| |
|
Iraq.
Le pays est en proie à un nouveau regain de violence. Les tentatives
de dialogue des Etats-Unis avec les rebelles ne donnent pas
de résultats tangibles.
|
| La
tension à son comble |
Une
fois de plus, la violence était au rendez-vous cette semaine,
où plus de cent Iraqiens ont trouvé la mort dans des attentats
sanglants. De son côté, l'armée américaine a reconnu avoir
perdu onze soldats en Iraq dans la seule journée de jeudi.
Une journée particulièrement sanglante qui a vu 115 personnes,
notamment chiites, périr dans des attentats suicide et des
attaques, alors que le numéro 2 d'Al-Qaëda, Aymane Al-Zawahri,
a appelé le président Bush à « admettre sa défaite » en Iraq.
Ces décès portent à au moins 2 192 le nombre de soldats américains
et personnels assimilés morts en Iraq depuis l'invasion du
pays en mars 2003, selon les chiffres du Pentagone.
Ces
violences ont créé un lourd climat dans le pays, où le puissant
parti du Conseil Suprême de la Révolution Islamique en Iraq
(CSRII) a rejeté la responsabilité des attaques anti-chiites
sur la Force multinationale et les formations politiques iraqiennes
qui « soutiennent le terrorisme ». Le parti de Abdel-Aziz
Hakim, tête de liste des chiites conservateurs, donnés gagnants
des élections, a affirmé que ces attaques avaient été rendues
possibles par « les importantes pressions de la Force multinationale
sur les ministères de la Défense et de l'Intérieur pour les
empêcher de jouer leur rôle consistant à pourchasser les terroristes
et à préserver les vies d'Iraqiens innocents ». Le CSRII fait
référence aux critiques des méthodes des forces de l'ordre
iraqiennes, après la découverte par l'armée américaine de
centres de détention où des détenus auraient été maltraités.
« Empêcher les deux ministères et les services de sécurité
de remplir leur mission expose les Iraqiens à un terrorisme
cruel (...). Et, dans ce cas, notre peuple n'a d'autre choix
que de se préparer à se défendre avec tous les moyens possibles
», a ajouté le CSRII. « Notre peuple ne saura patienter longuement
face à ces lâches crimes confessionnels », a-t-il poursuivi,
en dénonçant un « complot visant à exterminer les chiites
comme l'a déclaré (Abou-Moussab) Al-Zarqaoui », le chef du
groupe Al-Qaëda en Iraq et ennemi public numéro un dans le
pays.
«
Ces crimes sont intervenus après les déclarations publiques
et les menaces publiques d'une guerre civile de la part de
partis iraqiens ayant échoué à atteindre leurs objectifs électoraux
», a affirmé le CSRII. « Ces partis sont responsables de chaque
goutte de sang versée par les Iraqiens innocents, et le marchandage
consistant à jouer la vie d'Iraqiens pour des gains politiques
renforcera notre conviction de ne pas associer au prochain
gouvernement ceux qui appellent ou qui justifient le terrorisme
», ajoute le texte.
Plusieurs
responsables sunnites avaient contesté avec des termes durs
les résultats partiels des élections législatives du 15 décembre.
Un responsable du Parti islamique, le principal parti sunnite,
Tareq Al-Hachimi avait ainsi averti le 20 décembre dernier
toutes les parties concernées par ce scrutin « de ne pas jouer
avec le feu ». « La commission électorale peut encore corriger
cette situation, sinon elle sera totalement responsable de
cette fraude qui aura des répercussions graves sur la situation
sécuritaire et économique », avait dit M. Hachimi.
|
Dialogue
entre Washington et les rebelles
|
|
Les
Etats-Unis ont tenté de minimiser le nouveau regain de violences
qui s'est emparé de l'Iraq ces derniers jours affirmant que
le processus politique en cours va permettre de désamorcer ces
tensions. Ainsi, le général américain George Casey, commandant
en chef des forces américaines en Iraq, a affirmé que « la violence
n'allait pas conduire à une guerre civile ou briser les négociations
politiques pour la formation d'un gouvernement ». Interrogé
vendredi sur CNN, il a qualifié cette flambée de violence d'«
anomalie ». « Ils (les Iraqiens) sont dans une période vulnérable
pendant la formation du gouvernement, mais je ne pense pas qu'ils
soient sur le point de sombrer dans la guerre civile », a-t-il
dit.
N'empêche
que les Etats-Unis, vu la poursuite sans répit de la violence,
ont engagé un dialogue beaucoup plus soutenu avec les chefs
des rebelles iraqiens, tentant d'exploiter une fracture grandissante
entre ces derniers et des groupes comme Al-Qaëda. Des discussions
ont déjà eu lieu par le passé, mais elles se sont intensifiées
depuis l'automne pour essayer d'intégrer les chefs des rebelles
iraqiens au processus politique, a écrit samedi le New York
Times, citant un diplomate occidental favorable à ces échanges,
un dirigeant politique iraqien et un des meneurs de l'insurrection.
Selon le diplomate, les Américains discutent d'homme à homme
avec les insurgés et par le biais d'intermédiaires avec leurs
principaux chefs.
Ce
dialogue s'appuie sur le constat que les affrontements entre
l'insurrection iraqienne et Al-Qaëda semblent plus nombreux
depuis quelques mois dans le triangle sunnite au nord de Bagdad.
La fracture partage les groupes locaux, dont l'objectif principal
est de faire partir l'occupant américain, et d'autres plus extrémistes
comme Al-Qaëda, dont l'intention est de rétablir le califat,
mais dont de nombreux chefs sont étrangers et qui se sont aliéné
maints Iraqiens en tuant des milliers de civils.
Les
discussions, qui ont lieu en Iraq et à l'extérieur, veulent
aussi mettre à profit une volonté plus grande de la part des
sunnites de prendre part au processus politique. « Si nous pouvions
parvenir à un accord avec ce qu'ils appellent la résistance,
ils s'occuperont en retour (du Jordanien Abou-Moussab) Al-Zarqaoui
(chef d'Al-Qaëda en Iraq) et des terroristes », dit le diplomate,
qui a cependant reconnu ne pas nourrir d'illusion sur une reddition
immédiate des insurgés, ni même sur la proclamation d'un cessez-le-feu.
Tariq
Al-Hachimi, le chef du Parti islamique iraqien, qui a déclaré
être périodiquement en contact avec les chefs rebelles, a cependant
dit ne pas croire que les discussions aient beaucoup progressé.
L'un des principaux points de discorde réside dans l'exigence
d'un retrait des troupes américaines, ce que rejette Washington
.
|
Hicham
Mourad |
|
| Retour
au sommaire |
| |
|
|