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Education.
35 000 écoles s’apprêtent à
ouvrir leurs portes le 17 septembre, pour accueillir 20 millions
d’élèves. Etat des lieux. |
Les
problèmes non résolus de la rentrée |
Comme tous les
ans, le ministère de l’Education assure que toutes les écoles
sont prêtes à accueillir les élèves. Plusieurs nouveautés sont
prévues, dont les plus importantes sont les solutions au problème
du sureffectif et la réforme des programmes des matières scientifiques
du cycle secondaire.
Selon
les déclarations du ministère, l’une des nouveautés est la priorité
accordée aux écoles des zones rurales. Ainsi, 1 075 nouvelles
écoles ouvriront leurs portes, dont 80 % dans les gouvernorats
du Delta et de la Haute-Egypte. La ville du Caire sera, quant
à elle, dotée de 350 nouveaux établissements. Ils ressortent
d’un plan qui a coûté 500 millions de L.E. « Ces nouvelles écoles
aideront à mettre fin à long terme au phénomène des deux périodes
dans les établissements gouvernementaux », explique Sami Khodeir,
de l’Organisme des établissements scolaires dépendant du ministère
de l’Education.
En outre, appliqué
depuis 2002, le plan visant à équiper toutes les écoles préparatoires
et secondaires d’ordinateurs reliés au ministère par Internet,
a pris plus d’ampleur. Cette année, 8 800 écoles pourront enseigner
à leurs élèves les rouages de l’informatique et les subtilités
de l’Internet, contre 7 700 en 2003. Les travaux d’entretien
des écoles étaient aussi parmi les priorités du ministère et
ont été entrepris dans 2 502 écoles, alors que 1 155 murs d’écoles
ont été rebâtis.
Cette année, le
ministère a mis en exécution le plan qui consiste à établir
une base de données complète recensant toutes les informations
nécessaires comme les dates de construction et les travaux d’entretien.
En dépit de ces
nouveautés et de ces déclarations rassurantes, le ministère
de l’Education se trouve confronté à d’importants problèmes.
On découvre, selon les statistiques du ministère, que le nombre
d’élèves atteint en moyenne 70 par classe. Pourtant, le ministère
avait déclaré que la rentrée 2005-2006 témoignerait d’une réduction
de ce taux pour atteindre 50 élèves grâce à un plan quinquennal
lancé en 2000 pour construire 10 000 écoles supplémentaires.
Ce même plan a promis d’annuler en 2005, et une fois pour toutes,
le système de la double période. Promesse non tenue. Ahmad Chadi,
professeur d’informatique dans une école publique de Matariya,
quartier populaire du Caire, affirme que dans son établissement,
le cycle primaire compte à lui seul 1 200 élèves, avec 70 élèves
par classe. « Ce sureffectif affecte la qualité de l’enseignement.
Par exemple, il rend difficile l’utilisation du matériel informatique.
L’étude de l’informatique étant devenue obligatoire, elle se
limite malheureusement à un enseignement théorique. Est-il possible
d’apprendre aux élèves l’usage de l’informatique sans jamais
les mettre devant un ordinateur ? », s’indigne-t-il. Salah Zein,
directeur d’une ancienne école qui a pris un palais de l’époque
royale pour siège, se montre, de son côté, critique face à une
autre situation. Selon lui, le ministère avait promis, grâce
à un plan de construction d’écoles, d’arrêter d’exploiter les
palais et les maisons remontant à l’époque royale comme établissements
scolaires. « Mais en réalité, les études se poursuivent toujours
dans ces établissements qui sont tous en mauvais état car certains
d’entre eux n’ont fait l’objet d’aucune rénovation depuis cette
époque. Résultat : des locaux dégradés qui menacent de tomber
en ruine », explique Zein. |
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De l’autre côté
de la barre, le ministère essaie de se défendre. Selon Adel
Hégab, de l’Organisme des établissements scolaires, celui-ci
exécute les plans de construction selon un budget fixé par
le ministère de l’Education. Un budget qui n’est pas suffisant
pour tout accomplir à la fois. « Cette année, la priorité
est accordée à la campagne où on a réussi à résoudre 70 %
des problèmes du sureffectif. L’année prochaine, elle sera
accordée aux écoles des zones populaires. Certains plans ont
été réalisés pour cette rentrée scolaire et d’autres prendront
fin en 2010. N’oublions pas que la tâche de l’organisme ne
se limite pas à construire de nouvelles écoles, mais aussi
à rénover celles qui en ont besoin ».
