— Vous avez à ce jour disputé trois matchs
de championnat national. Lors de chacun d’eux vous avez marqué
un but. Que pensez-vous du niveau égyptien ?
— J’ai suivi les deux championnats de première
et deuxième divisions. Je trouve que le niveau en D2 est médiocre,
bien qu’il y ait de bons joueurs. La première division est peu
intéressante. Mais je suis content, mon jeu est apprécié. Lors
des rencontres de Tersana, le public m’appelle « Servo, Servo
». Ce qui m’enthousiasme beaucoup.
— Auparavant, aucun joueur étranger n’avait
été recruté en D2 égyptienne. Etes-vous en bons termes avec
l’administration et vos coéquipiers ?
— Quand je suis arrivé en Egypte, j’avais l’intention
de signer avec une grande équipe de D1. Mais je me suis rendu
compte qu’elles avaient déjà signé avec d’autres joueurs étrangers.
De plus, le système interdit qu’une équipe comprenne plus de
3 joueurs professionnels. Le courtier Salah Aboul-Magd m’a convaincu
d’aller rencontrer les responsables de Tersana qui avaient besoin
d’un joueur professionnel. Ils m’ont bien accueilli et dès ma
première rencontre avec mes coéquipiers, j’ai été séduit par
leur esprit. Ils tiennent à faire de leur mieux, réussir et
jouer en première division. J’ambitionne de réaliser cet exploit
avec eux.
— Que pensez-vous du niveau de vos coéquipiers
?
— Un grand fossé les sépare de mes coéquipiers
du Portugal. Le football n’est pas la seule chose qui compte
dans leur tête. Ils accordent une priorité à leurs études et
à leur vie privée. Ils sont habitués à monopoliser le ballon
pour se montrer devant le public, alors que je suis chargé de
faire passer le ballon dans la bonne direction. Cela ne veut
pas dire qu’ils sont mauvais mais ils ont besoin de changer
de mentalité et de gagner en expérience.
— Quelles sont, selon vous, vos qualités sur
le terrain ?
— Je suis rapide et je possède une bonne condition
physique. J’excelle dans mon actuel poste de libero. Au Portugal,
on m’obligeait parfois à jouer en poste de milieu défensif mais
je préfère celui de libero. Je mesure 1,88 m, ce qui me donne
l’avantage de frapper des balles hautes.
— Que diriez-vous du niveau de football dans
votre pays ?
— Le Portugal est très lié au Brésil, une des
plus grandes nations du football au monde. Au Portugal, on essaye
actuellement d’avancer sérieusement pour développer ce sport
et atteindre le niveau du Brésil, comme l’a déjà fait l’Argentine.
— Pour finir, quelle est votre impression générale
de l’Egypte ?
— Malheureusement, au Portugal, on a une très
mauvaise idée de l’Egypte et des pays arabes. On croit que c’est
un pays sous-développé, que les gens sont primitifs. Mais ce
n’est pas vrai du tout. Le plus important est que grâce à mes
coéquipiers, j’ai découvert que la population cherche à se développer
et améliorer son niveau de vie. Ce qui représente le premier
pas vers la réussite.