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Conflit Israélo-Palestinien. De tous les successeurs éventuels de Sharon, Netanyahu est la figure qui inquiète le plus.

Bibi, l’ultra et les autres

Benyamin Netanyahu, 56 ans. Il était le plus jeune premier ministre d’Israël lorsqu’il a présidé le gouvernement entre 1996 et 1999. « Bibi », comme le surnomment ses compatriotes, fait figure de « faucon » attaché au dogme sacro-saint d’Eretz Israël (la terre d’Israël aux frontières bibliques) plus que quiconque. Pur produit de l’élite ashkénaze qui a fondé Israël, il a passé toute sa jeunesse aux Etats-Unis. Débatteur de talent et « expert » des médias, il a fait ses premières armes d’abord à l’ambassade israélienne à Washington puis comme diplomate à l’Onu avant d’être élu à la Knesset en 1988.

Il a succédé à Ariel Sharon en décembre à la tête du Likoud, qu’il conduira aux élections. Il élabore alors un programme qui tourne le dos à la Feuille de route et s’engage à intensifier la colonisation de la Cisjordanie. Bibi se veut un « leader fort » capable d’unifier les rangs du Likoud après la défection de plusieurs ministres qui ont joint le Kadima de Sharon. Il démissionne du ministère des Finances du cabinet de ce dernier début août dernier pour prendre la tête des radicaux anti-retrait de la bande de Gaza et mérite le titre de « l’enfant terrible » de la droite ultranationaliste. Ses positions aujourd’hui ne diffèrent guère de celles qui ont marqué son mandat.

Il considère les Accords d’Oslo comme un fait accompli, mais il reste opposé à la création d’un Etat palestinien et préfère parler d’un statut d’autonomie étendu. Dès le mois d’août 1996, Netanyahu annule une décision prise en 1992 de geler l’implantation de nouvelles colonies en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et multiplie les mesures hostiles aux Palestiniens. Environ deux mois après, il autorise la réouverture, depuis Jérusalem-Est, d’un tunnel longeant l’Esplanade des mosquées. Une décision qui est une provocation pour les Arabes et qui déclenche une série d’émeutes dans les territoires occupés. Accusé en ce moment de provoquer un sabotage systématique des Accords d’Oslo, Netanyahu était vu par des yeux défavorables des Israéliens eux-mêmes. Ces pratiques portent un coup d’arrêt à la normalisation en cours avec les pays arabes.

Son éventuel retour n’est qu’un cauchemar aussi pour les Etats-Unis qui lui gardent de mauvais souvenirs. Bibi avait rejeté en mars 1998 un projet de l’Administration américaine de retrait israélien de 13 % de la Cisjordanie, et fut par la suite largement responsable du blocage du processus de paix. L’accord sur le retrait israélien des 4/5 d’Hébron, ou celui de Wye River portent d’ailleurs son nom. Redevenir premier ministre était un rêve qu’il n’a jamais abandonné. En 2002, il a accepté le portefeuille des Affaires étrangères, espérant ainsi préparer son retour à la tête du gouvernement. Mais il a été largement battu aux élections primaires du Likoud, qui désignent Ariel Sharon comme tête de liste du parti aux élections de janvier 2003. Détenteur, ensuite, du portefeuille de l’Economie, il continue à se poser en opposant numéro un d’Ariel Sharon à l’intérieur du gouvernement, exigeant notamment un référendum sur le retrait de Gaza. Aujourd’hui même si les sondages désignent Shimon Pérès comme favori du scrutin de mars, les observateurs rappellent que Netanyahu avait battu le chef travailliste lors des élections de 1996 puis en 2002 au ministère des Affaires étrangères. Mais ce petit-fils d’un rabbin émigré de Lituanie avait baissé les bras en 1999 devant le Travailliste Ehud Barak .

Ils ont dit

« C’est un homme bon, c’est un homme fort. Un homme qui avait une vision pour la paix, que Dieu le bénisse »,

George W. Bush, le président américain.

« La disparition de M. Sharon laisserait un grand vide en Israël.

C’est un grand événement qui aura des répercussions, en Israël et dans toute la région. Les Israéliens regretteront Sharon, le leader

et le décideur »,

Ahmad Qoreï, le premier ministre palestinien.

« L’incertitude est grande à court terme en Israël et au Proche-Orient »,

Jack Straw, le ministre britannique des Affaires étrangères.

« Qu’il meure ou non, ce qui nous intéresse est que la région parvienne à une solution pacifique, réglant tous les problèmes »,

Faouzi Salloukh, ministre libanais des Affaires étrangères.

« L’espoir que la raison gagnera pour que cette situation dramatique pour les Israéliens n’empire pas la situation déjà très dramatique des Palestiniens »,

Leïla Chahid, la déléguée générale de Palestine auprès de l’UE.

« Le Proche-Orient serait un meilleur endroit sans Sharon. Le monde est sur le point de se débarrasser d’un des principaux leaders du mal »,

Sami Abou-Zouhri, porte-parole du Hamas.

« Ce qui arrive à Sharon est une volonté divine réservée aux despotes et aux malfaisants. Dieu en a eu assez de Sharon, le bourreau de Sabra et Chatila, et nous en a débarrassés »,

Khaled Al-Batch, un des chefs du Djihad.

« Sharon n’a pas cru un seul jour à une solution politique basée sur les résolutions de l’Onu. Il a tout fait pour imposer la défaite au peuple palestinien. Le nom de Sharon est lié aux massacres perpétrés contre le peuple palestinien »,

Maher Taher, représentant du Front populaire de libération de la Palestine.

« Il y a certainement le regret que M. Sharon n’ait pas goûté à la prison et les victimes des massacres de Sabra et Chatila resteront frustrées de ne pas le voir payer sa dette à la société par une peine de prison »,

Chebli Malla, l’avocat libanais des victimes du massacre des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila.

« Soyez certains que non seulement le peuple palestinien, mais aussi toutes les nations islamiques ne toléreront pas un instant ce régime d’occupation et ce gouvernement corrompu que vous avez mis au pouvoir »,

Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien.

« Cela ne nous concerne pas, ni de près ni de loin. La politique israélienne d’assassinat des Palestiniens et de construction de colonies continuera même sans Ariel Sharon »,

Mohamad Habib, le numéro 2 de la confrérie des Frères musulmans en Egypte.
 

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