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Can . La participation de plusieurs grands joueurs africains à la 25e édition de la Coupe d’Afrique des Nations est incertaine. Les obligations et pressions des clubs européens où ils évoluent risquent de priver la compétition des meilleurs éléments.

Ira, ira pas ?

C’est le feuilleton de chaque édition qui se déroule à nouveau. Les joueurs africains, en l’occurrence les meilleurs d’entre eux, ont du mal à quitter leurs clubs européens respectifs pour participer à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui se déroulera en Egypte du 20 janvier au 10 février. Les tractations sont engagées depuis peants des clubs, qui refusent à leurs joueurs de participer à la CAN ou qui tentent autant que possible de retarder leur départ. « Je vais demander la permission à la Fédération ivoirienne de garder Kolo Touré et Emmanuel Eboué jusqu’au 14 janvier, afin qu’ils puissent jouer contre Middlesbrough. Ainsi, ils les auront le 15 janvier, soit 6 jours avant le coup d’envoi de leur premier match en CAN », a déclaré Arsene Wenger, le directeur technique de la formation de première division anglaise d’Arsenal. La situation de Touré et Eboué n’est pas un cas spécial, car de nombreux joueurs, évoluant notamment en Angleterre, souffrent de ce problème. La Premier League anglaise est la seule compétition européenne qui ne s’interrompt pas en hiver ; bien au contraire, ils ont une succession de matchs importants à une période assez critique de la compétition, laquelle approche de son dernier tournant. Le règlement de la Fédération internationale de football (FIFA) est clair sur ce point, les clubs doivent libérer leurs joueurs 14 jours avant le début des compétitions internationales, sous peine de sanctions. Mais les choses ne vont pas ainsi, car la majorité des clubs entrent dans des négociations avec les fédérations et mettent beaucoup de pression sur les joueurs. Le président du FC Barcelone, Joan Laporta, et le directeur technique Frank Rijkard ont trouvé un accord avec la fédération camerounaise pour garder la vedette Samuel Eto’o jusqu’avant la CAN. Et bien que ce dernier ait accepté de faire la navette entre Le Caire et Barcelone afin de remplir ses engagements avec son pays et son club, il subit des pressions pour ne pas y aller. La situation est encore en suspens pour le milieu ghanéen du club anglais Chelsea, Michael Essien. « Je comprends l’attitude de ces clubs et je pense qu’ils ont raison. Nous payons leurs salaires et ils doivent considérer la position de leurs clubs aussi. Je ne sais pas combien de temps nous allons les garder, mais nous essaierons de le faire au maximum », a déclaré Harry Redknapp, le directeur technique de Portsmouth, où évolue l’attaquant congolais Lomana Lua Lua. Les joueurs ont même reçu de vraies menaces de perdre leur place au sein de leurs équipes respectives, de non renouvellement de contrat ou de libération en fin de saison. L’attaquant égyptien de Tottenham (D1 anglaise), Ahmad Hossam dit « Mido », n’a pas échappé au feuilleton. « Si Mido ne rentre pas en forme, s’il est blessé après la CAN, il risque de perdre sa place dans l’équipe et de ne pas être recruté définitivement en fin de saison », avait déclaré Martin Jol, son directeur technique. Quant au coach de Bolton, Sam Allardyce, il a opté pour une autre solution. « J’aurais aimé garder mes joueurs, mais puisqu’ils doivent s’absenter pour une durée d’au moins un mois, je suis obligé d’en recruter cinq autres à leurs places en janvier prochain. Je ne peux pas me permettre de détruire le travail de toute une saison en l’espace de quelques semaines en laissant partir cinq éléments importants d’un coup ». Le Nigérian Austin Okocha, les Sénégalais El Hadji Diouf, Khalilou Fadiga, Abdoulaye Faye et le Tunisien Radhi Jaïdi, qui sont tous des titulaires de l’équipe, vont donc rejoindre leurs sélections en CAN.


Un casse-tête pour les joueurs

Par ailleurs, certains joueurs ont préféré leurs clubs d’adoption à leur sélection nationale, tels que le Nigérian Yakubu Ayegbéni (Middlesbrough/Angleterre) et le Sud-Africain Benni McCarthy (Porto/Portugal). Tous les deux ont fait leur place au sein de leurs équipes et ne veulent pas s’arrêter dans leur lancée et risquer la blessure.

La CAN perd donc à chaque édition de nombreuses vedettes, généralement des meilleures, qui auraient pu relever le niveau de la compétition. Et c’est un vrai casse-tête, pas seulement pour les responsables, car le choix est très difficile pour les joueurs aussi, qui mettent dans la balance leur devoir national et leur carrière.

Pour mettre fin à ce casse-tête, plusieurs propositions ont été faites. « Il faut trouver de nouvelles dates à la CAN, car elle cause beaucoup de problèmes aux joueurs africains. Les sélections et les joueurs souffrent, d’autant plus qu’une fois sur deux, celle-ci se joue l’année de la Coupe du monde, ce qui épuise les joueurs », avait déclaré Danny Jordaan, le chef du bureau exécutif du dossier de candidature de l’Afrique du Sud au Mondial.

Quant à Taha Basri, ancien sélectionneur des Pharaons et actuel chef du bureau nord-africain du projet Goal, il nous fait part des idées avancées à la Confédération Africaine de Football (CAF). « Il y a eu des propositions de changer la date de la compétition et d’autres pour qu’elle se joue dans des années impaires, ou tous les trois ou quatre ans, et ceci afin d’alléger les obligations nationales des joueurs africains évoluant à l’extérieur, surtout qu’ils sont aujourd’hui très nombreux ». Le débat n’est pas nouveau, il date de plusieurs années déjà, mais la CAF semble faire la sourde oreille.

Karim Farouk
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