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Théâtre
. Plusieurs reprises
de pièces à succès se jouent actuellement sur les planches,
donnant l’impression de résurrection d'un répertoire oublié.
Toutes usent du passé pour transcender le présent.
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Questions
sur des come-back
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Est-ce
un retour au répertoire théâtral égyptien ? A voir trois
pièces qui se donnent avec succès en ce moment, et lesquelles
appartiennent au répertoire des années 1980-1990, la question
est à nouveau sur le tapis. Pour plusieurs, cette notion
de répertoire est un peu trop vague, parlant du théâtre
égyptien. Le dramaturge Aboul-Ela Al-Salamoni, auteur
de Ragol al-qalaa (L’Homme de la citadelle), souligne,
en effet, cet état de flou artistique. « On ne peut pas
parler d’un vrai répertoire théâtral égyptien. Tous les
grands théâtres du monde comme la Comédie Française ou
le Old Vic prévoient au cours de leur programmation annuelle
une place déterminée pour les pièces du répertoire. En
Egypte, cela n’a jamais été le cas ». Et d’ajouter : «
Cette année, les occasions politiques — commémorations
ou autres — se sont multipliées favorisant le retour de
ce genre de spectacles se déroulant dans un cadre historique
particulier. Or, à vrai dire un répertoire au sens propre
du terme n’est pas censé être lié à de pareilles conditions.
Si l’Organisme du théâtre de l’Etat envisageait un vrai
plan en ce qui concerne le répertoire, il aurait dû l’annoncer
préalablement ».
Ragol
al-qalaa, cette mise en scène de Nasser Abdel-Moneim qui
remonte à l’année 1993 a été reprise en effet afin de
célébrer le bicentenaire de Mohamad Ali. L’acteur principal
demeure le même, Tewfiq Abdel-Hamid, mais la nouvelle
version se veut beaucoup plus réaliste ou plus collée
aux questions politiques à l’ordre du jour.
Le
metteur en scène Essam Al-Sayed, qui a depuis toujours
rêvé de redonner sa mise en scène de 1989 Ahlan ya bakawat,
(Bienvenue aux beys), soulève également le même problème.
« On est encore loin de l’idée du répertoire. Nous n’avons
pas d’archives enregistrant les détails des performances
données, au niveau du décor, des costumes, de la mise
en scène, etc. Cela provient d’une carence financière
en premier lieu ». Aujourd’hui, si Ahlan ya bakawat a
été reprise sur les planches du Théâtre national, c’est
d’abord dans le but d’être filmée en vidéo. La pièce marque,
en effet, le retour aux planches de deux stars incontestées
qui sont Hussein Fahmi et Ezzat Al-Alayli. Deux amis de
longue date, qui font tout au long de la pièce, un voyage
dans le passé, revenant aux temps des Mamelouks. Ainsi,
ici aussi le passé n'est qu'une projection sur le présent,
critiquant l’état des lieux sociopolitiques d’après un
texte de Lénine Al-Ramli. « On vit le prolongement des
circonstances politiques qui régnaient en 1989. Il n’y
a pas de changements quant à la mise en scène ou le texte,
mis à part quelques détails vestimentaires et décoratifs
», indique Essam Al-Sayed, affirmant que la reprise de
Ahlan ya bakawat en ce moment précis relève plutôt du
hasard.
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Des
pièces à succès
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Sur
le plan officiel, les responsables du théâtre de l’Etat
avancent toute une autre interprétation, beaucoup plus
optimiste. Galal Osmane, directeur du théâtre Al-Ghad,
tente d’affirmer que tout se fait dans l’ordre de créer
un vrai répertoire. Du moins, c’est l’intention affichée.
« Les spectacles qui se donnent actuellement sont des
pièces à succès, qui n’ont jamais été archivées ni filmées.
D’ailleurs, tout au long de l’histoire du théâtre égyptien,
l’on peut compter de nombreux chefs-d’œuvre qui sont tombés
dans les oubliettes, car n’ayant pas été enregistrés.
On travaille actuellement suivant un plan précis. Mais
l’on est en phase de préparation. Dans ce cadre, le théâtre
Al-Ghad va reprendre Chafiqa et Métwalli et Toboul Faust
(Les Tambours de Faust) ».
Les
pièces en question n’appartiennent pas à un genre en particulier
et ne sont pas supposées être toutes classiques.
L’essentiel
c’est qu’elles aient marqué les spectateurs. « Reprendre
le répertoire est toujours très important. D’une part,
il montre aux jeunes générations les chefs-d’œuvre d’antan,
et d’autre part, il permet de créer des archives. Mais
tout de même, il doit être présenté selon une vision contemporaine.
Ahlan ya bakawat version 2006 diffère de la représentation
de 1989 notamment sur le plan visuel. Le décor et les
costumes ont un rôle plus fonctionnel et éblouissant.
Il faut choisir les pièces allant de pair avec la conjoncture
actuelle », précise Chérif Abdel-Latif, directeur du Théâtre
national. Et de poursuivre : « Le public de la Comédie
Française à titre d’exemple est bien déterminé. Cependant,
en Egypte nous n’avons pas cette classification du public
égyptien. Souvent, on conçoit des œuvres ciblant un large
public, toutes tendances confondues, avec un zeste d’actualité
».
Le
directeur du Théâtre national ajoute en effet que pour
célébrer le centenaire de son théâtre, on a prévu également
une reprise. C’est Ahl al-kahf (Les Gens de la caverne),
de l’écrivain Tewfiq Al-Hakim, qui sera à l’honneur. Car
il s’agit de la même pièce qui a inauguré le Théâtre national
en 1935.
Al-Mohakama
(Le Jugement), écrite par Yousri Al-Guindi et mise en
scène par Abbass Ahmad, est une autre reprise qui fait
le tour des provinces. Présentée pour la première fois
en 1976, elle est sortie de l’oubli pour célébrer le centenaire
de l’incident de Donchoway. Il fallait fouiller dans le
répertoire pour trouver cette pièce évoquant le souvenir
de cette insurrection patriotique contre l’occupant anglais,
survenue le 26 juin 1906. La pièce repose sur une technique
de flash-back permettant de ressusciter l’âme des paysans
de ce village du Delta, qui ont péri sous le feu des soldats
anglais et qui cherchent aujourd’hui à juger les coupables.
Encore une fois, le jeu du présent dans le passé est de
vigueur. Ahmad Maher enflamme le public dans le rôle Zahran,
le villageois insurgé qui doit sa « résurrection » à un
événement d’occasion et non à un plan bien défini concernant
le répertoire.
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May
Sélim |
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