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Réfugiés. 10 jours après les incidents de la place Moustapha Mahmoud qui ont fait 27 morts et 102 blessés lors de l’évacuation des réfugiés soudanais, les réactions se poursuivent.

Ondes de choc

L’affaire des réfugiés soudanais qui ont été évacués par la force dans la nuit du 29 au 30 décembre dernier, et qui a fait 27 morts et 102 blessés, n’est pas close. Ses répercussions se font ressentir à tous les niveaux. En Egypte, le ministre de l’Intérieur, Habib Al-Adeli, a affirmé qu’à la suite de ces incidents, chacun des cas de ces Soudanais a été étudié à part. « Ceux qui avaient la carte jaune, leur permettant de séjourner en Egypte, ont été immédiatement libérés, alors que ceux qui étaient entrés en Egypte de façon illégale ont été extradés vers le Soudan », a affirmé le ministre de l’Intérieur. Et d’ajouter : « Nous attendons maintenant les rapports du HCR (Haut-Commissariat aux Réfugiés) concernant 640 cas qui n’ont pas de carte jaune et qui ne font pas partie des réfugiés ». Pour sa part, le HCR ne s’est pas encore prononcé sur ces 640 cas. « Nous avons demandé un délai des autorités égyptiennes pour vérifier leur statut et voir si ces personnes ont besoin de bénéficier d’une protection internationale », a déclaré Stort Van Genderen, porte-parole du HCR. En attendant que leur statut soit déterminé, ces Soudanais sont dans la prison de Qanater Al-Khaïriya, pour ce qui est des femmes, alors que les hommes sont aux prisons de Tora et d’Abou-Zaabal.

De son côté, l’opinion publique égyptienne s’est beaucoup calmée à la suite de la diffusion, par le député du PND (Parti National Démocrate, au pouvoir) Mohamad Aboul-Einein, d’une vidéo qu’il avait enregistrée montrant que ce sont les Soudanais qui ont commencé par jeter des bouteilles et des pierres contre les forces de l’ordre. De même, il s’est avéré que la plupart des morts ont été asphyxiés après que les tentes en plastique installées par les Soudanais furent tombées sur eux et non à cause des coups des policiers égyptiens.

Toutefois, il semble que la police égyptienne a bien compris la leçon. En fait, quelques jours après les incidents de la place Moustapha Mahmoud, un autre sit-in a été organisé par 1 000 Soudanais à l’église du Sacré-Cœur, au centre du Caire, pour protester contre la façon dont l’Egypte a traité les réfugiés. Les forces de l’ordre ont donc intervenu et évacué ce sit-in sans bruit.

C’est le sort des Egyptiens résidant au Soudan qui semble aujourd’hui incertain. En fait, le gouvernement du Sud-Soudan a renvoyé la communauté égyptienne résidant au sud, notamment dans les régions de Juba et Mikaal, pour le moment vers Khartoum « pour garantir leur sécurité ». D’après le ministre soudanais des Affaires étrangères, cette décision est provisoire jusqu’à ce que l’opinion publique soudanaise se calme. Il a ajouté qu’il n’y avait aucune politique hostile à l’Egypte et que ces mesures avaient uniquement pour but de protéger les ressortissants égyptiens.

Hassan Abou-Taleb, directeur de rédaction des Dossiers stratégiques d’Al-Ahram, estime que cette décision vise à protéger les Egyptiens, mais que c’est aussi « un moyen indirect d’exprimer la protestation du gouvernement sud-soudanais vis-à-vis de la violence utilisée contre les Soudanais ». Selon Abou-Taleb, cette décision ne représente que le gouvernement du Sud. « Toutefois, l’Egypte se trouve aujourd’hui obligée de justifier cette violence ». Une réunion extraordinaire dirigée par le premier vice-président Salva Kiir à Juba, capitale du Sud-Soudan, s’est soldée par la décision de former un comité ministériel qui doit se rendre prochainement au Caire pour convaincre les réfugiés de rentrer au Soudan. De même, le comité va exprimer au HCR sa consternation face aux moyens utilisés par la police égyptienne pour évacuer les réfugiés.

Chérine Abdel-Azim

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