Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Environnement

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Agriculture. Les pesticides n’en sont pas la seule cause de contamination des légumes et des fruits. Plusieurs autres facteurs aggravent la situation. Enquête.

Dangers tous azimuts
Cet été de 2005, les pastèques, les pêches et d’autres légumes et fruits ont été contaminés. Phénomène qui a poussé les responsables à se pencher sur l’affaire pour en déduire les causes. Le consommateur, lui, le simple citoyen égyptien, est convaincu que toute pollution est due aux pesticides. Or, en réalité, le fait d’utiliser ces derniers n’en est qu’un élément parmi de nombreux autres qui contribuent à cette contamination agricole. « Les pesticides sont sûrement un facteur d’une grande importance mais il existe une série de faits qui aggravent la situation. Citons, à titre d’exemple, l’eau d’irrigation polluée, les engrais chimiques, les mauvais moyens de transport, le choix de temps non convenable aux récoltes et bien d’autres », explique Salah Youssef, expert au Centre des recherches agricoles.

Dangers multiples

En réalité, la contamination des eaux d’irrigation figure en tête de liste des polluants. Car en fait, dans toutes les régions de l’Egypte qui manquent de drainage sanitaire et de moyens de se débarrasser des ordures, tous les déchets sont jetés dans les rivières et les affluents du Nil. Les cours d’eau se jettent également dans les rivières. Tous ces déchets comprennent des molécules de matières lourdes, dont les plus dangereuses sont le plomb et le cadmium. Lors de l’irrigation, les plantes absorbent ces deux matières, dont l’accumulation cause un cancer et la néphropathie. Pire encore, les paysans lavent leurs habits et leur vaisselle dans ces eaux et y jettent aussi les dépouilles de leurs animaux. Les personnes chargées d’asperger les pesticides, elles aussi, jettent les bouteilles vides dans les canaux. « Leurs eaux sont donc devenues une source essentielle de pollution. Elles créent une atmosphère favorable à la multiplication de tous genres de parasites qui attaquent notamment les intestins de l’homme. C’est une source d’empoisonnement de toutes les végétations », assure Youssef.

Quant aux engrais chimiques, ils ont été également mis en cause. Le problème réside dans la négligence des doses et des normes fixées par les experts pour ajouter ces fertilisants aux récoltes. C’est ce qui cause des effets néfastes sur toutes les cultures. La preuve en est la récolte d’abricot cette année qui ont subi de grosses pertes sur toute l’étendue du pays. « Les engrais chimiques déposent des substances toxiques à la surface et à l’intérieur même des fruits et des légumes qui ne peuvent être supprimées. Résultat : des effets nocifs sur la santé humaine qui causeraient les maladies cancéreuses. A cet égard, il faut noter que selon les dernières statistiques, l’Egypte compte environ 200 000 nouveaux cancéreux chaque année et des milliers d’autres malades d’insuffisance rénale », assure Abdel-Qader Moussa, professeur au Centre des recherches agricoles.

Quant aux pesticides qui semblent être pour les citoyens les premiers coupables, ils revêtent plusieurs aspects, selon les experts. En fait, ces derniers estiment que tous les pesticides utilisés en Egypte sont autorisés dans les quatre coins du globe et ne sont pas cancérigènes. Le dilemme dans leur utilisation réside dans le temps consacré à la moisson. « Après avoir utilisé les pesticides, il faut laisser les récoltes dans les champs au moins une quinzaine de jours pour que les matières néfastes, composant les pesticides, perdent leurs effets nocifs », explique le professeur Moussa. Ce qui n’est pas appliqué dans notre pays. En effet, la moisson est faite juste après l’utilisation des pesticides à tel point que le consommateur sent leur odeur lorsqu’il se rend au marché. Même dans ce cas, les consommateurs doivent les laisser au moins dix jours avant de les utiliser.


Solutions proposées

En dépit de cet état de choses, les experts agronomes, eux, pensent que tous ces problèmes pourraient être résolus si l’on suit quelques instructions importantes. Tout d’abord, sensibiliser les citoyens et les cultivateurs. Ce rôle doit être joué par les ONG qui organisent des ateliers, des colloques et des conférences sur ce sujet, ainsi que par les médias. Il faut ensuite que le consommateur ait le droit de recourir à la justice contre les producteurs, qu’ils soient des compagnies ou des individus, impliqués dans la culture de produits contaminés. Finalement, pour assurer une certaine transparence, « il faut préciser sur toute marchandise exposée sur le marché non seulement l’origine de la production et le nom du producteur, mais aussi la quantité de pesticides utilisés », comme l’affirme le professeur Salah Youssef, qui pense que cette méthode, utilisée en Egypte uniquement pour les marchandises exportées, doit être généralisée pour toute production agricole dans la consommation locale.

Quant aux engrais chimiques, ils devraient être remplacés par les engrais biologiques, qui sont plus utiles et plus sains. Le ministère de l’Agriculture, quant à lui, a adopté deux moyens de lutte : le premier consiste à n’utiliser de pesticides qu’en cas de besoin impératif seulement, avec des quantités très modestes. Le second consiste à cultiver des plantes qui se nourrissent des insectes attaquant les récoltes. Il faut aussi multiplier les hérons, utiles aux paysans et qui nettoient le sol arable des parasites et des insectes. Les experts agronomes exigent enfin la coopération de tous les ministères concernés, dont l’Agence égyptienne pour les affaires de l’environnement, le ministère de la Santé et celui de l’Information .

Doaa Elhami
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631