Quelques
mois après avoir rendu hommage à l’écrivain danois
Hans Christian Andersen, l’Opéra du Caire, en
collaboration avec l’Orchestre symphonique du
Caire, accueille le ballet royal danois (The Royal
Danish Ballet). C’est d’ailleurs la première fois
que le ballet classique, La Sylphide, est donné
au Caire, suite à un protocole signé avec l’Opéra.
« La Sylphide de Bournonville est la meilleure
incarnation du style de la compagnie du ballet
royal danois, l’une des plus importantes du monde
», souligne Arménia Kamel, directeur artistique
de la Troupe du ballet de l’Opéra du Caire.
Lancée
le 18 mars 1832, à l’Académie royale de musique
de Paris par Filippo Taglioni, la période du ballet
romantique débutera justement avec La Sylphide.
Quatre ans plus tard, le célèbre chorégraphe et
directeur de la Troupe du ballet royal danois,
Auguste Bournonville, en fait une nouvelle version
à Copenhague.
Ainsi,
contrairement à la tendance du ballet romantique
de l’époque, Bournonville ne place pas la danse
masculine en retrait face à la danse féminine.
Il confère plutôt à tous les danseurs une importance
équivalente. Une raison pour laquelle l’école
danoise est réputée pour la formation de grands
interprètes masculins.
Mis
en musique par Herman Severin Lovenskiold et mis
en scène par Nikolaj Hüube, le ballet La Sylphide
est une œuvre légendaire qui tourne autour d’un
jeune paysan écossais, James, lequel tombe amoureux
d’une sylphide bien qu’il soit fiancé. Le jour
de son mariage, il décide de s’enfuir avec elle
pour chercher refuge dans la forêt. Il y rencontre
une vieille sorcière qui lui offre un voile pour
qu’il le mette autour de la taille de sa sylphide
pour la capturer. Ainsi, pourra-t-il la faire
vivre avec lui sur terre ? Toutefois, en portant
ce voile, elle perd ses ailes et ensuite sa vie.
Déçu, James aperçoit au loin son ancienne fiancée
en train d’épouser son rival.
Le
héros possède une double nature et cherche souvent
à joindre l’impossible. Une notion romantique
s’en dégage.
L’harmonie
est le mot-clé de toutes les œuvres de Bournonville
qui unit chorégraphie et mimique pour en faire
une parfaite combinaison. Selon lui : « L’art
de la mimique permet de condenser toutes les émotions
de l’âme. La danse, d’une autre part, est essentiellement
une expression de joie, de ce désir de vouloir
suivre les rythmes de la musique ».
Un
esthétisme de rêve que le public cairote est invité
à savourer.