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Agriculture.
Les pesticides n’en
sont pas la seule cause de contamination des légumes et
des fruits. Plusieurs autres facteurs aggravent la situation.
Enquête. |
| Dangers
tous azimuts |
Cet
été de 2005, les pastèques, les pêches et d’autres légumes
et fruits ont été contaminés. Phénomène qui a poussé les
responsables à se pencher sur l’affaire pour en déduire
les causes. Le consommateur, lui, le simple citoyen égyptien,
est convaincu que toute pollution est due aux pesticides.
Or, en réalité, le fait d’utiliser ces derniers n’en est
qu’un élément parmi de nombreux autres qui contribuent
à cette contamination agricole. « Les pesticides sont
sûrement un facteur d’une grande importance mais il existe
une série de faits qui aggravent la situation. Citons,
à titre d’exemple, l’eau d’irrigation polluée, les engrais
chimiques, les mauvais moyens de transport, le choix de
temps non convenable aux récoltes et bien d’autres »,
explique Salah Youssef, expert au Centre des recherches
agricoles. |
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Dangers multiples
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En
réalité, la contamination des eaux d’irrigation figure
en tête de liste des polluants. Car en fait, dans toutes
les régions de l’Egypte qui manquent de drainage sanitaire
et de moyens de se débarrasser des ordures, tous les
déchets sont jetés dans les rivières et les affluents
du Nil. Les cours d’eau se jettent également dans les
rivières. Tous ces déchets comprennent des molécules
de matières lourdes, dont les plus dangereuses sont
le plomb et le cadmium. Lors de l’irrigation, les plantes
absorbent ces deux matières, dont l’accumulation cause
un cancer et la néphropathie. Pire encore, les paysans
lavent leurs habits et leur vaisselle dans ces eaux
et y jettent aussi les dépouilles de leurs animaux.
Les personnes chargées d’asperger les pesticides, elles
aussi, jettent les bouteilles vides dans les canaux.
« Leurs eaux sont donc devenues une source essentielle
de pollution. Elles créent une atmosphère favorable
à la multiplication de tous genres de parasites qui
attaquent notamment les intestins de l’homme. C’est
une source d’empoisonnement de toutes les végétations
», assure Youssef.
Quant aux
engrais chimiques, ils ont été également mis en cause.
Le problème réside dans la négligence des doses et des
normes fixées par les experts pour ajouter ces fertilisants
aux récoltes. C’est ce qui cause des effets néfastes
sur toutes les cultures. La preuve en est la récolte
d’abricot cette année qui ont subi de grosses pertes
sur toute l’étendue du pays. « Les engrais chimiques
déposent des substances toxiques à la surface et à l’intérieur
même des fruits et des légumes qui ne peuvent être supprimées.
Résultat : des effets nocifs sur la santé humaine qui
causeraient les maladies cancéreuses. A cet égard, il
faut noter que selon les dernières statistiques, l’Egypte
compte environ 200 000 nouveaux cancéreux chaque année
et des milliers d’autres malades d’insuffisance rénale
», assure Abdel-Qader Moussa, professeur au Centre des
recherches agricoles.
Quant aux
pesticides qui semblent être pour les citoyens les premiers
coupables, ils revêtent plusieurs aspects, selon les
experts. En fait, ces derniers estiment que tous les
pesticides utilisés en Egypte sont autorisés dans les
quatre coins du globe et ne sont pas cancérigènes. Le
dilemme dans leur utilisation réside dans le temps consacré
à la moisson. « Après avoir utilisé les pesticides,
il faut laisser les récoltes dans les champs au moins
une quinzaine de jours pour que les matières néfastes,
composant les pesticides, perdent leurs effets nocifs
», explique le professeur Moussa. Ce qui n’est pas appliqué
dans notre pays. En effet, la moisson est faite juste
après l’utilisation des pesticides à tel point que le
consommateur sent leur odeur lorsqu’il se rend au marché.
Même dans ce cas, les consommateurs doivent les laisser
au moins dix jours avant de les utiliser.
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Solutions proposées
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En dépit
de cet état de choses, les experts agronomes, eux, pensent
que tous ces problèmes pourraient être résolus si l’on
suit quelques instructions importantes. Tout d’abord,
sensibiliser les citoyens et les cultivateurs. Ce rôle
doit être joué par les ONG qui organisent des ateliers,
des colloques et des conférences sur ce sujet, ainsi que
par les médias. Il faut ensuite que le consommateur ait
le droit de recourir à la justice contre les producteurs,
qu’ils soient des compagnies ou des individus, impliqués
dans la culture de produits contaminés. Finalement, pour
assurer une certaine transparence, « il faut préciser
sur toute marchandise exposée sur le marché non seulement
l’origine de la production et le nom du producteur, mais
aussi la quantité de pesticides utilisés », comme l’affirme
le professeur Salah Youssef, qui pense que cette méthode,
utilisée en Egypte uniquement pour les marchandises exportées,
doit être généralisée pour toute production agricole dans
la consommation locale.
Quant aux
engrais chimiques, ils devraient être remplacés par les
engrais biologiques, qui sont plus utiles et plus sains.
Le ministère de l’Agriculture, quant à lui, a adopté deux
moyens de lutte : le premier consiste à n’utiliser de
pesticides qu’en cas de besoin impératif seulement, avec
des quantités très modestes. Le second consiste à cultiver
des plantes qui se nourrissent des insectes attaquant
les récoltes. Il faut aussi multiplier les hérons, utiles
aux paysans et qui nettoient le sol arable des parasites
et des insectes. Les experts agronomes exigent enfin la
coopération de tous les ministères concernés, dont l’Agence
égyptienne pour les affaires de l’environnement, le ministère
de la Santé et celui de l’Information .
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Doaa
Elhami |
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