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Les leaders politiques et les partis ivoiriens n'ont pas coopéré
» et la tenue de l'élection présidentielle « ne va pas être
possible », a estimé samedi dernier le secrétaire général de
l'Onu, Kofi Annan. « Il y a certaines choses que l'on doit faire
avant des élections en octobre. On n'a même pas pu constituer
la Commission électorale. Pratiquement, sur le plan technique,
il n'est pas possible d'organiser un scrutin à la date prévue
», a-t-il ajouté. De sa part, le Haut Représentant de l'Onu
pour les élections en Côte-d'Ivoire, Antonio Monteiro, avait
déjà estimé jeudi qu'il serait très difficile de maintenir la
date du 30 octobre pour le prochain scrutin présidentiel. «
Je ne veux pas encore me prononcer parce que sinon, cela provoquera
tout de suite des spéculations, mais cela va être très difficile
le 30 octobre », avait-il déclaré.
Annan s'est de
plus livré à une sévère critique des dirigeants politiques ivoiriens,
qu'il a accusés d'être « en train de détruire » leur pays. Il
a aussi brandi la menace de sanctions pour les forcer à appliquer
un plan de paix. En effet, la communauté internationale craint
une reprise des violences dans ce pays. « Il y a un blocage.
Chaque partie attend l'autre. Ils (les leaders) ont signé plusieurs
accords. Ils signent facilement mais pour mettre en application,
c'est autre chose », a constaté Annan. « Je crois que tôt ou
tard, le Conseil de sécurité de l'Onu sera obligé d'agir dans
le sens de sanctions contre les parties ivoiriennes », a-t-il
ajouté. En juillet dernier, le Conseil de sécurité avait déjà
mis en demeure les acteurs politiques ivoiriens d'appliquer
les engagements pris grâce à la médiation de l'Union Africaine
(UA) relative au processus de paix et aux élections, sous peine
de sanctions. Les sanctions prévues par l'Onu prévoient l'imposition
d'un gel des avoirs financiers et une interdiction de voyager
aux personnes s'opposant à l'application du processus de paix.
Mais d'ores et
déjà, les délais légaux pour l'organisation de la présidentielle
ne sont pas respectés. La loi prévoit l'affichage public des
listes deux mois avant le scrutin, mais aucune n'a été publiée
et les délais d'élaboration risquent d'être longs. Le directeur
de l'Institut National de la Statistique (INS), l'organisme
en charge de leur confection, a indiqué récemment qu'il n'était
pas encore entré en possession du matériel (ordinateurs, logiciels,
appareils photos, etc.) encore sous douane.
Devant les difficultés
qui s'accumulent depuis des semaines, la coalition du G7, regroupant
l'opposition et la rébellion, a réclamé une transition politique
pour organiser cette présidentielle à une date ultérieure. Elle
souhaite aussi que le président Gbagbo soit écarté du pouvoir,
ne le considérant plus comme le « président légitime », à compter
du 30 octobre. Gbagbo a rejeté l'idée de cette transition, sans
exclure cependant un report du scrutin qui ne constituerait
pas un drame. Gbagbo et ses partisans ne refusent pas seulement
toute idée de transition. Ils soulignent aussi que la Constitution
prévoit que le chef de l'Etat reste à son poste jusqu'à ce que
le nouveau président entre en fonction.
La rébellion des
Forces Nouvelles (FN), qui contrôle le nord du pays depuis leur
coup d'Etat raté contre Gbagbo en septembre 2002, a réaffirmé
récemment qu'elle ne désarmerait pas tant que les lois sur la
nationalité ivoirienne et de l'attribution de celle-ci ne sont
pas modifiées. Ces lois, déjà promulguées en juillet dernier
par Gbagbo, avaient alors été l'objet d'une contestation par
l'opposition qui les jugeait « non conformes » à l'accord de
Pretoria II, signé fin juin par tous les protagonistes de la
crise.
Le médiateur dans
la crise ivoirienne, le président sud-africain Thabo Mbeki,
avait donné raison à Gbagbo tout en lui demandant de clarifier
ces lois. Selon le porte-parole de la présidence ivoirienne
Désiré Tagro, c'est ce qu'a fait Gbagbo avec des modifications
apportées fin août, portant notamment sur l'acquisition de la
nationalité ivoirienne par mariage ou pour ceux nés en Côte-d'Ivoire,
de parents étrangers, entre l'indépendance en 1960 et 1972.
Ces modifications n'ont pas suscité de réactions, tant parmi
les rebelles que parmi les partis de l'opposition classique
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