Il ajoute que
le problème de la densité des classes est un dossier récent.
Le ministère ne s’est rendu compte de sa véritable dimension
qu’en 1992, précisément après le tremblement de terre qui
a frappé l’Egypte cette même année et c’est la raison pour
laquelle l’Organisme des établissements scolaires a été créé.
Il s’agit, selon Hégab, d’une durée trop courte pour réaliser
des résultats tangibles. Ainsi, le problème du sureffectif
ne sera pas résolu avant 2010 car d’ici cette date, 1 500
écoles seront construites tous les ans.
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Au cœur de la problématique
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Par ailleurs,
l’importante nouveauté cette année est celle du développement
des programmes scolaires. Ainsi, une commission a été formée
au début du mois de juin par le Centre de développement des
programmes dépendant du ministère afin de mettre les grandes
lignes de la réforme. Elle porte essentiellement sur la réforme
des programmes scientifiques du cycle secondaire et du baccalauréat,
et vise, selon Ahmad Gamaleddine, ministre de l’Education,
à lutter contre le manque d’intérêt des élèves pour les filières
scientifiques. Ce qui pourrait menacer la recherche scientifique
au moment où ce secteur connaît une grande expansion partout
dans le monde. Les programmes scientifiques sont ainsi censés
ne pas être un condensé stérile d’informations théoriques.
« Il est nécessaire de donner l’occasion aux élèves de réaliser
des expériences scientifiques concrètes. Auparavant, ces expériences
et leurs conclusions se trouvaient dans les livres et les
élèves n’avaient qu’à les apprendre par cœur. Maintenant,
les programmes ont été réformés de façon à ce que les élèves,
avec l’aide de leurs professeurs, puissent aboutir aux conclusions
scientifiques en effectuant l’expérience eux-mêmes », explique
Mohamad Gamal, spécialiste de programmes scolaires au ministère
de l’Education. Et d’ajouter que le ministère a eu recours
à cette réforme pour faire face à un phénomène qui s’est répandu
durant ces cinq dernières années, à savoir l’engouement des
élèves pour les sections littéraires aux dépens des filières
scientifiques. En effet, selon les chiffres du ministère de
l’Education, en 2004/2005, sur les 384 000 élèves candidats
au baccalauréat, plus des deux tiers ont choisi la section
des lettres, alors que dans les années 1980 et 90, ils étaient
répartis de manière égale entre les deux filières. « Ce phénomène
résulte des programmes scientifiques qui ne sont pas présentés
de manière attrayante si bien que ce genre d’études peut paraître
difficile. C’est pour cela qu’on a essayé cette année de présenter
ces matières de façon plus intéressante en utilisant des figures
de démonstration, en simplifiant le style et en supprimant
le superflu », précise Mohamad Gamal. En dépit de ce changement,
les spécialistes pensent qu’il ne servira pas à grand-chose
tant que l’esprit de l’enseignement restera stérile. « L’élève
sera quand même incapable de donner son commentaire car il
ne s’est pas habitué à avoir un esprit critique ou d’analyse.
L’apprentissage aveugle prime dans notre système d’enseignement
: c’est le règne du par cœur. Malgré cette réforme, l’élève
sera toujours obligé de reprendre les formules qu’il a étudiées,
ce qui garantira sa réussite », critique Hassan Ismaïl, pédagogue.
Il reste indéniable
que le ministère aura fort à faire ces prochaines années car
d’autres problèmes importants figurent encore et toujours
sur la liste : la réforme du bac, la réforme de l’enseignement
technique et la lutte contre les leçons particulières .
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Mirande Youssef
Marianne Youssef |
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