide l’Iran à construire son
énergie nucléaire ». Tels sont les titres de la presse nationale
cette semaine. Azmi Béchara définit cette crise, dans Al-Hayat,
comme étant « les calculs de la raison et de la folie avec le
nucléaire de la Corée du Nord ». Azmi poursuit en affirmant que
le fait qu’Israël possède seul l’arme nucléaire est une chose
très dangereuse, surtout au moment où l’on exige la
dénucléarisation dans notre région. Alors que Raghda Dergham
estime, pour sa part, toujours dans le quotidien londonien Al-Hayat,
que « la crise nucléaire avec la Corée et l’Iran est un test
pour les relations de Washington avec Moscou et Pékin ».
« Après le séisme coréen, les partisans de
Fatah réclament une nouvelle direction », souligne l’écrivain
Bilal Al-Hassan, dans Al-Hayat. « La bombe nucléaire coréenne a
été un grand défi lancé à l’Administration Bush et à un mois des
élections du Congrès. Ainsi apparaît un nouvel échec pour la
politique américaine contre l’axe du mal. De là survient
l’intérêt pour la question coréenne pour pouvoir porter un
jugement sur l’impuissance américaine face à de tels conflits ».
Sur un ton ironique, l’éditorialiste du
quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom, Réfaat Rachad, écrit sous
le titre « La Corée consomme du Viagra nucléaire ! » et que « le
régime coréen a ainsi obtenu pour son peuple une autosuffisance
sécuritaire et une dignité totale. Ce peuple qui vit dans la
pauvreté et souffre de totalitarisme, peut quand même posséder
les armes nucléaires qui peuvent lui permettre de se défendre
contre le monde ». « De tels actes provoquent forcément
l’animosité de toute la communauté internationale, et éloigne
les alliés sans conviction », explique le Dr Amr Al-Zanatte dans
le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom.
Ce climat politique incite l’éditorialiste
Mahmoud Ficha à s’interroger dans Al-Ahrar : « L’Egypte
essayera-t-elle de se rappeler ses expériences accumulées dans
les années 1940, ou fera-t-elle appel aux experts étrangers qui,
sans doute, ne feront rien gratuitement, et dans ce cas-là le
transfert technologique portera avec lui un certain alignement
politique ? ». « Si jamais l’Iran décide de procéder lui aussi à
une expérience nucléaire, alors que feront les Etats-Unis s’ils
se retrouvent face à deux nouvelles forces nucléaires ? »,
s’interroge Farouq Goweida, dans Al-Alam Al-Yom.
Tourbillon de violence
Sur le plan régional, les batailles
interpalestiniennes et les craintes d’une guerre civile
continuent à faire la une de la presse nationale et régionale. «
Fatah et Hamas : rencontres et intérêts contradictoires »,
résume l’écrivain palestinien Ahmad Al-Hag, dans Al-Hayat, le
conflit qui oppose les deux factions palestiniennes pour le
pouvoir. En une dans Rose Al-Youssef, « Le Fatah accuse le Hamas
de racisme ». Alors que les territoires palestiniens continuent
à sombrer dans le cycle de la violence, la presse déplore les
luttes interpalestiniennes. « Grave détérioration de la sécurité
entre le Fatah et le Hamas », « Pas de changement profond dans
la région, tant que l’Administration américaine s’alignera sur
les positions israéliennes, que les forces américaines
occuperont l’Iraq et que Washington combattra le programme
nucléaire iranien en se montrant indifférente à l’égard de
l’arsenal nucléaire israélien », rapporte l’éditorial
d’Al-Akhabar. De son côté, l’éditorial d’Al-Ahram met en garde :
« Si le Hamas ne veut pas changer sa position en refusant de
reconnaître Israël et les accords signés avec cet Etat, il doit
s’éloigner du processus politique pour permettre aux autres
parties palestiniennes de poursuivre la voie vers un règlement
».
« Le président syrien Assad fera-t-il la
surprise en acceptant l’invitation du vice-premier ministre
israélien Perez d’aller à la Knesset ? ». C’est dans ce contexte
de tourbillon de violence que l’éditorialiste Karam Gabr pose
cette interrogation inattendue. « Si jamais Assad se rend à la
Knesset, nous ne ferons pas avec lui ce qu’il a fait à Sadate
dans le passé en l’accusant de traître. Les Arabes n’ont pas
intérêt à affaiblir la Syrie », conclut Gabr.
Hoda Ghali |
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Paroles
La privatisation est nécessaire pour toutes
les banques afin de mettre un terme au clivage entre la
propriété et la censure. Je pense que le gouvernement doit
comprendre que vendre une banque n’est pas la même chose que
vendre une usine. Sans nier le rôle du secteur public, je le
redis : la banque Ahli doit être privatisée. La vente des
banques, quant à elle, a besoin d’un grand professionnalisme.
C’est la raison pour laquelle nous devons accepter la
participation des investisseurs étrangers qui ont plus
d’expérience dans ce domaine.
Mahmoud Abdel-Aziz,
Ex-président de la Banque Ahli,
Al-Masri Al-Yom.
Comment faire face à la mort qui nous entoure
de partout ?! Des trains qui s’enflamment, des ferries qui
coulent, et des voitures qui nous écrasent sur les routes. Les
raisons en sont différentes, mais le résultat est le même, la
mort. Les gouverneurs et les experts de la santé se pressent de
connaître les raisons de cette « vague ». Résultat : des
déclarations ici et là, chacun nie sa responsabilité dans les
catastrophes.
Gamal Badawi,
Ecrivain, Al-Wafd.
Il est certain que la secrétaire d’Etat
américaine, Melle Condi, a compris, lors de sa tournée, les
difficultés qui persistent entre le Fatah et le Hamas. Mais Rice
a, cependant, ignoré totalement que c’est Washington qui a mis
les Palestiniens dans cette grave situation. Rice n’a rien
proposé de nouveau et n’a pas fait de véritable promesse pouvant
nous donner le moindre indice d’une bonne volonté de la part de
l’Administration américaine pour sortir le processus de paix du
gel actuel.
Makram Mohamad Ahmad,
Editorialiste, Al-Moussawar.
Certains experts trouvent que la folle
augmentation des prix n’est autre qu’un plan gouvernemental qui
n’a d’autre but que d’annuler les subventions aux matières de
première nécessité. Il s’agit là de la principale philosophie du
gouvernement : supprimer les subventions, et ignorer totalement
la volonté des citoyens à conserver les subventions les plus
élémentaires, qui restent la meilleure solution dans cette
course des prix. Il y a une unanimité selon laquelle le
gouvernement recule avec force dans son rôle de contrôle des
prix. Au moment où ce même gouvernement offre de nombreux
facilités et avantages aux investisseurs et hommes d’affaires.
Nabil Zaki,
Editorialiste, Al-Ahali.
A la surprise de tout le monde, la Corée du
Nord a accompli avec réussite son essai nucléaire, et les
Etats-Unis ont perdu le match. La Corée du Nord a laissé les
Américains se noyer en Iraq, et en Afghanistan, pour accomplir
son projet nucléaire en un temps record. La leçon coréenne
donnée aux Etats-Unis sera une expérience pour beaucoup de
peuples opprimés par l’hégémonie américaine.
Farouq Goweida,
Editorialiste, Al-Alam Al-Yom. |
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