— Avant la rencontre de Paris, le président
Moubarak s’était rendu en Arabie saoudite. Est-ce pour essayer
d’alléger les pressions sur Damas ?
— Les choses ne se présentent pas ainsi. Les
entretiens avec l’Arabie saoudite et la France ont eu lieu dans
l’objectif de réaliser la stabilité de la région en empêchant
l’apparition de nouveaux foyers de tension. Tout le monde doit
œuvrer pour aider la Syrie à répondre favorablement aux résolutions
internationales, cela à notre avis assurera la stabilité du
Liban et aidera les Libanais à resserrer les rangs. Il faut
trouver le juste équilibre qui permettra à ces deux pays d’établir
le genre de relation qui puisse assurer leurs intérêts réciproques.
La Ligue arabe a pris une position exemplaire à cet égard, les
ministres arabes des Affaires étrangères ont exprimé une vision
claire, et tout le monde s’accorde sur l’importance d’appeler
à un sommet arabe extraordinaire pour se pencher sur ce dossier.
— La France a réussi à faire voter une résolution
en faveur de l’élargissement de l’enquête afin de découvrir
et de juger les assassins de Rafiq Hariri ...
— C’est aussi la volonté de tous. Nous voulons
tous poursuivre l’enquête et en connaître l’aboutissement, sans
toutefois exposer les pays et les peuples de la région à des
secousses dangereuses.
— Pensez-vous que les virulentes déclarations
de l’ancien vice-président syrien Abdel-Halim Khaddam risquent
d’anticiper la chute du régime syrien ?
— Je ne le crois pas. Il y a eu une résolution
du Conseil de sécurité, et il y a une enquête qui est en cours
et dont il faudra accepter le résultat. Si l’identité de l’assassin
de Hariri est révélée, le criminel doit payer pour son forfait.
— L’Egypte a-t-elle proposé de soutenir la
Syrie contre des concessions que Damas ferait au Liban ?
— Non. L’Egypte se contente de discuter les
grandes lignes de la situation telle que nous la voyons. Nous
avons discuté avec les Saoudiens et les Français et nous poursuivrons
les pourparlers avec d’autres pays influents afin d’éviter une
explosion de la situation. Du moment qu’elles représentent la
légitimité, les résolutions internationales deviennent indiscutables.
La résolution 1 644 est irrévocable d’autant plus qu’elle est
placée sous le signe du chapitre VII de la Charte de l’Onu.
Nous espérons que cette résolution aboutira dans un cadre juridique
et non politique, ce qui suppose une coopération de la part
de la Syrie.
— Quelle est la position exacte de l’Egypte
face à tous ces défis ?
— Comme je vous l’ai déjà dit, l’Egypte essaye
d’éviter une déstabilisation du Moyen-Orient. Cette région fait
l’objet de pressions de toutes sortes et de défis de taille
: le processus de paix israélo-palestinien est au point mort,
la situation en Iraq laisse craindre une guerre civile, les
relations entre l’Iran et les pays occidentaux sont très tendues,
sans parler de la situation difficile au Darfour ... L’Egypte
et la France travaillent pour neutraliser les foyers de tension
pour sauver la paix et la stabilité de cette région.
— Comment jugez-vous la situation actuelle
au Liban ?
— La situation au Liban est loin d’être calme
à cause des assassinats et de la polarisation dont témoigne
la scène politique du pays. Cela ne tardera pas à avoir des
conséquences sur toute la région, la tension récente sur la
frontière avec Israël en est une .