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Football . La D2 égyptienne n’avait encore jamais fait appel aux services d’un joueur étranger. C’est désormais chose faite avec le Portugais Roberto Servn, 21 ans, qui vient d’intégrer Tersana. Entretien.
« L’Egypte est pour moi un tremplin vers l’Europe »

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi avoir décidé d’évoluer sous les couleurs de Tersana ?

Roberto Servn : Je joue au Portugal depuis 10 ans dans les différentes catégories d’âges du club Sportivo Locino de première division. Je cherchais à signer avec un grand club d’Europe. Mais les Européens ne suivent pas le football portugais. Ce qui ne les empêche pas de suivre le foot égyptien où évoluent des talents exceptionnels, et avec qui ils signent de temps à autre des contrats. C’est pourquoi je suis venu en Egypte, qui est pour moi un tremplin vers l’Europe. Jouer à Tersana est une étape. Ensuite, je compte bien intégrer des grands clubs nationaux de D1 comme Ahli et Zamalek et plus tard revenir en Europe.

— Vous avez à ce jour disputé trois matchs de championnat national. Lors de chacun d’eux vous avez marqué un but. Que pensez-vous du niveau égyptien ?

— J’ai suivi les deux championnats de première et deuxième divisions. Je trouve que le niveau en D2 est médiocre, bien qu’il y ait de bons joueurs. La première division est peu intéressante. Mais je suis content, mon jeu est apprécié. Lors des rencontres de Tersana, le public m’appelle « Servo, Servo ». Ce qui m’enthousiasme beaucoup.

— Auparavant, aucun joueur étranger n’avait été recruté en D2 égyptienne. Etes-vous en bons termes avec l’administration et vos coéquipiers ?

— Quand je suis arrivé en Egypte, j’avais l’intention de signer avec une grande équipe de D1. Mais je me suis rendu compte qu’elles avaient déjà signé avec d’autres joueurs étrangers. De plus, le système interdit qu’une équipe comprenne plus de 3 joueurs professionnels. Le courtier Salah Aboul-Magd m’a convaincu d’aller rencontrer les responsables de Tersana qui avaient besoin d’un joueur professionnel. Ils m’ont bien accueilli et dès ma première rencontre avec mes coéquipiers, j’ai été séduit par leur esprit. Ils tiennent à faire de leur mieux, réussir et jouer en première division. J’ambitionne de réaliser cet exploit avec eux.

— Que pensez-vous du niveau de vos coéquipiers ?

— Un grand fossé les sépare de mes coéquipiers du Portugal. Le football n’est pas la seule chose qui compte dans leur tête. Ils accordent une priorité à leurs études et à leur vie privée. Ils sont habitués à monopoliser le ballon pour se montrer devant le public, alors que je suis chargé de faire passer le ballon dans la bonne direction. Cela ne veut pas dire qu’ils sont mauvais mais ils ont besoin de changer de mentalité et de gagner en expérience.

— Quelles sont, selon vous, vos qualités sur le terrain ?

— Je suis rapide et je possède une bonne condition physique. J’excelle dans mon actuel poste de libero. Au Portugal, on m’obligeait parfois à jouer en poste de milieu défensif mais je préfère celui de libero. Je mesure 1,88 m, ce qui me donne l’avantage de frapper des balles hautes.

— Que diriez-vous du niveau de football dans votre pays ?

— Le Portugal est très lié au Brésil, une des plus grandes nations du football au monde. Au Portugal, on essaye actuellement d’avancer sérieusement pour développer ce sport et atteindre le niveau du Brésil, comme l’a déjà fait l’Argentine.

— Pour finir, quelle est votre impression générale de l’Egypte ?

— Malheureusement, au Portugal, on a une très mauvaise idée de l’Egypte et des pays arabes. On croit que c’est un pays sous-développé, que les gens sont primitifs. Mais ce n’est pas vrai du tout. Le plus important est que grâce à mes coéquipiers, j’ai découvert que la population cherche à se développer et améliorer son niveau de vie. Ce qui représente le premier pas vers la réussite.

Propos recueillis par Chourouq Chimy

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