« Un homme
qui s’est vendu lui-même », « La crise de la Syrie et
le destin du régime », « L’Egypte tentera-t-elle de
protéger Bachar ? », « Le putsch du deuxième homme syrien
», « Abdel-Halim Khaddam et la catastrophe des gouvernements
arabes », « Le destin de la Syrie, du Liban, du Hezbollah
après la bombe de Khaddam ! », « Abdel-Halim Khaddam,
entre l’incapacité du pouvoir et l’absence de l’opposition
», a titré cette semaine la presse en réaction aux affirmations
de l’ancien vice-président syrien Abdel-Halim Khaddam.
De nombreux
commentateurs et analystes mettent par ailleurs en doute
la crédibilité de ses propos. L’éditorialiste Ibrahim
Seada souligne dans Al-Akhbar que « ce qu’a dit Khaddam
est loin d’être impressionnant. (...) Les déclarations
ne sont pas du tout étonnantes, car nombreux sont ceux
qui perdent la raison dès qu’ils tombent de leurs fauteuils.
Car il ne voyait pas d’un bon œil son retrait politique
après avoir tant servi avec Assad le grand ».
Karam Gabr
pose la question clairement dans le magazine hebdomadaire
Rose Al-Youssef : « Pourquoi l’héroïsme de Khaddam apparaît-il
maintenant, après avoir quitté le parti au pouvoir,
le Baas, et sa fuite vers Paris ? Le destin des
nations et peuples arabes doit-il toujours être à la
merci des convoitises personnelles ! ».
L’éditorialiste
Momtaz Al-Qott explique dans Akhbar Al-Yom que « tous
les indices portent à croire que la commission internationale
d’enquête a un rôle très politisé, et fait pression
sur la Syrie. Ce en demandant au président syrien d’être
interrogé par la commission d’enquête. Ou encore la
division du leadership syrien et l’affaiblissement de
la situation interne du pays à travers la dissidence
de l’ancien vice-président syrien, Abdel-Halim Khaddam
».
Les déclarations
de Abdel-Halim Khaddam ont eu aussi de graves répercussions
sur la situation intérieure de la Syrie, ce que relève
aussi la presse. « Le témoignage de Khaddam n’est pas
juste, il est même ambigu. Il s’agit plutôt d’un règlement
de comptes avec le régime, après que son rôle eut été
réduit », souligne Sanaa Saïd dans le quotidien d’opposition
Al-Wafd. Et sur un ton très accusateur, Sanaa Saïd ajoute
: « Comment Khaddam peut-il prétendre servir son pays,
alors qu’il ne fait que nuire aux intérêts de la Syrie,
en l’offrant sur un plateau en argent à ses ennemis
qui ne veulent qu’isoler la Syrie de ses partenaires
arabes en l’accusant de criminelle hors la loi ? ».
Dans le
quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom, Magdi Mehanna,
affirme que « tout ce que veut Khaddam, c’est vendre
la Syrie dans une transaction, dont il sortira indemne.
Il offre ses services à la communauté internationale
afin d’être le prochain président de la Syrie. Khaddam
n’est autre qu’une copie conforme du régime actuel ».
« La carrière de Khaddam est derrière lui : son passé
est loin d’être politique. Khaddam ne peut être une
alternative ! », conclut Mehanna.
L’hebdomadaire
Al-Osboue titre sa une en rouge : « L’énigme Khaddam
et le complot contre la Syrie ».
Mais il
semble que le pouvoir syrien a aussi sa part de responsabilité.
Ce pourquoi l’écrivain syrien, Waël Al-Sawah, ne mâche
pas ses mots dans le quotidien londonien Al-Hayat :
« Ce qui est terrible, c’est que les Syriens n’ont pas
de véritable alternative démocratique à la situation
actuelle. Les paris sont lancés autour des Frères musulmans
ou les symboles totalitaristes (dont Khaddam) ». « Le
pouvoir a par ailleurs une grande part de responsabilité
en étant absent de la rue syrienne. L’affaiblissement
politique de l’opposition est aussi responsable car
elle est loin du peuple », conclut Al-Sawah .