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Club des Magistrats. Son rapport sur les violences lors du dernier scrutin législatif est sur le point d’être rédigé. Les juges menacent de réclamer une enquête internationale si les responsables ne sont pas punis.

La fronde reste vive

La commission générale chargée de suivre et d’évaluer les élections législatives dépendant du Club des magistrats (instance faisant office de syndicat) a tenu sa première réunion la semaine dernière. La commission, qui regroupe 15 conseillers et magistrats, a été divisée en groupes ayant chacun pour rôle d’examiner les abus ayant marqué le scrutin législatif dans les différentes circonscriptions. Mahmoud Réda Al-Khodeiri, président du Club des magistrats à Alexandrie, explique : « Nous examinons un grand nombre d’abus sous forme de fraude, baltaga et autres, ayant eu lieu au cours des législatives. Notre rôle est de savoir la vérité. La commission a achevé ses enquêtes dans certains cas et lorsqu’elle achèvera le reste, nous publierons un rapport regroupant tous les abus vérifiés ». Al-Khodeiri affirme que les abus de la circonscription de Bandar Damanhour, où les candidats étaient Gamal Hechmat des Frères musulmans et Moustapha Al-Fiqi du PND, sont les cas où les enquêtes sont déjà terminées. Les autres enquêtes bouclées sont celles liées aux cas où les forces de sécurité ont fermé l’accès aux circonscriptions aux électeurs pendant des heures, notamment dans les circonscriptions où des candidats Frères s’étaient présentés.

Hicham Bastawissi, vice-président de la Cour de cassation et membre de la direction du Club des juges, affirme que les cas où les enquêtes se poursuivent concernent des circonscriptions comme Doqqi où l’on suspecte l’implication des juges dans la fraude. En attendant, les cas où les abus ont été confirmés ont été transférés au procureur général.

Les membres de la commission ont par ailleurs menacé de demander une enquête internationale si les responsables de ces violations n’étaient pas punis. Les juges ont fixé un délai de trois mois au gouvernement pour punir les responsables dans ces infractions, faute de quoi ils demanderont l’ouverture d’une enquête internationale. Le délai a commencé à la suite du transfert au procureur général des premiers cas, soit le 19 décembre dernier. « Les décisions du Club des juges constituent un message clair au peuple égyptien et à la communauté internationale que les magistrats égyptiens ne toléreront plus les atteintes aux droits de l’homme en Egypte et ne lâcheront pas leur bataille pour l’indépendance de la justice et la démocratie », a affirmé Hicham Bastawissi. Et d’ajouter : « Si le procureur général s’abstient de traduire en justice les responsables des fraudes, des agressions contre les juges, les électeurs et les violations contre les manifestants du 25 mai 2005, nous aurons recours à des commissions d’enquête internationales ».

Ces déclarations viennent confirmer que la fronde des juges qui veulent mettre fin à la tutelle du ministère de la Justice sur le corps judiciaire, qui a éclaté en avril dernier et qui s’est accentuée lors des récentes législatives, est loin d’être terminée .

May Atta

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