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Kiosque. La réélection du président Moubarak, pour un cinquième mandat de six ans, a été abondamment commentée dans la presse nationale et régionale de cette semaine.
Glose post-électorale

Avec 88,6 % des suffrages, le président Moubarak a été proclamé vainqueur de la première élection multipartite d’Egypte, loin devant Aymane Nour, chef d’Al-Ghad, (7,6 %) et Noamane Gomaa, chef du néo-Wafd, (2,9 %). « Moubarak, président élu », « Fin de la légalité de Moubarak », « Moubarak obtient la confiance du peuple », « Scandales d’une grande journée de fraude », « Comment Moubarak a-t-il obtenu 88 % ? », « Moubarak doit tenir ses promesses », titre la presse.

Le magazine Rose Al-Youssef parle d’« une seconde république et d’un nouveau régime ». Du même avis, l’éditorial d’Al-Ahram annonce que « la période à venir dans l’histoire de l’Egypte diffère beaucoup de la précédente par le contenu et la forme ». Tout en gros sur la couverture, le magazine hebdomadaire Octobar félicite « le peuple égyptien d’avoir choisi la voie de l’avenir », où l’éditorialiste Ismaïl Montasser affirme que « le peuple a dit son mot et a choisi son leader ». Mais « pour créer l’avenir dont nous rêvons, nous devons tous nous mettre devant nos responsabilités, afin de compléter le processus du transfert démocratique », poursuit-il.

Seule surprise de ces élections, le terrain gagné par Aymane Nour. En effet, Mohamad Al-Chabah, dans Nahdet Misr, parle de « Aymane Nour comme étant le grand choc pour le PND et le parti du néo-Wafd. Il est deuxième après 11 mois de vie politique. Que deviendra-t-il ce candidat après 11 ans ? ».

L’opposition, quant à elle, s’insurge contre la victoire du président Moubarak. Plusieurs ONG locales, qui ont déployé des centaines d’observateurs pour superviser la présidentielle, ont dénoncé des irrégularités massives dans son déroulement, en faveur de Hosni Moubarak. En effet, bien que certains affirment qu’il s’agit là d’une « expérience sans précédent dans l’histoire de la démocratie en Egypte », d’autres dénoncent « la fraude et la falsification » lors du processus électoral.

Alarmante et toute en rouge, la « Une » du néo-Wafd dénonce « les élections présidentielles et le référendum de la Constitution », qualifiés « d’invalides ». Défendant toutes les attaques contre le parti du néo-Wafd, Abbass Al-Tarabili explique que « le néo-Wafd a fait une bataille électorale honnête et propre. Nous avons dit la vérité et l’Histoire notera cela. C’est le néo-Wafd qui a dévoilé ceux qui ont volé les richesses du pays. L’intérêt du pays et son bien étaient notre plus grand souci ». « Le temps de la grande réconciliation nationale est venu », crie haut et fort Emadeddine Adib dans le quotidien Rose Al-Youssef.

La dimension arabe de ce processus électoral fait l’unanimité dans l’ensemble de la presse arabe. Cette presse se félicite de « l’avancée démocratique » enregistrée en Egypte, tout en relevant quelques « irrégularités » et « fraudes » qui ont terni l’élection. Une « élection frauduleuse vaut mieux que pas d’élection du tout », souligne la presse du Golfe, qui prévoit l’ouverture d’une ère de pluralisme en Egypte, dont les effets pourraient se manifester dans l’ensemble du monde arabe, selon elle. Le journal Al-Bayane, de Doubaï, souligne aussi que cette élection est survenue « au pays du Nil », qui, « par son poids et son histoire, a souvent donné le ton aux pays arabes », selon lui. « Truquée ou pas, l’élection est une expérience pionnière », ajoute Al-Bayane. Le journal koweïtien Al-Siyassa parle d’un « raz de marée en faveur de Moubarak dans une élection pluraliste et propre ». « Le sérieux commence en Egypte », commente Tareq Al-Hamid dans le quotidien londonien Al-Charq Al-Awssat. « Le grand défi aujourd’hui est l’établissement d’une société civile forte, pouvant mettre à l’écart tous les slogans imaginaires », ajoute Al-Hamid.

En attendant, nombreux sont ceux qui ont déjà les yeux rivés sur les législatives de novembre, cruciales, car leur résultat déterminera qui pourra être candidat en 2011.

Hoda Ghali
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La bataille de l’or noir

Sachant que l’argent est le nerf de la guerre, le gouvernement iraqien s’emploie à tout prix à assurer les exportations de pétrole pour gagner la bataille contre les insurgés.

Pour ce faire, il a mis sur pied une unité chargée de protéger les installations pétrolières contre les coups des insurgés, force qui a recruté 15 000 hommes depuis début 2005 et qui en comptera bientôt 70 000. L’enjeu est de taille car les exportations de brut assurent 97 % des rentrées budgétaires de l’Etat.

La force de protection des installations pétrolières a été mise en place après que le gouvernement eut renoncé l’an dernier à payer les chefs de tribus locaux pour protéger les oléoducs. « Cela coûtait plus de deux millions de dollars par mois », a noté le porte-parole du ministère du Pétrole, Assem Jihad. Selon des responsables du secteur pétrolier, certains cheikhs ont tenté de faire monter les enchères en attaquant eux-mêmes des installations qu’ils étaient censés garder pour obtenir plus d’argent de l’Etat.

En août dernier, les rebelles ont mené quelque 25 attaques contre les oléoducs, puits et autres installations pétrolières dans le pays, qui détient les deuxièmes réserves mondiales d’or noir. Le coût des dégâts et le manque à gagner depuis la chute du régime de Saddam Hussein se chiffraient récemment à environ 11,3 milliards de dollars, un chiffre qui doit être revu à la hausse du fait de la récente augmentation des attaques rebelles.

Outre la diminution des recettes de l’Etat et le conséquent affaiblissement du gouvernement, les insurgés cherchent à attiser la gronde sociale en provoquant des pénuries d’essence sur le marché intérieur. Etant donné la capacité limitée de raffinage du pays, l’Iraq doit importer de l’essence. Mais les camions-citernes amenant de l’essence de l’étranger sont pris pour cible et les chauffeurs étrangers tués.

Les pénuries sont parfois telles que de longues files de voitures se forment devant les stations-service alors même que les chauffeurs ne sont autorisés qu’à se ravitailler un jour sur deux, en fonction de leur plaque numérologique. Le problème est d’autant plus grave pour le gouvernement qu’il accorde d’énormes subventions pour faire en sorte que l’essence reste très bon marché. Le vice-premier ministre, Ahmed Chalabi, a récemment déclaré que son gouvernement subventionne le prix de l’essence importée à hauteur de 7 millions de dollars par jour. Près de la moitié du budget de l’Etat passe en subventions diverses, dont pour plus de moitié dans le secteur de l’énergie l

 

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