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Audiovisuel.
Le gouvernement étudie actuellement un projet de restructuration
du secteur, exclusivement sous son contrôle, pour permettre
une participation du privé.
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| Vents
de réforme sur Maspero |
Maspero
est désormais sous les feux des projecteurs. Il y a effervescence
dans la grande bâtisse, sur la corniche, qui abrite les chaînes
télévisées publiques depuis que le premier ministre Ahmad Nazif
a annoncé, au courant de la semaine, un vaste processus de restructuration.
L’audiovisuel, chasse gardée exclusive de l’Etat, va être ouvert
au privé. Ainsi, le tabou du monopole étatique est fissuré.
Il est trop tôt pour parler d’une privatisation globale des
médias, selon Moustapha Haggag, directeur du cabinet du ministre
de l’Information. Toutefois, il affirme que le secteur des médias
audiovisuels subira sûrement de vastes et profondes transformations.
« Il s’agit d’une évolution qui va de pair avec les tendances
mondiales et les changements sociopolitiques que connaît l’Egypte.
C’est pourquoi l’Etat cherche à se débarrasser petit à petit
des médias et à céder un peu la place au secteur privé pour
jouer un rôle dans ce domaine », estime Haggag. Il explique
que jusqu’à présent, les grandes lignes de ce projet de restructuration
n’ont pas été fixées mais que le ministère travaille actuellement
à réévaluer la situation de Maspero, recenser les actifs de
l’Union de la radiotélévision, étudier les lois qui régissent
cette institution, notamment en ce qui concerne la propriété
des médias, plus particulièrement les chaînes hertziennes. «
Avant de faire un tel pas, il faut étudier les alternatives
pour arriver à la meilleure formule possible. Mais je pense
que la création d’une société holding à laquelle l’Union de
la radiotélévision participera à hauteur de 51 % est l’idée
la plus valable », affirme Moustapha Haggag. Il ajoute que l’Etat
gardera la propriété de quelques chaînes principales, ainsi
que celle de l’information. Les autres chaînes seront vendues
au secteur privé. La création d’une chaîne d’information privée
est également prévue. L’alternative à la privatisation serait
de louer des tranches horaires à des agences de publicité. Telles
sont les grandes lignes du projet de restructuration des médias
qui sera inspiré du modèle français.
Haggag
indique que c’est la concurrence des chaînes satellites et privées
qui est à l’origine de ce plan. Mais il refuse de parler de
privatisation des médias audiovisuels, mais plutôt d’une plus
large participation du secteur privé dans leur gestion.
Maspero
est un mastodonte, où sévissent bureaucratie et gaspillage.
Il suffit de rappeler que les dettes de la radiotélévision ont
dépassé les trois milliards de L.E. et que le nombre de ses
fonctionnaires dépassent les 35 000.
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Une réforme
nécessaire
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Les
avis divergent sur les moyens de cette réforme. Ali Agwa, ancien
doyen de la faculté de communication, estime que cette réforme
doit commencer par la réduction des dépenses, notamment dans
le secteur des chaînes satellites et spécialisées qui représentent
un véritable fardeau pour le budget de la télévision égyptienne.
Il propose de fusionner les chaînes qui se ressemblent et réduire
les heures de diffusion. Il s’oppose à l’idée de vendre ou louer
des tranches horaires aux agences de publicité. « Cela risquerait
de causer une détérioration remarquable du niveau des médias.
Le revenu de la diffusion des pubs est estimé à 400 millions
de L.E. A mon avis, cette somme est suffisante pour mettre fin
à la crise financière », estime Agwa.
Avis
partagé par Malak Ismaïl, célèbre présentatrice qui met en garde
contre le danger de louer des chaînes locales ou des tranches
horaires à des publicitaires. « Cela risque de les mettre sous
la coupe des publicitaires et les hommes d’affaires sans tenir
compte des principes et des mœurs de la société. C’est une chose
que l’on commence déjà à voir sur certaines chaînes où l’on
diffuse des programmes dont les thèmes sont très légers et les
présentateurs non qualifiés », explique-t-elle. Selon Malak
Ismaïl, la restructuration doit commencer par déterminer les
véritables causes de la crise économique de Maspero. En tête
de liste, elle cite la nécessité d’arrêter la diffusion sur
satellite des chaînes locales, qui coûte des millions de livres
en vain. Elle propose aussi une révision des salaires que touchent
les grands responsables et les acteurs des feuilletons, qui
atteignent parfois 2 millions de L.E. par personne.
Pour
sa part, Safouat Al-Alem, professeur à la faculté de communication,
partage l’idée d’ouvrir la porte au secteur privé : « Il faut
que les médias officiels soient limités à quelques chaînes qui
expriment la position de l’Etat, à condition toutefois que chaque
chaîne ait son caractère propre ; et supprimer la diffusion
par satellite de ces chaînes qui coûte des millions de L.E.
». Il souligne l’importance de promulguer une loi régissant
le travail du secteur privé dans les médias. Et de conclure
: « Privatiser et réformer doivent aller de pair. Ce qui compte,
c’est de travailler selon un plan bien étudié » . |
| May
Al-Maghrabi |
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