Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Points de vue

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Qu’apportera 2006 aux Arabes ?
Wahid Abdel-Méguid
Politologue

Le monde arabe a franchi il y a plus d’une semaine un Nouvel An, qui selon toute vraisemblance n’apportera rien de nouveau.

L’année 2005 a témoigné d’une panne totale du projet de réforme officielle des régimes arabes, à tel point que tout espoir dans ce sens s’est dissipé. Le discours de la réforme arabe consécutif à la guerre d’Iraq a donné naissance à une nouvelle « institution arabe » sans grande nécessité, et a modifié de manière stérile un système de vote au sein de la Ligue arabe.

Quelques jours avant l’avènement du Nouvel An, le rideau s’est levé sur cette nouvelle institution qui n’est autre que le « Parlement arabe unifié ». En fait, on se pose des questions sur cette appellation, d’autant plus qu’en l’absence de vrais Parlements dans le monde arabe, le fait d’en créer un les rassemblant témoigne de l’ironie ou d’une simple imitation d’autres systèmes régionaux, à l’exemple de l’Union européenne dotée quant à elle d’un Parlement plutôt efficace. Donc, le fait de rassembler tous les conseils législatifs sous l’ombrelle d’un seul et de remanier le système de vote sur les résolutions arabes ne change rien. Le problème ne réside pas dans le mécanisme de prise de décisions, mais plutôt dans la méfiance réciproque qui régit certaines relations interarabes. Il est vrai que ces gouvernements ont réussi à adopter des résolutions au cours de différentes réunions, mais ils ont échoué à activer l’action arabe qui mérite une nette attention. Celle-ci est toujours confrontée à un manque de sérieux dans la concrétisation. Un problème qui ne peut être résolu par le simple remaniement du système de vote, mais il serait plus efficace de modifier les types de relations panarabes, et notamment celles qui sont relatives à la transparence. Souvent un pays approuve une résolution par complaisance à l’égard d’un autre pays, ou de peur qu’il n’attire la haine d’un troisième, au lieu de se livrer à un dialogue constructeur.

La réunion du Parlement arabe a coïncidé avec celle du remaniement du système de vote, avant la fin de l’année 2005. Il n’en demeure pas moins que cette coïncidence révèle que le régime arabe officiel est incapable de faire peau neuve. Partant, le prochain sommet arabe prévu en mars 2006 ne différera pas beaucoup de ceux qui l’ont précédé. Les leaders arabes désireux de se rendre à Khartoum se rencontreront pour poser devant les caméras et adopter un communiqué final préétabli par la réunion des ministre des Affaires étrangères arabes. Il n’y aura rien de nouveau dans ce sommet, sauf s’il s’agit de reconduire le mandat du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui expire dans quelques semaines.

Il est plus probable que cette objection à la reconduction du secrétaire général vienne des pays du Golfe qui ne sont pas en accord avec lui. D’ailleurs, le désaccord qui a été rendu public au cours du dernier sommet est la partie visible de l’iceberg. D’autres pays arabes, avec à leur tête l’Algérie, seraient davantage pour une alternance au poste du secrétaire général.

L’on s’attend donc à ce qu’une tension règne lors du prochain sommet de Khartoum et qu’un nouveau problème vienne s’ajouter à la liste des interminables crises chroniques de l’organisation panarabe.

2006 ne présage rien de bon pour la Palestine et son peuple. Les scénarios envisageables en 2006 pour la Palestine sont de loin les pires. Si les élections palestiniennes se déroulent à la date prévue, l’état de paralysie s’aggravera, et il n’y aura ni vainqueur, ni vaincu. En d’autres termes, les Palestiniens seront incapables de faire leur choix et balanceront toujours entre la solution pacifique ou le déclenchement d’une nouvelle Intifada. Alors que l’ajournement de ces élections accroîtrait la tension entre l’Autorité palestinienne et le Fatah d’un côté, et les factions de l’opposition avec à leur tête le Hamas, de l’autre. En 2005, les enlèvements dans les territoires occupés se sont multipliés jusqu’à devenir un phénomène digne d’étude. Même si 17 étrangers kidnappés ont été libérés.

Un autre phénomène dangereux est en train de prendre forme, celui de la révolte de certaines factions (Brigades des martyrs d’Al-Aqsa), l’aile militaire du mouvement Fatah. Le dernier jour de 2005 a vu des opérations répétées d’occupation de la plupart des centres du pouvoir au centre de Gaza. Ajoutons à ce chapitre les actions israéliennes pour créer un no man’s land au nord du secteur de Gaza. Tout ceci ne promet guère une année 2006 porteuse d’espoir pour les Palestiniens.

Si nous passons au chapitre de l’Iraq, on verra que la crise n’est pas sur le point de se résoudre. Ceci, bien que la fin de 2005 ait redonné un dernier espoir en la possibilité de l’existence d’un régime politique et démocratique dans un Iraq unifié. En Iraq, les forces fondamentalistes qui ont contrôlé le gouvernement provisoire, qui a pris les rennes du pouvoir au terme de janvier 2005, ont ouvert une nouvelle page dans la crise iraqienne, lorsque quelques-uns de leurs partisans ont falsifié les résultats des élections du 15 décembre. D’ailleurs, cette falsification n’aura pas de retombées négatives sur le gouvernement uniquement, mais également sur l’unité et l’intégrité de l’Iraq. Bien que ces élections aient été une occasion historique pour dépasser la division et le déchirement qui se sont aggravés avec la chute du régime de Saddam et avec les sunnites qui ont boudé le scrutin de janvier. La falsification des résultats des élections par des forces fondamentalistes a brouillé toutes les chances. C’est pourquoi, l’Iraq de 2006 semble s’engager dans un nouveau tunnel obscur qui aggrave davantage la situation d’un pays qui vit continuellement un heurt ethnique.

Au Liban, les prémices d’une nouvelle division semblent apparaître, mais cette fois-ci entre musulmans et chrétiens, contrairement à la guerre civile en 1975. Une division qui s’approfondit de plus en plus avec la crise syrienne et ses graves retombées sur le Liban. D’ailleurs, 2006 ne prévoit pas de solution à la crise, surtout après les aveux scandaleux de l’ex-vice-président syrien, Abdel-Halim Khaddam. Si la Syrie est menacée de tomber sous l’étau des sanctions, le Liban, lui, est menacé de vivre une division interne sans précédent.

Pour finir, 2006 présage des scénarios déprimants pour un monde arabe qui vit un état de déséquilibre surtout dans ses régions les plus chaudes, en Palestine, en Iraq et au Liban.

Haut de page
Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631